« Tu sais ce qu’ils mettent en Hollande avec les frites ? De la Mayonnaise ! Les salauds… ». Air-Gaming dispose, à n’en point douter, d’un lectorat de qualité. Lequel lectorat aura tout de suite reconnu cette citation de l’iconique et célèbre Pulp Fiction, titre phare de la pop-culture des 90s et surtout de son réalisateur : Quentin Tarantino. Le dernier ouvrage de chez Third Editions et écrit par Guillaume Labrude entend ainsi parler de lui à travers son œuvre, sa personnalité, ses mythes et ses réalités.

You’ll be a woman, soon

L’ouvrage commence ainsi par une mise en contexte, plutôt historique et individuelle. Il s’attarde sur Tarantino lui-même : l’homme, son histoire, ses influences, ses motivations. Et au fil des pages, les lecteurs fans que nous sommes à peu près tous auront tôt fait de constater que finalement, on connait bien plus les réalisations que le réalisateur.

Cette première partie s’avère donc aussi accrocheuse que parfois cruelle et souvent surprenante. Avec quelques révélations croustillantes, comme ses débuts dans un cinéma érotique et son attrait pour les films de genre potentiellement violents. Ou encore ses problèmes familiaux et leur impact sur l’importance des personnages féminins dans son œuvre cinématographique.

Flowers on the wall

Cette mise en bouche permet de comprendre le style de Quentin Tarantino, inclus ses aspects les plus dérangeants. La suite se veut plus thématique et surtout chronologique. Sans surprise, mais en lien avec les expectatives du lecteur, elle traite de la cinématographie de son sujet. Reservoir Dogs, Pulp Fiction, Jackie Brown, Kill Bill, Django, les Huit Salopards… Soyez rassuré, ils sont tous là.

Bien qu’attendue, cette section du bouquin surprend par le niveau de détail avec lequel elle est traitée. Scènes particulières, choix esthétiques, commentaires relatifs aux inspirations, références aux autres films… On peine à imaginer le nombre d’heures que l’auteur a dû passer à décortiquer tout ça et à l’évidence, il connait son sujet. Chaque chapitre donne envie de revoir les films évoqués, pour constater tout ce qu’on y a manqué : le pari est donc réussi.

You never can tell

En terme de structure et dans la continuité de cette critique, le livre commence par trainer du côté des vidéo clubs de Los Angeles. Puis enchaîne sur les thèmes récurrents des films de Tarantino : les héroïnes, les gunfights, les films de genre, les Westerns et surtout la violence. Le dernier chapitre est une espèce de melting-pot entre citations et références diverses, donnant honnêtement l’impression de « compiler tout ce qui n’a pas pu être casé avant ». Mais la qualité d’écriture, excellente du début à la fin du livre, compense sans peine ce petit défaut.

Comme l’ouvrage dédié aux sœurs Wachowski, « L’œuvre de Quentin Tarantino, du cinéphile au cinéaste » est disponible en deux éditions. Tout d’abord, une édition classique illustrée par Marion Millier et que nous avons eue entre les mains. Ainsi qu’une édition dite First Print, incluant également une double couverture et une illustration de M. Garcin.