"Un air ludique, un souffle épique, un vent geek"

L’Art de la Politique et de l’Amitié en Commander Multi

Chapitre I : La Découverte du Commander Multi

Il était une fois, un soir où les étoiles s’alignèrent pour m’offrir ma première aventure en Commander Multi. Ce 1er novembre, l’air était chargé de promesses – celles de batailles épiques, de surprises et de camaraderie. Mon cœur battait d’excitation et, avouons-le, d’une légère appréhension. Je n’avais encore jamais plongé dans ce mode de Magic: The Gathering, où la stratégie et la politique s’entremêlent dans un chaos organisé.

Pour cet événement, j’avais entre les mains un deck préconstruit, choisi avec soin : Madame Boutefleur de Bloomborrow. Ce deck, loin d’être le plus redoutable, était tout de même respectable. Un jeu mignon en apparence, mais doté d’un potentiel inattendu. Tandis que je le posais sur la table, quelques joueurs vétérans m’assurèrent qu’il ne serait pas sans charme. J’étais rassuré.

Nous étions 14 ce soir-là, réunis dans une petite boutique de jeux de société d’à peine 30m², une fourmilière de passionnés prêts à en découdre dans ce mode multi. Les tables furent disposées, les chaises resserrées, et en un rien de temps, le champ de bataille était dressé. Deux tables de trois, deux tables de quatre ; j’étais dans une de ces dernières. Nous étions serrés, certes, mais l’atmosphère chaleureuse transformait cet espace exigu en un véritable sanctuaire de jeu.

À ma table, il y avait Christophe, un jeune joueur amical, aux côtés de Nat – un joueur expérimenté avec un deck aux intentions mystérieuses – et d’un inconnu tout aussi accueillant mais aux stratégies inquiétantes. Non loin, Christophe, le maître des lieux, veillait sur la soirée. Nous nous préparions, chacun avec son deck, moi avec mes lapins et mes écureuils de Bloomborrow, eux avec des stratégies bien rodées. Pourtant, malgré mon statut de « petit nouveau », je sentais une bienveillance sincère. Les regards complices, les sourires échangés : j’étais parmi des passionnés qui savaient apprécier chaque instant de jeu, sans pression ni prétention.

Chapitre II : L’Amitié dans la Bataille

Le premier coup fut donné. Une araignée apparut sur le terrain, semant une première vague de tension autour de la table. Son propriétaire, déterminé à se faire une place dans cette partie, posait une créature imposante derrière laquelle se dissimulaient des légions prêtes à surgir. À chaque carte qu’il dévoilait, c’était une menace de plus qui pesait sur nous, une toile de plus tissée dans l’ombre.

Nat, avec son premier deck du commerce dont je ne comprenais pas bien la nature, s’installait également, observant les mouvements de chacun. Puis vint le tour de l’inconnu, armé de son deck effroi. Ces créatures énigmatiques, prêtes à frapper à tout moment, se multipliaient sur le terrain, cachées dans l’attente d’un coup fatal. La mécanique de son deck faisait frémir : des 2/2 en apparence inoffensifs, capables de se révéler bien plus puissants au moindre claquement de doigts.

Enfin, je pris mon tour. Avec une main hésitante mais résolue, je dévoilai Madame Boutefleur et commençai doucement à poser mes cartes, m’inscrivant dans le rôle que ce deck m’avait donné : celui d’un allié généreux. Madame Boutefleur, aussi charmante que rusée, était un commandeur qui prônait l’échange. Chaque créature posée, chaque action effectuée allait nourrir mes adversaires de jetons et de cadeaux, tout en préparant sournoisement le terrain pour un retournement de situation.

La politique du Commander Multi se révéla vite : le premier à se montrer trop ambitieux devenait la cible de tous. Le joueur aux araignées, bien qu’intimidant, n’était pas encore le plus inquiétant. Celui qui faisait réellement trembler, c’était l’inconnu et ses effrois, un adversaire silencieux et redoutable, toujours prêt à renverser la partie d’un instant à l’autre.

Chapitre III : L’Alliance et la Trahison

Rapidement, des alliances de fortune se formèrent. Des regards entendus, des gestes discrets : chaque joueur cherchait à préserver sa place tout en affaiblissant les autres. Un murmure émanait autour de la table, chacun essayant de persuader son voisin d’attaquer celui qui se croyait intouchable. Les sourires devinrent stratégiques, les gestes calculés.

Mais tout bascula quand l’un de mes alliés de circonstance, avec qui j’avais scellé une trêve quelques tours auparavant, décida de sacrifier ma créature calamar, mon précieux 6/6. Ce calamar, humble mais costaud, avait accumulé cinq marqueurs de puissance, et en le détruisant, il déclencha un effet inattendu : il laissa place à cinq calamars 1/1, chacun doté de la capacité de traverser les îles.

Une chance pour moi, car seul l’inconnu, avec son deck effroi, possédait des îles. Un sourire en coin se dessina sur mes lèvres : mes calamars étaient désormais des assaillants implacables, inarrêtables. Ce retournement de situation plongea l’inconnu dans un dilemme. Il ne pouvait plus ignorer la menace que représentaient mes calamars, mais toute tentative de les éliminer signifiait affaiblir ses propres créatures. Le moment était venu pour moi de frapper.

Chapitre IV : Le Baroud d’Honneur

Les tours s’enchaînèrent, chacun peaufinant sa stratégie. L’ambiance était électrique ; les trahisons et les revirements se succédaient. L’inconnu, sentant que l’étau se resserrait, tenta de m’éliminer, mais son attaque échoua de peu. Il ne me restait que cinq points de vie, et lui, un maigre 18. Pourtant, le sort lui réservait une dernière surprise.

Un joueur à ma gauche, témoin de ce combat acharné, joua une carte décisive : chaque fois qu’une créature attaquait un adversaire, ce dernier perdait un point de vie. J’avais dix calamars, et l’inconnu, seulement 18 points de vie. Un sourire complice passa entre nous : il savait ce qui l’attendait. D’un seul geste, mes calamars fondirent sur lui, réduisant son compteur à zéro en une pluie d’attaques invisibles et implacables. L’inconnu, que tout le monde craignait, était tombé, vaincu par une armée aquatique aussi inoffensive qu’efficace.

Chapitre V : La Seconde Bataille

La première partie achevée dans un éclat de rires, nous étions prêts pour une seconde manche. Chacun ajusta son deck, déterminé à explorer de nouvelles stratégies. L’inconnu, revanchard, opta cette fois pour un deck de tokens esprits. Nat, quant à lui, s’arma d’un deck démon, un choix aussi malicieux qu’effrayant : ce deck offrait aux autres des démons capricieux, dont certains qui condamnaient leur porteur à mourir au bout de quatre tours s’ils n’étaient pas apaisés. Et moi, armé de ma détermination, je replongeai dans la mêlée.

Cette seconde partie se révéla tout aussi intense, bien que bien plus rapide. L’inconnu, avec ses esprits, nous submergea d’unités, pendant que Nat, avec ses créatures démoniaques, nous offrit des horreurs aux effets dévastateurs. L’une d’entre elles, un démon vorace, me condamna : à chaque tour, il devait être nourri sous peine d’infliger neuf points de dégâts. Une autre créature menaçait de me faire perdre la partie au bout de quatre tours si je ne trouvais pas de quoi l’apaiser.

Dans cet océan de monstres et de stratégies redoutables, je jouai une carte inespérée : un sort d’anéantissement qui éradiqua toutes les créatures du plateau, à une exception près. La table se figea, stupéfaite, alors que les armées de l’inconnu et des autres s’évanouissaient, réduites en poussière. Mais mon répit fut bref, car un autre joueur mit fin à cette trêve fragile en sacrifiant ma dernière créature, me condamnant à ma propre stratégie.

Chapitre VI : La Fin du Conflit et l’Amitié dans la Victoire (suite)

Les créatures, désormais irrésistibles, fondirent sur les derniers survivants, et en quelques attaques dévastatrices, la partie s’acheva dans un éclat de puissance. Mon dernier allié tomba sous le flot des esprits de l’inconnu, et moi, sachant que ma fin était proche, observai avec un sourire. La défaite, au fond, n’était qu’un détail.

Alors que le calme retombait, nous échangeâmes des regards satisfaits. La victoire ne comptait pas vraiment. Ce qui importait, c’était cette camaraderie inattendue, cette bienveillance partagée autour de chaque coup bas et de chaque rire. Loin des règles strictes, de la recherche de l’optimisation, nous avions redécouvert l’essence du jeu : s’amuser, surprendre, et parfois, renverser la partie au dernier moment.

Le maître des lieux, Christophe, nous rejoignit, nous remerciant pour cette soirée mémorable. Nous éclatâmes de rire en repensant aux moments épiques, aux alliances éphémères et aux trahisons spectaculaires.

Pour moi, cette première expérience en Commander Multi restera gravée comme une aventure inoubliable, marquée par des alliances improbables, des retournements de situation, et cette bienveillance qui fait la magie de ce jeu. Car au-delà des cartes, des stratégies et des créatures fantastiques, ce sont ces moments de partage qui nous rappellent pourquoi on joue, pourquoi on se retrouve, et pourquoi on garde ces souvenirs précieusement.

Et la prochaine fois, promis, je n’oublierai pas de prendre quelques photos pour immortaliser ces instants.


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