Splasher, le test sur Switch

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Premier bébé de la Splashteam incluant notamment l’ancien concepteur de Rayman Origins, Splasher y puise indubitablement son inspiration, tout en allant également flirter du côté du légendaire Super Meat Boy. Est-il à la hauteur de ses mentors ? On vous dit ça tout de suite.

 

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Entre labyrinthes métalliques et pièges en tous
genres, il va falloir être habile pour survivre.

Splasher s’ouvre sur une pseudo-cinématique, et en contient régulièrement tout au long du jeu, histoire de nous mettre dans l’ambiance. Dans les grandes lignes, le héros du jeu découvre qu’une espèce de savant fou réalise des expériences génétiques au beau milieu de l’usine INKORP.
Bien que tout soit subjectif, très franchement, ces petites scénettes sont d’un goût plutôt douteux. Citons par exemple la strangulation d’un collègue, une pseudo-dissection ou encore des doigts d’honneur à toutes les sauces.Ça plaira sûrement aux adolescents en mal de violence gratuite, mais laissera tout adulte de marbre (voire dans l’incompréhension) et surtout écartera tout joueur un peu plus jeune de l’expérience potentielle. Rien de grave, mais il nous semble tout de même dommage de se priver d’une partie d’un public potentiel pour des raisons aussi idiotes.

Mais l’essentiel n’est pas là, passons au moteur de jeu. Splasher commence donc par des séances de plateforme plutôt classiques, bien qu’efficaces. Le héros peut sauter et se voit rapidement doté d’un pistolet à eau, permettant de déclencher des mécanismes (ouverture de porte, apparition ou mouvement d’une plateforme…) à distance, de tuer certains ennemis ou de nettoyer la peinture sur certains murs. Car à peu près au premier quart du jeu, survient alors un second pistolet de peinture rouge, permettant d’asperger les murs de peinture adhésive ou même de s’y accrocher en plein mouvement par ce biais.

 

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Certains zooms arrières, en mode portable, vous feront peut-être plisser les yeux.

Dans les faits, il vous est donc possible de vous tenir à chacune des plateformes, et ce sur chaque façade, vous permettant par exemple de courir au plafond. Comme vous pourrez l’imaginer, le nombre de situations possibles et la complexité des puzzles augmentent de manière exponentielle. Mais Splasher ne s’arrête pas là. Ainsi, à peu près au milieu du jeu, c’est un troisième pistolet qui vous est confié. Il diffuse une peinture de couleur jaune, permettant le rebondissement de votre héros… Voire de tout autre objet ou ennemi.

Car la peinture n’interagit pas qu’avec vous, et celle de couleur rouge vous permettra d’immobiliser la plupart de vos adversaires. Ajoutez à cela la possibilité de libérer vos coéquipiers à libérer lors de puzzles additionnels, au milieu des niveaux. Et l’aspect plutôt original de certains mécanismes, tels que les lasers qui se déclenchent après quelques secondes de détection si vous restez immobile, ou les plateformes qui bougent tant que vous les aspergez. Et certains niveaux un peu spéciaux via des séquences un peu longues, s’apparentant à des boss. Et l’existence de plusieurs modes time-attack, modifiant également la manière d’abordée les niveaux. Vous l’aurez compris, Splasher repousse les limites du concept dont il s’inspire, pour les complexifier mais aussi les sublimer.

 

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Malgré les apparences, avec un peu d’obstination, toutes les
situations de Splasher sont surmontables.

Du côté de la réalisation, l’ensemble est simple mais efficace. La direction artistique tendance cartoon et couleurs vives flatte la rétine. L’animation est fluide et réactive. L’action est toujours lisible, même en mode portable, malgré certains écrans bien chargés ou des zooms arrières réguliers. La bande-son, sorte de techno-indus édulcorée, sert également parfaitement l’environnement de Splasher. Les commandes répondent au poil, malgré un stick de Joy Con parfois un peu mou (mais le jeu n’y peut évidemment rien).

Que dire d’autre ? Comme tout représentant du die and retry qui se respecte, Splasher contient certains passages franchement tirés par les cheveux. Néanmoins, rien de trop frustrant sur la durée, notamment grâce à la présence de nombreux checkpoints. Les 22 niveaux que contient le jeu se parcourent en 4 à 6 heures, selon votre skill et votre souhait de réussir ou non tous les challenges proposés. Cela peut sembler court, mais reconnaissons que l’expérience est intense et que l’on ne s’ennuie jamais. Dernier petit détail qui ne gâche rien : les noms des niveaux font régulièrement référence à d’autres grands noms du jeu vidéo, le tout de manière parodique.

 

Note {snippet 9-10}
Splasher réussit un double pari. Tout d’abord, celui de combiner plateforme et die and retry. Ensuite, en combinant innovations régulières et réalisation aboutie, celui de carrément donner un coup de vieux à ses prédécesseurs. Au rayon des reproches, on citera essentiellement une esthétique parfois discutable, ainsi qu’un nombre de niveaux peut-être un peu court. Mais quand c’est bon, il est normal d’en vouloir toujours plus. Ainsi, ne vous laissez pas freiner par ces quelques bémols : Splasher constitue à coup sûr l’une des premières pépites de la Switch, et nous vous conseillons vivement de ne pas passer à côté.

 

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Kuk

Kuk s'est lié d'amitié avec le monde du jeu vidéo très jeune. En 1988, il possède son premier ordinateur, un Atari 1040 STF flambant neuf. Et Atari ne le quittera plus jamais… Durant les années suivantes, il s'intéresse tour à tour à la Nec GT, à la NeoGeo Pocket et à sa petite soeur, la déclinaison Color, qui le font rentrer dans le jeu vidéo portable. Passionné d’histoire et de littérature, il apprécie tout particulièrement les jeux de rôle et les jeux d’aventure. Il montre aussi beaucoup d'intérêt pour le travail fourni par les développeurs indépendants dont il se fait une spécialité. Dans tous les cas, il privilégie le fond à la forme.