Mort aux Cons, l’avis

Mort aux Cons, l’avis
Par Manoloben
🖶 Temps de lecture estimé : 3 minute(s)

Corbeyran est pour moi un auteur de BD de choix, le Chant des Stryges qu’il amena jusqu’à un finale grandiose témoignera à tout nouveau lecteur, de l’amour que peut porter cet homme à son art. Il est aussi complètement perché, proposant des titres comme Le Réseau Bombyce sur fond de snuff movie, très bon, mais très glauque! Mort aux Cons, sera plus proche du dernier, sous couvert d’être amusant dans son déroulement, il montre une réalité sanglante, difficile et terrifiante.

Dans Mort aux Cons on suit monsieur tout le monde, un homme simple, artiste, sans emploi fixe qui va commencer sans le savoir une descente aux enfers. Pour « le bien commun » il deviendra tueur d’animaux de compagnie, se rendant compte du bien-être que cela peut procurer autour de lui, puis au détour d’un café il fera sa première victime humaine. Afin de se justifier, notre héros étiquètera ses cibles de « con » tout en essayant de trouver « un point commun » entre ces cons.

Durant one-shot on retrouvera un récit de plus de 130 pages, accompagnant notre anti-héros sur sa réflexion. Et ça marche! Pour une raison simple, Ben croise exactement les archétypes de personnes que nous détestons tous, celui trop obtus, celui qui abuse de son pouvoir, le pervers, l’irrespectueux. Bref toutes les personnes que nous pourrions à voix basse traiter de « con ». Résultat, on a une vraie empathie pour Ben, et on continue de le suivre, même si ses actions sont à l’opposer totale de vos convictions (enfin j’espère sinon merci de contacter la Police).

Le titre se paye le luxe de creuser la réflexion sans s’éterniser ou tourner en rond sur le sujet. Bien au contraire notre personnage évolue et nous aussi, nous donnant en fin de livre une vraie claque sur notre façon d’être. Après tout, nous sommes tous le con de quelqu’un.

On applaudira aussi la mise en scène de Alexis Saint-Georges qui réussit à rendre le dessin « amusant » même s’il traite d’un sujet absolument horrible.

À noter que Corbeyran n’adapte ici un livre de Carl Aderhold – petit auteur français du roman éponyme distribué à 50 000 exemplaires. De fait, même si la BD Mort aux Cons réduit sans doute la quantité, le finale est claire et permet de tirer la même conclusion que dans le livre, conclusion pas démérité!


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Mis à disposition par l’éditeur : Oui

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