Pour le bonheur des papa-geeks ou le malheur des défenseurs des jouets en bois, les tablettes font désormais partie du paysage vidéo-ludique de nos chères têtes blondes. Cible marché de choix, les applications et autres livres interactifs leur étant destinés sont légion. Il n’était donc pas évident pour Witty Wings et son titre SwapTales : Léon de sortir du lot. Mais le pari est pourtant réussi et nous allons vous expliquer pourquoi.
L’histoire nous met donc dans la peau de Léon, un jeune garçon dont les parents s’absentent lors d’une soirée sans lui, le confiant à sa baby-sitter. Commence alors une série de péripéties autant imprévues que fantasques, mais toujours passionnantes et enfantines.
Nous ne nous attarderons pas plus longtemps sur l’écriture (de qualité). Mais allons plutôt vous expliquer le concept des « SwapTales », dont le titre nous laisse espérer de prochains volumes à venir. La lecture d’une page répond à une certaine structure et quelques principes basiques. Tout d’abord, la page s’affiche en noir et blanc, et aucun texte n’est visible. En touchant progressivement les éléments de l’image, le joueur les fait apparaitre ainsi que la narration associée.
précédentes. Augmentant l’intérêt et la difficulté des puzzles.
Lors de ce processus, certains mots apparaissent en surbrillance, bleutés. Ces derniers peuvent en fait être inversés, modifiant ainsi l’image en cours, l’histoire de la page en cours voire celle des pages précédentes ou suivantes.
Petit exemple pratique. Supposons que vous soyez en train de lire « Papa était rigolo mais avec un travail exgieant », le tout illustré de l’image d’un père jouant de la guitare, mais de vêtements de chimiste accrochés au mur. En échangeant les mots en italique, l’image se transforme : le père brandit un carnet scolaire et les vêtements deviennent ceux d’un costume de clown. Cet exemple se veut classique, mais l’histoire vous réserve des combinaisons bien plus fantaisistes.
Pincipe simple mais génial, et qui a rapidement quelque chose de magique. Si ce procédé est libre sur quelques pages (servant alors uniquement à s’amuser avec l’environnement en cours), il est obligatoire sur la plupart d’entre elles pour modifier l’histoire et éviter qu’elle ne se termine trop vite.
Heureusement, il suffit de revenir à la page précédente pour modifier tout ça.
Et c’est là que le bât blesse, en tout cas un peu. SwapTales : Léon est découpé en 4 chapitres (pour un total de 62 pages), ce qui est plutôt bienvenu pour permettre des aventures assez courtes et adapté au temps de concentration des enfants. Mais la difficulté montre très vite dès le second, avec des mots d’un vocabulaire très avancé et surtout une quantité de mots « switchables » pouvant aller jusqu’à 7. Le nombre de combinaisons possibles devient alors énorme.
Le jeu s’annonce pour un public de 6 à 10 ans. Nous l’avons testé avec des enfants de 7 ans. Si elle sert la durée de vie, dans les faits, la complexité évoquée ci-dessus a vite de quoi rebuter. Car le principe ludique et intelligent du jeu peut alors rapidement se transformer en manipulations multiples par « essai-erreur » (sans logique littérale) jusqu’à trouver la bonne combinaison. L’enfant aura donc malheureusement tendance à se lasser très vite, et la pratique du livre-jeu en présence d’un adulte est plus que conseillée pour éviter cet effet. C’est d’ailleurs sûrement dans ce contexte que le jeu propose un mode 2 joueurs (parent-enfant ?), où chacun s’occupe d’une image et d’un mot à échanger. Ou alors, de plutôt suggérer le jeu en solo à des enfants plus matures et plus à l’aise avec la lecture, et donc un peu plus âgés (9-10 ans).
Du côté de la réalisation, tout se passe pour le mieux. Comme vous pourrez le constater sur les captures d’écran, les illustrations sont très réussies. L’environnement sonore est également de qualité (sans narration néanmoins, uniquement musiques et son), mais surtout également contextuel selon les « swaps » de mots. Enfin, le support tablette est évidemment parfaitement adapté à l’ergonomie requise par le genre.
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