La Lynx d’Atari

La Lynx d’Atari, est surtout connue pour être la première console portable couleur de l’histoire des Jeux vidéo. Elle est aussi connue pour être un des (nombreux) grands échecs commerciaux de la marque. Mais c’est aussi une console particulièrement intéressante et comme souvent bien trop méconnue. Nous allons donc vous en parler…

par Kuk & Fadest

La Lynx d’Atari

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La Lynx est une console atypique, très orientée jeux d'arcade occidentale. Elle est actuellement le terrain de jeu des "demomakers", et des programmeurs du dimanche. Par ses aspects, la console portable d'Atari mérite qu’on s’y intéresse.

Comme souvent l’histoire est souvent plus complexe qu’il ne paraît. En effet, la Lynx est initialement réalisée par une société nommée Epyx, plutôt connue pour ces jeux comme la série des Summer Games, Winter Games… La console est finalisée, sous le nom d’Handy, en août 1987. La société n’ayant la puissance financière pour un tel projet, la console est proposée à divers constructeurs, dont Nintendo. En dernier choix, la console est vendue à Atari qui la commercialise en octobre 1989 aux USA et en début 1990 en Europe et en France.

L’ironie veut que les trois ingénieurs qui l’ont conçu Dave Morse, Robert Mical et Dave Needle, soient aussi les concepteurs de l’Amiga, le grand rival de l’Atari ST. C’est d’ailleurs pour cela que les premiers kits de développement de la console d’Atari utilisaient des Amiga…

Sur le papier, la Lynx écrase la concurrence, aussi bien celle de la GameGear et plus encore de la GameBoy, seule la Nec GT la surpasse. elle a tout pour plaire :

  • Le micro processeur principal est relativement puissant pour l’époque, le 65C02 de Western Design Center (un processeur qu’on retrouve dans l’Apple II), cadencé à 4Hz. Comme la PC Engine de Nec, la Lynx est une hybride 8 bits par son processeur principal, mais 16 bits avec ses deux coprocesseurs à 16 Hz, « Mikey » (son, vidéo, comlynx) et « Suzy » (gestion des sprites).
  • Un des points forts de la Lynx réside dans sa gestion des sprites, elle peut gérer un nombre « illimité » de sprites (seulement limités par la quantité de RAM disponible), et peut effectuer en temps réel plusieurs effets sur ceux-ci : distorsion, tilt, zoom. Quelques jeux en tireront parti de manière impressionnante comme Blue Lightning ou Warbirds.
  • Elle dispose d’un écran LCD rétro éclairé de 160×102 pixels en 16 couleurs parmi une palette de 4096 couleurs. Correct à l’époque, il est maintenant possible de le remplacer par des alternatives LCD modernes qui améliorent grandement l’expérience du joueur.
  • Elle est utilisable par les gauchers, et peut être utilisée de manière verticale, ce qu’exploitent certains jeux comme Klax et Gaunltlet.

Pourtant alors que la Gameboy de Nintendo s’impose sur le marché de la portable, la Lynx patine, et accumule les difficultés :

  • Très cher lors de son lancement (199$ aux USA, 1500fr en France),
  • Encombrante (sa première version fait 27cm tout de même).
  • Souffrant d’une faible autonomie, souvent moins de trois heures
  • Peu soutenues par Atari en Europe lors de son lancement,
  • Rapidement concurrencé par la Game Gear de Sega,

En juillet 1991, Atari sort une deuxième version nettement moins encombrante et disposant d’une meilleure autonomie. À la fin de 1992, la lynx passe à 990fr puis 790fr. Atari déjà endetté, et englué dans la commercialisation de sa console Jaguar, finis par arrêter les frais fin 1993, avant de déposer le bilan. 

Le véritable problème de la Lynx reste les jeux. Lors de sa sortie, Epyx propose quatre jeux.

  • Blue Lightning, un jeu de simulation
  • Chip’s Challenge, un jeu de réflexion
  • ElectroCop, un jeu d’action
  • Gates of Zendocon, un Shoot ’em up  

Deux ans plus tard, on compte péniblement 24 jeux disponibles… Finalement, la Lynx dispose d’un catalogue d’une centaine de jeux, en moins de 4 ans.

Si beaucoup sont assez médiocres et vont lui donner une assez mauvaise image, un certain nombre de titres sont particulièrement intéressants. On ne retrouve pas les grandes licences des années 90, notamment japonaises. Petite exception notable Tecmo dont 3 titres ont été adaptés. De fait, les licences Atari sont nombreuses et souvent particulièrement bien réalisées. De plus, certains grands classiques des jeux européens de l’époque sont présents.

Ça ne serait probablement pas suffisant si la scène amateur n’avait pas investi cette console. On voit fleurir depuis maintenant presque 15 ans de très belles réalisations que ce soit des démos ou des petits jeux réalisés lors de GameJam ou Démoparty. Dans certains cas, les titres proposés sont encore plus beaux et mieux réalisés que bon nombre de productions d’époque et intègrent des fonctionnalités alors absentes, comme la sauvegarde (Dracula, on pense très fort à toi…).

De plus, du fait de la simplicité de réalisation des cartouches, il est désormais tout à fait possible de faire de petites productions via les imprimantes 3D ressemblant en tous points aux cartouches d’époque…

Notre TOP 10 des jeux Lynx !

(Photos personnelles fait avec amour, et publicité Lynx issu de abandonware-magazines.org, un site qu’il est bien !)

La Lynx est une console atypique. Elle possède une ludothèque très orientée arcade ce qui est plutôt classique, mais essentiellement occidentale, ce qui l’est déjà moins. De plus son architecture hardware, très intéressante techniquement, en fait un terrain de jeu encore bien vivant dans la communauté des "demomakers", et des programmeurs du dimanche. Par tous ses aspects, elle mérite qu’on s’y intéresse.

Parfait