Life is Strange True Colors, le test sur PS5

L’année passée, je n’ai malheureusement pas eu la chance de faire parti des heureux testeurs de Life is Strange True Colors. Les raisons sont multiples : j’ai demandé une version Switch qui n’est arrivée que bien plus tard. Et je n’avais pas de système pour le faire tourner à ce moment-là. Désormais avec ma fidèle PlayStation 5 Life is Strange True Colors est enfin à ma portée. Vu l’amour que j’ai porté au premier, vous imaginez bien que mes attentes étaient énormes.

On reprend un principe qui fonctionne

Life is Strange True Colors reprend bien le principe de ses ainées. Un ou une adolescente, un pouvoir surnaturel difficilement contrôlable et pouvant avoir des conséquences, une petite ville comme dans le premier épisode. Ça, c’est pour le fond, pour la forme, on est face à un jeu d’aventure ultra-scénarisé digne d’une série télé inspirée de Dawson. Petites blessures sentimentales, personnages archétypaux et scènes magistralement travaillées avec le fond sonore qui va bien pour tenter de nous faire décrocher une larme ou un sourire. Un terrain connu sur le premier Life is Strange.

Cette fois-ci on sera dans les Converses d’Alex, jeune très énervée qui voyage de foyer en foyer après la disparition de ses parents. Elle a un frère qui l’a retrouvé plusieurs années après, et c’est ainsi que débute Life is Strange True Colors. On arrive dans la petite ville de Haven Springs au milieu des montagnes. Notre frère nous y attend. Et le premier choix non cornélien s’offre à nous : lui faire un câlin ou lui serrer la main ?

Empathie à gogo dans Life is Strange True Colors

Alex a un pouvoir basé sur l’empathie. Elle est capable de voir une aura lumineuse autour des gens arborant le code couleur du « Monstre des Couleurs« . Clin d’œil aux jeunes parents qui connaissent dans nos lecteurs . Le rouge est la colère, le bleu la tristesse, le jaune la joie, etc., etc.

Elle ne comprenait pas ce pouvoir tant qu’elle était en foyer, et on comprend rapidement en lisant son « carnet secret » que tout n’était que tristesse et colère. Elle va en comprendre l’étendue dans Haven Springs afin d’aider son prochain, ou non, au grès de son voyage. Va-t-on annoncer à un couple qu’ils se plaisent ou l’utiliser à des fins d’enquêtes? Car oui, très vite dans Life is Strange True Colors va venir le sujet principal de notre venu, enquêter sur la mégacompagnie Typhon qui utilise les montagnes riches en Uranium de Haven Springs. Un jeu avec une sous-quête écologique? OK pourquoi pas!

Empathique, mais vide à l’intérieur

Mais bien que l’on se prenne au jeu de la quête principale alors que pourtant rien ne l’a fait briller tant elle est « classique » et rapidement expédiée. Le titre souffre de nombreux défauts inhérents à l’écriture même du script qui est bien trop simple. En effet, quand vous n’avez pas de fond, pas de twist et pas d’ambition, forcément, ça se ressent.

Parlons donc de ce scénario qui aurait pu être expédié en une petite heure tant il ne se passe quasiment rien en relation. Globalement votre objectif sera de convaincre en 1 mois les 6 habitants de Haven Springs membres du conseil que vous êtes bien plus de confiance que leur septième membre qu’ils connaissent pourtant depuis 15 ans. OK … well… Alors certes vous ne saurez qu’à la fin du jeu que ces foutues quêtes secondaires étaient utiles en faites. Encore qu’avec 3 pauvres personnes convaincues, j’ai eu la bonne fin…

De fait, pour vous occuper pendant les six heures du jeu, il va falloir charger la mule. Alors Alex vous demandera toujours d’aller faire des choses inutiles à droite ou à gauche. Comme par exemple, changer de vêtement, se poser sur une chaise pour penser avec un fond musical, aller voir untel, avant d’aller à la mission principale, nous demander 7 fois si l’on veut vraiment faire avancer l’histoire… Mention spéciale pour cette zone cachée que j’ai ouverte, mais qui ne sert « à rien ». Ça ne serait pas gênant si l’on n’avait pas l’impression de tourner en rond. Car vient maintenant ce fameux problème d’ambition…

L’ambition, ce n’est pas quelque chose que je critique souvent, parce que l’on peut faire de très bons jeux avec juste une bonne idée. Mais pas quand on crée un nouveau Life is Strange – qui est un jeu narratif. Alors on ne peut pas se permettre de multiplier les boucles dans un périmètre restreint comme celui de Haven Springs. En effet, vous ne pourrez jamais (ou quasi jamais) quitter la rue principale de Haven Springs. Rue principale qui contient : 4 commerces (green doctor, fleurs, musique, bar), une dizaine d’habitants et s’étend sur 100 mètres. Alors certes, vous avez un joli lac, un parc et un bar (le plus important). Mais bon après votre dixième aller-retour, croyez-moi, vous en aurez marre de Haven Springs. Au point, j’en suis sûr, que cela influencera votre décision finale.

Alors certes chaque habitant à son petit tracas. Vous pouvez y passer 5 minutes pour le résoudre, mais à quoi bon tant cela ne change quasiment rien sur le jeu lui-même. Parce que oui, l’autre gros défaut de Life is Strange True Colors, c’est de proposer beaucoup de choix qui n’ont que peu ou pas d’importance. Car comme je vous l’ai dit, le plus important est de convaincre six personnes que vous êtes sympa!

Mais Alex dans tout ça?

Vous vous souvenez du duo Max et Chloé du premier Life is Strange? On reprochait à Max d’être le faire valoir de Chloé. Ce qui était vrai! Mais Max avait le mérite de devenir « quelqu’un » vers la fin du titre, comme si elle grandissait. Pour Alex, c’est une autre paire de manches. Alex ne semble pas avoir d’avis, d’envie, d’attente. Elle est comme une page blanche attendant d’être écrite, ce qui pourrait avoir un sens si les choix d’écriture n’étaient pas aussi manichéens, téléphoné et ridiculement archétypal. Je vais prendre l’exemple qui selon moi est le plus frappant. Et qui est aussi sujet au plus de controverse, donc spoiler alert : ne me prêter pas d’intention méchante en prenant cet exemple.

Alex a un moment de l’histoire va devoir dire si elle hétéro, homo, ou bi. Bon ça arrive comme un cheveu sur la soupe, mais venant de la personne qui pose la question… rien de choquant. Pourquoi on nous pose cette question? Parce que le titre va vous proposer deux idylles. L’une avec le beau gosse bucheron, fort et qui aime la nature (archétype 1). L’autre, une nana un peu fofolle, joueuse de D&D, amoureuse de musique, qui s’habille en mode « grunge » (archétype 2). Bon déjà, rien que la description des deux personnages est une blague potache d’école d’ingénieur des années 2000. Et je peux me permettre de le dire, car j’en étais. « Si une fille joue à D&D, elle est forcément lesbienne! » aurait pu être une phrase typique de l’époque. Dans les faits, avec 300 mecs sortis de bac en chaleur, hum … comment dire, ça sentait la lourdeur ?

À noter que ça avait déjà était retoqué sur le DLC Life is Strange ce type de « choix » à la con. Et que Zak Gariss s’en était déjà défendue.

Mais là où c’est choquant, c’est qu’Alex personnage que l’on joue à 18 ans (enfin je crois), n’a pas encore d’avis sur la question et nous pose la question à nous joueur. Mais je ne suis pas Alex, elle a le droit d’être quelqu’un avec son histoire, ses envies. Qu’on me demande de prendre des décisions comme embrasser Chloé dans Life is Strange, n’implique pas que Max était bi ou homo. (Encore que, il semble que j’étais le seul gars de l’internet qui n’avait pas compris qu’elle était « Queer »!)

Juste le moment pouvait s’y prêter et j’ai pris une décision avec un contexte minimaliste. On ne m’a jamais demandé de définir son orientation sexuelle pour ses 40 prochaines années. Fun Fact : le soir du bal (où il sera nécessaire de choisir votre valentin.e), la copine d’Alex est étonnée qu’elle se mette une jupe… Forcément elle est en survêt depuis le début du titre. Comme quoi même la personne au script a trouvé que c’était trop, ça fait cheveux sur la soupe. On a une jeune fille introvertie, sortie d’un foyer (donc la jupe, elle a dû la trouver à Haven Spring et ses quatre boutiques…) et là d’un coup pour coller au fait qu’elle devait jouer sur scène (sans le savoir), paf elle sort la superbe jupe noire. Mais P….

Bref, foutez-lui la paix à cette pauvre Alex.

Quand on vous met au dos de la jaquette « et trouvez l’amour », c’est que déjà les devs savaient qu’ils n’avaient pas grand-chose à proposer

Alex : Variable Undefined

Dans Life is Strange True Colors on doit toujours définir Alex par rapport au contexte d’Haven Springs. Résultat y’a deux personnes qui peuvent tomber amoureuse d’Alex, donc elle doit être bi, homo, ou hétéro. Il y a une joueuse de D&D, donc on va faire un chapitre entier sur ce jeu de rôle. Son frère aimait la musique, bon bah Alex va aimer la musique. Elle est aussi une guitariste et chanteuse accomplie parce que sa pote est à la batterie et qu’il y a une fête de printemps sans groupe pour jouer. On ne sent pas qu’Alex se construit, on a l’impression qu’elle est définie par le milieu où elle est. Vous me direz ça va bien avec l’empathie, mais dans ce cas, allez y à fond, montrer qu’Alex a l’impression de ne pas être elle-même.

Mais d’ailleurs le pire, c’est son pouvoir empathie en mode on y met tout ce qui peut être amusant. De fait, on ne se contente pas que de voir les émotions, on entend ce que les gens pensent (en boucle, parce que les gens ne changent pas d’émotion, c’est connu). Mieux, les objets aussi auront une émotion associée avec un flashback du moment où l’émotion s’est produite. De plus, on pourra s’octroyer l’émotion d’une personne et ainsi rentrer dans sa peau pour mieux comprendre ce qu’elle vit (paranoïa, colère, etc.). Et pour finir, on pourra absorber une émotion (définitivement) avec les conséquences graves que cela peut avoir. C’était, j’imagine, la seule façon d’améliorer le gameplay scripté à l’extrême. Même si ça en fait un peu un Life is Strange « àLaSkiYa »!

A noter qu’il existe un DLC sur la fameuse copine d’Alex. Mais à 12 balles pour passer de la musique sur une radio : j’avoue, j’ai senti le traquenard et j’ai passé mon chemin!


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Je ne peux pas dire que j'ai passé un mauvais moment à jouer à Life Is Strange True Colors. Mais je ne peux pas le conseiller à ceux qui ont aimé les deux premiers épisodes, c'est tellement en dessous sur presque tout. Seuls les graphismes et plan de caméra sont incroyable et m'ont fait prendre des centaines de screenshots.

Life is Strange True Colors

Amusant !

Version testée : 1.008
Mis à disposition par l’éditeur : Non

Life is Strange True Colors a été développé par ceux qui ont fait le moyen DLC de Life is Strange sur Chloé (Deck Nine). Ceci explique peut être cela.

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