Lecture : Sur les traces de Miyamoto 1952-1986 : de Sonobe à Hyrule

Lecture : Sur les traces de Miyamoto 1952-1986 : de Sonobe à Hyrule

L’éditeur Pix’n Love propose à son catalogue un certain nombre de biographies, dont une sur Miyamoto, le papa de nombreux personnages iconiques de Nintendo. Pas spécialement fan ni de la marque ni de l’univers du maître (Oui! j’ai le droit…), je me suis retrouvé avec l’ouvrage après une phase frénétique d’achat suite à une période de solde… Du coup, le livre dormait sur une étagère. Voici donc le bilan de cette bonne résolution de fin de vacance qui m’a enfin fait ouvrir « Sur les traces de Miyamoto 1952-1986 : de Sonobe à Hyrule »  !

Par Kuk

Lecture : Sur les traces de Miyamoto 1952-1986 : de Sonobe à Hyrule

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Une biographie non officielle très bien écrite, très bien documentée, qui s’affranchit de fait du storytelling de Big N...

William Audureau, journaliste de jeux vidéo « touche-à-tout », écrit régulièrement des articles pour Le Monde et Gamekult, comme des ouvrages plus conséquents. Inspiré par un chapitre finalement expurgé de son livre sur Mario en 2010, il s’est lancé dans l’exercice assez compliqué d’une biographie non officielle. Basé sur des interviews glanés un peu partout (surtout partout), le titre s’affranchit de fait de la relecture des intéressés et du storytelling de Big N…

L’évolution de Miyamoto de 1952 à 1986 est développée en cinq grands chapitres, de son enfance et sa scolarité à ses débuts au sein de Nintendo.

Le premier ensemble est un peu à part, puisqu’il relève plus d’un voyage quasi initiatique ou onirique au cœur du japon rural qui a vu naître le papa de Mario et Zelda. C’est aussi une réflexion sur les sources d’inspiration ainsi que les références d’un créateur qui a laissé sa patte dans l’industrie du jeu vidéo.

Les quatre autres chapitres suivent Miyamoto au sein de la société Nintendo et de divers projets qu’il a pu diriger, tout en analysant le contexte industriel et vidéoludique de cette époque.

La vraie satisfaction du livre d’Audureau et d’abord sa qualité d’écriture. Dans la postface, l’auteur semble assez content de sa prose et il a bien raison. Le livre se lit de manière fluide, comme un « roman » biographique. Pour le coup, on est assez éloigné de la froide rédaction universitaire qui transparaissait dans son mémoire sur Pong.

Par contre, l’auteur a gardé toute la rigueur scientifique de sa formation. C’est un véritable plaisir de voir listé toutes les références utilisées (car oui c’est important !!!) . Celle-ci sont bien mentionnés en note de bas de page, de telle manière que le lecteur puisse s’y réfère s’il le souhaite1. Quand cela est possible, les adresses internet sont données pour vous faciliter la tâche.

Bien sûr, le livre n’est pas exempt de petits défauts. L’auteur a tendance à se répéter. Certains arguments et citations se retrouvent souvent exploités à deux endroits différents.

L’autre souci c’est le parti pris de l’ouvrage de ne proposer aucune illustration, choix tout à fait compréhensible pour des raisons de droit. Ce choix, oblige cependant l’auteur, a décrit, parfois assez longuement, des écrans de jeux vidéo. C’est un peu long et surtout pas très parlant pour ceux qui n’ont pas le visuel de ces jeux, souvent resté assez obscur en occident (Je pense notamment à Devil World, the Legend of Hydlide ou Tower of Druaga etc.). Pour le coup, on aurait aimé au moins quelques captures d’écran.

Très bien écrits, très bien documentés, William Audureau essaye de suivre au plus près la pensée de Miyamoto, illustrant ses projets et ses choix par de très nombreuses citations du « maître » comme de nombreux collaborateurs. Il réussit très bien à montrer les différents leviers et mécanismes sur lesquels Miyamoto s’est appuyé pour ses premiers titres. Personnellement, j’ai été encore plus intéressé, par la compréhension qu’amène l’ouvrage, de manière beaucoup plus large, sur l’industrie du jeu vidéo nippon, via le prisme d’un homme et d’une société, et par la même, d’une manière de penser et de créer au japon.

Génial