Le livre « The Art of Assassin’s Creed Shadows » Ă©ditĂ© par Mana Books est un artbook qui cĂ©lèbre la première incursion de la sĂ©rie dans l’ère du Japon fĂ©odal. Ce volume de 256 pages au format reliĂ© (23,5 x 31,3 cm) plonge les lecteurs dans les visuels et l’Ă©laboration du jeu vidĂ©o Assassin’s Creed Shadows. Le livre est structurĂ© en (officiellement) cinq chapitres, chacun organisĂ© autour des diffĂ©rents travaux rĂ©alisĂ©s par l’Ă©quipe d’Ubisoft QuĂ©bec. Il s’ouvre sur un très (trop) court avant-propos Ă©crit par Thierry Dansereau, le directeur artistique du studio.
La déclinaison des personnages
- Chapitre 1 : Les deux personnages principaux sont ici longuement traitĂ©s : Naoe, une habile assassin shinobi, et Yasuke, le lĂ©gendaire samouraĂŻ africain. De belles illustrations les prĂ©sentent. Plusieurs dessins montrent des recherches et les choix concernant les costumes ainsi que leurs diffĂ©rentes armes et armures qu’ils maĂ®trisent respectivement (avec quelques renseignements sur les habiletĂ©s qu’elles apportent).
- Chapitre 3 : L’histoire prĂ©sente surtout les diffĂ©rents personnages que l’on a l’occasion de croiser dans le jeu. Quelques storyboard de scène ou de dessin d’ambiance complète l’ensemble. C’est un peu court mais on se dit que ça permet de ne rien dĂ©voilĂ© du scĂ©nario.
- Chapitre 4 : Archétypes et personnages, il présente les différents personnages que vous pourrez combattre ou avec qui discuter : rônin, paysans, moines guerriers, portugais, etc.
Un monde « vivant »
Chapitre 2 : Le monde est le chapitre le plus important de l’ouvrage. Il propose la prĂ©sentation des diffĂ©rentes rĂ©gions et leurs particularitĂ©s architecturales et gĂ©ographiques. Y sont Ă©galement Ă©voquĂ© la faune et la flore, avec la bonne idĂ©e de dĂ©tailler un petit peu les diffĂ©rentes espèces emblĂ©matiques du Japon. La partie de « The Art of Assassin’s Creed Shadows » sur l’architecture et les matĂ©riaux est presque la plus pertinente. Elle nous fait entrer dans la logique de conception du jeu avec des structures architecturales standardisĂ©es et modĂ©lisĂ©es, pouvant ĂŞtre modifiĂ©es Ă l’envi selon le type de bâtiment souhaitĂ© : Ă©tat, richesse, rĂ©gion, fonction, etc.
Une impression de qualité
Le prix de « The Art of Assassin’s Creed Shadows » se situe dans la fourchette standard des beaux livres d’art du jeu vidĂ©o, affichĂ© Ă 30€ chez l’Ă©diteur. L’impression est de qualitĂ©, avec une reliure rigide bien solide. Le papier est lui aussi de qualitĂ©, glacĂ© et assez Ă©pais. La mise en page fait bien Ă©videmment la part belle aux illustrations, souvent pleines pages. Les lĂ©gendes sont courtes et essaye de dĂ©livre des informations de manières concises.
Un manque d’accompagnement critique
Le manque d’explication et d’accompagne critique est ce qui manque le plus a cet ouvrage. Loin des connaissances historiques pourtant apportĂ©es par les conseillĂ©s historiques du jeu et qu’on retrouvera dans un autre ouvrage plus historique, le livre au contraire reste dans les idĂ©es reçues. C’Ă©tait pour le coup, l’occasion idĂ©ale d’Ă©voquer les choix artistiques, les nĂ©cessitĂ©s narratives ou les contraintes techniques, etc. Les mentions pertinentes sur la conception du jeu sont souvent bien minces (mais heureusement on en trouve). Idem, on aurait aimĂ© que le rapport histoire-fictions soit plus dĂ©taillĂ©. On parle ainsi de voyage d’Ă©tudes au japon pour conceptualiser les sites historiques, sans qu’on puisse apprĂ©hender ce travail. MĂŞme situation quand un objet trouve sa source d’inspiration dans le rĂ©el on ne prĂ©cisĂ© mĂŞme son origine avec une vague mention d’un « musĂ©e ». Enfin le 5e chapitre, intitulĂ© identitĂ© visuelle et interface, sujet pourtant intĂ©ressant, est liquidĂ© en Ă peine trois pages…