Guacamelee 2

Y’A DU CHILI A SE FAIRE!

Depuis l’arrivée de la PS Vita sur le marché français, on ne peut que constater la relative pauvreté de sa ludothèque. Cependant, elle a su nous surprendre avec des titres comme Tales from Space: Mutant Blobs Attack du studio DrinkBox (lire notre test), fondé par des anciens de Pseudo Interactive (qui a produit notamment Cel Damage). Le jeu, qui ne coutait pas très cher, était plein de bonne humeur et d’amusement. Non content d’avoir réussi leur entrée dans le monde du jeu vidéo, les développeurs de DrinkBox remettent le couvert cette année en nous sortant un titre au nom évocateur de tortillas et de « baston » : Guacamelee, un beat’em all.

 

Un jeu d’action donc, mais particulier. En effet, Guacamelee suit les codes de jeux comme Metroid. Comprenez par là qu’il vous faudra vous balader dans un monde pseudo-ouvert (on se rend très vite compte qu’il ne l’est pas) afin de trouver les éléments nécessaires à l’ouverture de nouveaux passages, et ceci jusqu’au boss final. Ce système confère au titre un feeling plutôt « rétro » vraiment pas désagréable.

Durant votre périple, Juan, petit agriculteur, deviendra un catcheur mexicain hors pair et affrontera Calacas, nouveau gouverneur auto-proclamé du monde des morts. Il sera aidé par un personnage énigmatique féminin ressemblant à Spider-Man (il sert de personnage pour le deuxième joueur sur PS3), un homme préférant fumer la pipe transformée en cabri ou encore un poulet. Autant dire que le jeu est loufoque. On s’amuse à découvrir tous les clins d’œil à d’autres titres qui ont marqué visiblement les développeurs tels que Castle Crushers, Zelda, Street Fighter, etc. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on ne vous parlera pas plus de l’histoire et de ces personnages.

Dans Guacamelee, vous devez affronter les sbires de Calacas. Cette mission vous donnera pas mal de fil à retordre, puisqu’en plus d’avoir une armée à sa disposition – squelettes, dragons, tatous géants, guerriers aztecs, etc. -, ses créatures ont la capacité d’apparaitre sur le plan « des morts » ou « des vivants ». Ainsi, un guerrier sur un plan différent du vôtre pourra vous frapper, tandis que vous ne pourrez pas. On se rend très vite compte du casse-tête imaginé par les développeurs. Ils ajoutent des boucliers aux ennemis, que l’on ne pourra casser qu’avec certains coups spéciaux. C’est à ce moment-là que vous vous surprendrez à jongler entre les différents boutons de la PS Vita.

Du point de vue de la maniabilité, c’est quasi parfait. Cependant, il arrive parfois que pour plus de précision, vous êtes obligé non pas de jouer avec le stick mais avec la croix directionnelle. Heureusement que la maniabilité est correcte, car le jeu recèle pas mal de salles secrètes qui vous demanderont de la dextérité et de l’ingéniosité. Apès avoir appris différents coups spéciaux – coup de boule, german supplex, etc. – durant l’aventure pour molester ses ennemis, Juan devra aussi les utiliser pour se déplacer dans l’espace. Marcher sur les murs, voler et autres dragon punchs seront vos lots quotidiens afin d’atteindre une plate-forme éloignée. Le jeu offre bon lot de défis cachés et, croyez-nous, certains vous feront enrager de par leur difficulté. Mais quel plaisir une fois ces défis réussis ! Surtout que, globalement, le jeu vous incite à le faire, d’une part pour obtenir une récompense, d’autre part pour apprendre à bien utiliser les techniques.

Graphiquement, Guacamelee dispose d’un très bel aspect 2D avec des effets de particules et de transparences. Les développeurs se sont amusés à ne pas rendre le jeu linéaire en effectuant des plans larges, d’autres très serrés, au point de ne plus voir que le torse du personnage pour mieux vous surprendre avec la tripoté d’ennemis qui vous attend au prochain écran. Vous découvrirez les couleurs chaudes de Pueblocho et les couleurs froides du monde des morts. En plus, toujours dans leur délire loufoque, les développeurs ont ajouté des « présentations » avant les combats contre les boss ou lors de l’obtention d’un coup spécial. Et, bien entendu, la musique qui va avec. D’ailleurs, d’un point de vue sonore, c’est aussi un sans-faute avec une musique rapide lors des combats, une plus tranquille dans les villes avec une réorchestration en fonction du monde dans lequel vous évoluez (des morts ou des vivants, vous vous souvenez ?). Le tout, bien entendu, à la sauce mexicaine.

 

Note {snippet 9-10}
Outre un aspect loufoque complétement assumé par les développeurs, Guacamelee est un vrai bon titre. Un jeu difficile mais pas insurmontable, un jeu simple par son principe tout en étant saupoudré d’une pincée de finesse avec des combats véritablement épiques et des salles secrètes vous forçant à vous transformer en « pro-gamer ». Un achat en cross-buy qui vous permettra de jouir de la version deux joueurs du titre sur PS3. Le cross-save est aussi supporté. Mais que voulez-vous de plus ? Guacamelee est une petite merveille et pour que DrinkBox continue de produire un très bon jeu par an, il faut l’acheter, c’est un ordre. Et si c’est déjà fait, il faut le faire acheter à un ami. Exécution !

 

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