Road 96, le test sur Switch

Road 96, le test sur Switch
Par VTG
🖶 Temps de lecture estimée : 3 minute(s)

Road 96 est la nouvelle oeuvre de Digixart, studio fondé par Yoan Fanise, un ancien d’Ubisoft. Ce dernier est notamment reconnu pour son travail sur Soldats inconnus : Mémoires de la Grande Guerre. Cette fois, c’est au travers d’un roadtrip que ce studio développe un ensemble narratif, traitant de la vie sous un régime dictatorial.

Welcome to the jungle

Prise de risque totale pour nos petits Français qui se lancent dans un soft procédural, l’idée originelle étant d’avoir un jeu totalement différent dès qu’un choix vient à l’impacter. Seul point commun dans l’ensemble de l’histoire, vous interpréterez un jeune adolescent de Petria, pays fictif, cherchant à tout prix à fuir le régime tyrannique du dirigeant Tyrak.

Le point de départ de cette dictature a démarré il y a dix ans. En date du 9 septembre 1986, un terrible attentat a causé le décès de nombreuses personnes. Depuis, les différents bords politiques ne cessent de se rejeter la responsabilité de ce désastre.

Winds of change

C’est dans ce climat tendu que nous découvrirons sept personnages principaux, unis par des histoires et secrets communs : Zoé, John, Fanny, Alex, Stan & Mitch, Sonya et Jarod.

De par son vécu, chaque personnage aura un lien avec la tragédie ou la situation politique du pays. Par exemple, John est un chauffeur routier travaillant de manière clandestine pour l’opposition. Sonya est une présentatrice TV de la chaine GNN Live inféodée au pouvoir en place, etc.

L’élection pour le prochain scrutin doit survenir d’ici plusieurs semaines. Chacune de vos actions, inclus vos réponses, peut avoir un impact sur l’issue finale des votes. Ainsi, vous pourrez taguer les affiches représentant le vil dictateur, inciter au vote ou aux émeutes, etc. Selon les situations, il conviendra d’adapter votre réponse, selon que vous souhaitiez la révolution par les armes ou le changement pacifique par les urnes, en élisant le parti d’opposition dirigé par Florres.

Votre aventure va donc varier selon vos choix, comme si vous étiez un de ces adolescents en quête de liberté.

Clandestino

Des milliers de routes traversent la nation autoritaire de Petria. Votre voyage sera long pour rejoindre la route 96, route proche de la frontière qui sera synonyme de liberté retrouvée.

Pour cela, au gré de vos pérégrinations, il vous faudra « crafter » à savoir trouver de l’argent mais également des vivres pour accumuler de l’énergie. En effet, chaque kilomètre parcouru correspond à un nouveau choix de déplacement. Autostop, taxi, bus, voiture, chaque moyen de déplacement viendra puiser dans votre énergie. Si cette dernière arrive à son terme, vous mourrez ou vous serez arrêté par la police.

Pour faciliter votre épopée, plusieurs capacités peuvent être apprises durant le jeu. Ainsi, il sera plus facile de récupérer de l’argent, de crocheter des serrures pour voler des clefs, pirater des coffres pour en récupérer du contenu, rendant ainsi votre trajet bien plus rapide et agréable.

Vous l’aurez compris: manger, boire ou dormir vous redonnera de l’énergie, permettant ainsi de griller les étapes difficiles.

My way

Ce flux migratoire pourrait vous amener à penser que vous allez errer seul jusqu’à la frontière, mais il n’en sera rien. En vue FPS (à la première personne), vous devrez fouiller et arpenter différentes zones, où vous serez amené à discuter avec différents personnages ou à réaliser des actions définies. Malheureusement, cette « liberté » se retrouve très vite limitée à une zone définie, ce qui fait que nous avons rapidement la sensation d’être dans un jeu « à couloir ».

On ressent d’autant plus cette limitation de mouvement que celle ci repose sur un moteur de jeu daté. Les limitations techniques se caractérise notamment par une baisse notable de la framerate et par des graphismes dignes de l’ère de la Playstation 2. Passé le style graphique des personnages, l’aliasing est très prononcé, surtout en mode portable. De plus, les paysages sont souvent vides et désolés, les développeurs n’ont donc aucune excuse. Nous avons connu beaucoup mieux sur Nintendo Switch. Très clairement, cela ne facilite pas l’immersion dans le soft. A noter qu’un patch est attendu prochainement, et qu’il devrait améliorer quelques points évoqués ci-dessus.

Comme évoqué précédemment, le jeu se passe dans les années 90. La bande son est également marquée par cette décennie, mais se révèlera de qualité pour quelques titres. La musique est le point central du soft, notamment par les titres donnés aux chapitres, représentatifs de titres de chansons ou groupes des années 90. Les doublages sont quant à eux assez réussis, quoi qu’un peu caricaturaux par moment.

Ça va pas changer le monde

Le parcours sera très souvent linéaire, avec des choix identiques pour aller plus vite. Certes, l’aventure de Road 96 est entrecoupée de quelques mini-jeux, d’une quête annexe pour récupérer des cassettes audio. Mais dans l’ensemble, les sentiments d’ennui et de lourdeur seront vite présents.

Nouvelle licence avec une thématique osée, nous étions en droit de nous attendre à des moments forts, marqueurs de l’exil au regard de l’expérience passée de son développeur phare. Il n’en sera rien. Sous un aspect autoritaire et oppressif, jamais les conditions de vie de nos personnages sous cette dictature ne sont réellement développées… Nos principaux protagonistes ne font jamais état d’une situation dramatique. La dictature de Tyrak en est presque aseptisée: pas de viol, de meurtre, de camps, de censure… Alors certes, on évoque bien l’impact des médias pour contrôler la population, mais c’est a peu prés le seul point étant réellement développé. Tout ceci est balayé dans une vision trop légère, loin d’une vérité plus crue d’un The Walking dead de Telltale games par exemple.

Malgré un twist scénaristique sur la fin, nous avons clairement la sensation que notre consentement est dirigé via des questions facilement orientées, ce qui donne au final un aspect assez « fleur bleue » loin de la promesse initiale.

Road 96 est une expérience innovante. Les fans de jeux narratifs en auront pour leur argent. Les autres pesteront face à des graphismes dignes d'une autre époque et une histoire qui traine en longueur. Son absence de rejouabilité ne plaide également pas en sa faveur..

Plaisant !

Version testée : 1.0.2
Mis à disposition par l’éditeur : Oui

DigixArt est un studio indépendant français fondé en 2015 à Montpellier. Cocorico !

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