BlazBlue Cross Tag Battle, le test sur Switch

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A part la tout de même légendaire série des Smash Bros, le VS fighting n’est pas réellement réputé pour être le fer de lance des consoles Nintendo. Mais comme pour d’autres genres, l’émergence de la Switch a permis de faire évoluer cette situation. Vient ainsi aujourd’hui un opus de la série BlazBlue, bien connue des combattants aguerris mais finalement plus confidentielle pour le grand public. Il est temps de voir si l’initiative est réussie.

 

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Tant au niveau des personnages que des décors, BlazBlue CTB peut se targuer d’une esthétique superbe.

L’introduction de BlazBlue Cross Tag Battle annonce la couleur, avec la présentation dynamique de personnages façon Janapim’ et ses gros riffs de guitare qui tâchent. Première particularité et comme l’indique le titre, il s’agit ici d’un « Cross » .Le casting réunit les personnages de plusieurs univers distincts : Blazblue (quand même), Persona 4 (le célèbre RPG), Under Night in Birth (un autre jeu de baston) et RWBY (un obscure anime issu d’un studio Américain).

Les protagonistes vous parleront donc plus ou moins en fonction de votre niveau de connaissance de leur origine. Dans tous les cas, l’ensemble s’harmonise plutôt bien. Deuxième caractéristique également indiquée par le titre du jeu, il se pratique en Tag. En d’autres termes, les matchs se déroulent par équipes de 2 vs 2. Il est possible de passer d’un combattant à l’autre à tout moment, et de réaliser des attaques combinées.

Côté réalisation, dans l’ensemble, c’est du tout bon. Tout sera bien entendu une affaire de goût, mais avec ses couleurs chatoyantes et ses personnages hauts en couleur, l’esthétique de BlazBlue Cross Tag Battle s’avère franchement réussie. Les décors des différents niveaux, bien qu’inégaux, bénéficient également du même niveau de soin. Seule l’animation des combattants aurait peut-être parfois mérité un peu plus de détail, mais s’avère tout de même très agréable – surtout en mode nomade. Côté son, les musiques accompagnent efficacement l’action, et il est possible de choisir entre les voix anglaises et japonaises.

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Plutôt simples à déclencher (comme tout le reste), les attaques en tandem s’avèrent également puissantes et bien souvent payantes.

BlazBlue Cross Tag Battle possède de nombreux modes en solo : story, entraînement, tutorial (très fourni) ou encore survival (qui fera office de mode arcade, pour le coup). Mais bien entendu, le jeu de combat s’apprécie encore mieux à plusieurs, ou tout du moins à 2. Le versus est ainsi disponible en offline mais aussi online, via des systèmes de lobby casuals ou classés.

Et c’est là que le premier bât blesse. Lors de nos différents essais, et ce à des périodes très différentes, les lobbys se sont avérés désespérément vides. Personne en mode classé, et environ 12-15 connectés en mode casual – soit 6-7 possibilités de duel au maximum, à supposer que les autres membres soient ouverts à changer de partenaire et d’un niveau équivalent.

Mais passons à ce qui est peut-être le point le plus important : le système de jeu. Pour les connaisseurs, celui-ci correspond au gameplay «Stylish» récemment introduit par Arc System, notamment dans Dragon Ball FighterZ. Pour les autres et histoire de faire court : vous pressez une touche et si le coup porte, il a alors toutes les chances de démarrer un auto-combo. Les coups spéciaux et autres furies sont également très simples à lancer, quasiment toujours à base de quarts de cercle – notez tout de même que les barres de charge sont partagées entre vos deux personnages.

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Les menus, options et lobbys seront tous accessibles par le biais d’un mini-Hub, à la manière de Dragon Ball FighterZ.

BlazBlue Cross Tag Battle se pratique globalement sur 3 touches : coup faible, coup fort et coup spécial (y compris une attaque en duo). Deux autres touches vous seront utiles pour passer d’un combattant à l’autre, ou pour appeler votre partenaire à l’aide (attaque complémentaire, soin…). La pression simultanée de certaines touches offre d’autres possibilités, telles que la chope ou le contre par exemple. Enfin, lorsqu’un combattant est mis KO, il vous est possible de temporairement bénéficier d’une « ResonnanceBlade » – boost des performances de vos personnages, permettant potentiellement un retour de match difficile. Une dernière fois, tout ceci s’active très simplement.

Ce parti pris présente des avantages évidents, avant tout une accessibilité et un fun immédiats, ainsi qu’une excellente compatibilité avec les joy-cons. Mais sans contester l’indéniable technicité du titre fidèle au savoir-faire d’ArcSys, force est de constater qu’un débutant pourra également avoir la (juste) sensation de gagner en ayant fait un peu n’importe quoi. Sans compter, passer l’agréable découverte des spectaculaires coups spéciaux en tout genre, l’ennui qui risque tôt ou tard de pointer le bout de son nez – surtout en solo.

Dernier élément discutable, le roster lui-même. Bien qu’il soit trop tôt pour être définitif sur ce point, l’équilibrage ne nous a pas vraiment semblé de mise. Mais surtout, alors que le titre prévoit 40 personnages jouables au total, seuls 20 seront disponibles dans le jeu de base. 20 combattants, c’est déjà bien nous direz-vous. Mais le fait de devoir patienter et surtout repasser (probablement à plusieurs reprises) à la caisse pour disposer du jeu complet aura légitimement de quoi agacer.Ces quelques derniers vous auront probablement semblé un brin négatif. Soyez tout de même rassuré et histoire de mettre les choses au clair : BlazBlue Cross Tag Battle est superbe, amusant, addictif, réussi. Ces quelques bémols augmentant donc simplement, de fait, notre frustration.

 

Note {snippet 7-10}

Abordable à tous points de vue, opposé à une concurrence toujours assez faible sur ce support et surtout doté d’une direction artistique magnifique, BlazBlue Cross Tag Battle avait pas mal de cartes en main pour devenir un must-have du genre. Malheureusement, son accessibilité se paye au prix d’une certaine lassitude sur le moyen terme, accentué par un mode online quasiment désert. Et surtout, son modèle économique avec les personnages disponibles au compte-goutte rendra la pilule difficile à avaler. Si l’univers proposé vous parle, que quelques partenaires de jeu peuvent se joindre à vous et que ces quelques éléments ne vous sont pas rédhibitoires, l’expérience reste excellente. Dans le cas contraire, une version Ultimate ou GOTY viendra peut-être, ultérieurement, corriger le tir.

 

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Angi

Né dans les Miel Pops, Ulysse 31 et les spirographes, ANgI- est un bon petit geek un poil rétro, mais pas que. Pas que car le présent a concrètement du bon vidéoludique à offrir à défaut de certitudes sur un avenir toujours incertain. Et pas que parce qu'au-delà des jeux vidéo, pas mal d'autres trucs l'intéressent tels que la culture nipponisante ou la technologie en général. Aujourd'hui, il a du mal à trouver sa place dans ce monde sans pitié où chaque comportement doit être codifié. Faux gamer devant l'éternel, ancien nerd doublé d'un otaku ou papa casual...? Ou peut-être un peu tout ça à la fois. Aujourd'hui, en matière de mobilité, la Nintendo 3DS a ses préférences. Et soyons honnêtes jusqu'au bout, l'iPad aussi, un peu.