Project Winter, le test sur Switch

Project Winter, le test sur Switch
Par Angi
🖶 Temps de lecture estimée : 5 minute(s)

Initialement sorti sur Steam en 2019 et réalisé par le studio indépendant Other Ocean Interactive, Project Winter sort un peu de nulle part sur Switch avec un trailer très alléchant. Son pitch ? Combiner à la fois jeu de survie coopératif, et de trahison façon Among Us, le tout dans la toundra. Tempête de neige ou petit flocon ? On vous répond.

Entraide et traque au sommet

Project Winter met immédiatement dans l’ambiance. L’esthétique du jeu est plutôt agréable, aidée par l’atmosphère hivernale à la fois belle et oppressante. Côté musique et effets sonores, on est plutôt dans le sobre mais efficace. Une fois ces considérations artistiques passées, il est temps de lancer une partie. Project Winter vous propose de prendre part à un groupe de survivants, perdu dans un désert hivernal et ayant trouvé refuge dans une cabane commune. Les membres du groupe doivent coopérer et réaliser différents objectifs (seul(s) ou ensemble, de manière synchronisée), pour à la fois rester en vie et pouvoir au final s’échapper.

Sauf que dans cette équipe de 5 à 8 personnes, des traitres se cachent et auront également comme objectif de tuer un maximum de congénères avant de s’échapper. Le principe est simple mais l’ensemble promet une combinaison intéressante : à la fois crafter à tout va pour rester en vie, et débusquer les traitres ou saboter un maximum d’initiatives, selon votre camp. Les paramètres à prendre en compte sont multiples, tels que la faim, la chaleur, la santé mentale des joueurs, les attaques d’animaux sauvages, la fabrication de radios pour communiquer à distance… Les traitres ont également accès des caisses de loot et des tunnels dédiés, pour se déplacer plus rapidement.

Chaque partie dure un maximum de 30 minutes, après quoi un blizzard vient balayer la carte, elle-même générée de manière procédurale. Et croyez-moi, au regard des objectifs à réaliser et de la complexité de l’ensemble, les 30 minutes passent très rapidement. A noter également, la customisation des personnages est possible et assez variée, encore plus à l’aide de nombreux items déblocables par la monnaie virtuelle du titre. Un DLC du doux nom de Blackout est également disponible, permettant d’étendre l’expérience au doux prix de 7 euros. Il permet apparemment de jouer la nuit, avec de nouvelles classes et de nouveaux événements, mais n’a pas été prise en compte pour ce test.

Trop de neige tue… La toundra.

En théorie, donc, tout semble bien parti pour passer un bon moment. Sauf que les choses se gâtent assez rapidement. Tout d’abord, l’ergonomie entière du titre n’est pas très claire. Il y en a littéralement partout. Des classes (médecin, scientifique, soldat, pirate informatique…) dont la différence n’est pas toujours équivoque, du texte à la pelle, un mode apprentissage solo sur plusieurs heures, et j’en passe. On pourrait se dire que tout ceci supporte la profondeur du jeu et la réserve à une certaine élite, qui saura s’investir.

Mais vient alors le second problème. Les serveurs Français sont littéralement désertiques au sens premier du terme. Même en s’ouvrant à l’international et bien que le jeu soit multiplateformes, c’est pas folichon. La liste des parties sympas se réduit encore en ce sens qu’elle dépend entièrement des autres joueurs. S’ils sont fair-play et plutôt matures, il y a moyen de passer un bon moment. Mais les chances de tomber sur l’excité du coin qui va se mettre à pourrir le jeu en attaquant tout le monde d’emblée ou d’un enfant de 12 ans qui passe les 30 minutes de la partie à hurler dans le micro sont bien plus grandes. Et on ne vous parle même pas des joueurs PC qui se retrouvent sur Discord, vous évinçant d’emblée de toute communication possible si vous avez un casque-micro sur console. La courbe d’apprentissage se retrouve donc longue et (très) pénible, quels que soient votre investissement et votre motivation.

Enfin vient le coup de grâce. Passées les quelques heures de découverte, disons-le franchement, on s’ennuie ferme. Soit on fait partie des alliés, et on s’ennuie à couper du bois, faire la cuisine, ouvrir des bunkers ou encore enchaîner les quêtes Fedex. Soit on fait partie des traitres, et on s’ennuie à attendre au moins la seconde moitié de chaque partie pour commencer à agir, en espérant ne pas se faire repérer au bout de 5 minutes. Nous pourrions aussi vous évoquer la traduction Française clairement arrêtée à la case Google Translate, mais s’il n’y avait que ça…

Enterré vivant, sous la neige

Au final et c’est malheureux pour lui, Project Winter permet de réaliser à quel point le tour de force d’Among Us est génial. A savoir permettre du multiplay à la fois tactique et accessible, qui fonctionne donc efficacement avec le plus grand nombre. Cette capacité à pouvoir être jouable avec des inconnus sans pour autant laisser le pouvoir à une mauvaise âme chaque partie est sans doute ce qui manque le plus à Project Winter, qui ne vous propose au final que deux options. La première, vous avez un cercle d’amis ou de joueurs réguliers motivés pour tous s’investir dans l’expérience (à 20 euros tout de même), auquel cas elle peut être sympa. Dans le cas contraire, le jeu vous condamne probablement soit à quelques parties en ligne sympas au milieu d’un océan de galères, soit à une lassitude très rapide. A trop vouloir en faire, Project Winter s’est auto-sacrifié. Dommage, encore une fois, la photo et la promesse étaient belles.

Sur le papier et esthétiquement, Project Winter avait tout d’un excellent titre. Malheureusement, un bon pitch et une belle allure ne font pas tout. Le titre commet des erreurs élémentaires d’ergonomie et de game-system, gâchant les bonnes idées et rendant le plaisir de jeu trop aléatoire.

Moyen !

Mis à disposition par l’éditeur : Oui

Pas d'anecdote

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