Aero Porter est un puzzle game dĂ©veloppĂ© spĂ©cifiquement pour la Nintendo 3DS et proposĂ© initialement dans la compilation Guild 01 de Level 5 au Japon. La cartouche regroupait alors quatre jeux au total, avec Liberation Maiden, Crimson Shroud et Rental Bukiya de Omasse. Pour la sortie europĂ©enne, l’éditeur nippon n’a pas pris le risque du support physique – et on le comprend ! Du coup, chaque jeu sort individuellement sur l’eShop, Ă petit prix.
Tout est dans le titre : dans Aero Porter, il s’agit de gérer les flux de bagages de passagers dans un aéroport. La vue proposée est celle de d’un terminal d’embarquement. Ou plutôt de plusieurs terminaux, pour être exact. Les bagages sont progressivement largués sur le tapis : à vous de les orienter vers le bon avion, par association de couleur. Pour cela, il faut activer les bras du tapis, un pour faire descendre, un autre pour monter.
Dit ainsi, cela a l’air très simple. Sauf que rapidement, on est inondé de bagages de couleurs différentes. Une petite gymnastique de l’esprit s’impose, d’autant plus que lorsqu’on active un bras, en réalité tous les bras du tapis s’activent de concert ! Ajoutez à cela que plus l’on progresse dans le jeu, plus on a de terminaux à gérer simultanément (jusqu’à sept, sur les deux écrans de la console), et il y a là de quoi devenir maboul. Par ailleurs, il faut aussi gérer la puissance consommée par les appareils, avec la possibilité d’en désactiver certains temporairement. Enfin, vous aurez aussi à gérer quelques « missions spéciales », comme livrer prioritairement un bagage du maire ou bien encore d’évacuer un colis suspect, sur ordre de la police.
Réalisation d’un autre âge
VoilĂ pour le concept de jeu. Aero Porter est Ă la croisĂ©e du jeu de time management et du jeu de rĂ©flexion. Si l’on s’amuse un peu lors des premières parties, on ne peut s’empĂŞcher de grincer des dents Ă la vue des graphismes proposĂ©s, hideux au possible. Non mais franchement… Les dĂ©veloppeurs Ă©taient-ils au courant que la Nintendo 3DS dispose d’une palette de plus de 16 couleurs ? Que la taille des jeux proposĂ©s sur l’eShop permet de proposer aux joueurs des productions comprenant plus de vingt sprites diffĂ©rents ? On exagère Ă peine… Quant aux animations, elles se limitent aux petites valises qui tournent sur les tapis… Finalement, la seule chose d’un niveau Ă peu près correct est la rĂ©alisation sonore, qui Ă©voque comme il se doit les bruits… d’un aĂ©roport.
La dĂ©ception est grande. D’autant plus que nous avons lĂ un jeu rĂ©alisĂ© par Yoot Saito, connu pour ses crĂ©ations originales telles que Seaman (souvenez-vous, l’homme-poisson qui parle sur Dreamcast !) et Odama (le pinball guerrier se jouant au micro sur Game Cube). Alors que l’on s’attendait Ă quelque chose de très original et de variĂ©, il ressort qu’Aero Porter est en rĂ©alitĂ© terriblement limitĂ©. La première heure de jeu passe, puis la deuxième… On fait encore et toujours la mĂŞme chose. Le dĂ©clic ne vient pas, malgrĂ© les petites options de jeu que l’on dĂ©bloque progressivement. On s’ennuie ! Et tout cela pour 5 €, alors qu’il existe des centaines de jeux dans la mĂŞme veine sur iPhone et Android pour moins d’un euro, lorsqu’ils ne sont pas gratuits. Non, vraiment, il y a quelque chose qui ne va pas. Â
D’autres articles
- Ultros, le test PS5
- Gamescom 2016, la grand messe du jeu video Ă nos portes
- Fairy Tail, le test sur PS4
- Isles of Sea and Sky, le test PC Steam
- Sagres, de Pirates! Ă Explorateurs