Persona 4 Golden, le test sur PS Vita (2015)

Persona 4 Golden, le test sur PS Vita (2015)

L’histoire de ce Persona 4: Golden est assez sombre, comme toujours dans la série. Dans une petite ville agricole du japon, des meurtres s’enchaînent, toujours annoncés de manière « paranormale » à la télévision à minuit. Aidé par ses amis du lycée, le héros tente de démasquer le meurtrier et surtout de sauver les personnes enlevées en menant des expéditions dans un monde parallèle accessible à travers la télévision. Voilà un scénario propice à enchaîner des donjons très différents, tous en lien avec la personnalité refoulée des personnes enlevées. De grands moments à vivre dans le hammam « gay friendly » ou le donjon pixelisé du fan de jeux vidéo par exemple…

Par Kuk

Persona 4 Golden, le test sur PS Vita (2015)

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"seuls les assassins d'un de leurs camarades qui ne sont pas découverts seront libérés de l'île"

La mécanique des combats est bien huilée depuis fort longtemps, et elle ne change guère dans cet opus. Vous êtes aidé par des Persona, des entités surnaturelles qui disposent d’aptitudes de combat. Celles de vos coéquipiers ne changent pas mais évoluent avec l’expérience acquise : tel personnage utilisera le feu, le vent, la glace, etc.

La grande force de Persona 4: Golden est véritablement toute sa dimension «sociale ». Ainsi, on peut tisser des liens avec un grand nombre de personnages du jeu (22 dans cette édition PS Vita). Comme ils sont liés à certains Persona, le fait de progresser dans les relations d’amitié (ou plus, dans certains cas !) permettra de créer des entités plus puissantes. Idem avec les personnages qui vous accompagnent au combat, des actions de coopération pourront ainsi être débloquées.

Vague à l’âme pour tous

Ces fameuses micro-séances d’amitié/de drague, très courantes dans les jeux de rôle nippons, sont ici particulièrement matures : on relèvera souvent le poids de la famille, la solitude, la maladie, etc.). Même les pseudo-personnages comiques – comme Teddy – auront eux aussi la vague à l’âme… Mention spéciale également pour l’histoire de la petite Nanako. Nous avons rarement vu la personnalité d’un enfant aussi bien traitée dans un jeu vidéo !

Les attaques combos entre les personnages sont également plus nombreuses.

Tout cela est bien sûr combiné avec vos journées passées en classe, vos activités culturelles ou sportives, des petits jobs, etc. L’ensemble sert à la progression des compétences sociales (type d’expression, courage, etc.) qui feront que vous pourrez choisir certains dialogues spécifiques. Bref, on ne s’ennuie à aucun moment dans Persona 4: Golden. D’autant plus que plusieurs fins sont possibles et qu’un mode New Game Plus prolonge encore davantage la durée de vie globale.

Alors bien sûr, Persona 4: Golden n’est pas un jeu nouveau. C’est d’abord l’adaptation d’un jeu PlayStation 2 qui était déjà excellent en son temps. Sur PS Vita, la refonte graphique est bien au rendez-vous. L’image, lors des phases d’exploration, sont visiblement plus nettes et bon nombre de textures ont été refaites. De la même manière, les dessins des différents protagonistes sont magnifiés dans cette version. En matière de nouveautés toujours, il y a quelques petites choses inutiles mais sympathiques, comme la nouvelle séquence d’introduction ou les nouvelles fonctionnalités en réseau : la possibilité de savoir ce qu’ont fait les autres joueurs et même de demander de l’aide. Nous avons trouvé que cela nuit un peu à l’immersion générale. Heureusement, cette fonction peut-être désactivée dans les options.

A l’écoute des joueurs

Par ailleurs, d’autres petits éléments ajoutés indiquent clairement que les développeurs ont été à l’écoute des joueurs. Par exemple, la gestion des livres a été complétée et rendue plus claire et les mini-jeux permettant de récupérer des cartes bonus de fin de combat ont été supprimés. De nouvelles activités sont disponibles telles que le jardinage. Enfin, on peut aussi compter sur un nouvel épisode qui se déroule au sport d’hiver. Pour les fans, une grille de télévision a été ajoutée depuis l’écran titre du jeu. Elle permet d’accéder à toutes sortes de bonus : vidéos et musiques du jeu, vidéos des concerts Persona de 2008 et de 2009, les bandes annonce japonaises du jeu, etc. Mais on y trouvera aussi un petit cours « Edogawa TV classrom » sur Carl Jung, psychanalyste élève de Freud, qui a fortement influencé le jeu…

Les mécanismes du jeu restent inchangés : des phases d’explorations et de discutions qui développent vos liens sociaux avec les personnages, puis la découverte d’un meurtre accompagnée d’une phase d’enquête, clôturée par un procès où vous devrez démasquer le coupable dans une phase à la Ace Attorney en plus frénésique. On notera cependant que les mini-jeux qui ponctuent le procès ont tous été modifiés (pendu, jeu de rythme, QCM…).

Si l’aspect de Danganronpa 2: Goodbye Despair ressemble pour beaucoup à celui du premier épisode, le travail d’écriture à lui été considérablement revu à la hausse : les personnages sont souvent beaucoup plus attachants, beaucoup plus déjantés (un coach sportif défenseur d’une bonne hygiène… fécale, un invocateur contrôlant quatre démons de la destruction… réincarnés en hamsters, etc.), les allusions obscènes sont plus nombreuses, mais aussi et surtout les situations sont beaucoup moins manichéennes : trouver le meurtrier est souvent l’occasion de vous fournir une bonne dose de culpabilité. On prend plus de plaisir, même si le jeu reste tout aussi dirigiste (voire plus) et tout aussi hermétique pour les non anglophones (on peut aussi entendre les voix en japonais, si c’est plus simple pour vous…).

Une petite impression qui s’est confirmée tout au long de l’aventure : nous l’avons trouvée un peu plus simple que sur PlayStation 2. Il est également très clair que Persona 4: Golden n'est que moyennement nomade, les zones de sauvegarde étant toujours aussi limitées. Et, pour une raison inconnue, les développeurs ont supprimé la sauvegarde présente avant chaque rencontre avec un boss ! Autre petit reproche : le jeu n’a pas été localisé en français ce qui peut poser problème à beaucoup de joueurs, les dialogues passant allègrement du vocabulaire soutenu à de l'argot... Mais tout ceci reste à la marge tant Persona 4: Golden est un très grand jeu de rôle. Ajoutez à cela qu’il s’agit d’une adaptation PS Vita qui va bien au-delà de la simple conversion brute. Vous obtenez donc, à l'arrivée, la version ultime de Persona 4.

Note: