Lecture: Le système solaire de Sega, vers la Saturn et au-delà

Lecture: Le système solaire de Sega, vers la Saturn et au-delà

Nous avons reçu « Le Système Solaire de Sega », un livre atypique qui s’intéresse aux divers déboires commerciaux de Sega, entre la Megadrive et la Dreamcast. Les noms de codes de ces consoles de jeux vidéo, sorties ou non, ayant été choisis au sein des planètes ou satellites du système solaire d’où le titre… Alors prêt pour un voyage vers l’infini et au-delà… de l’échec ?

Par Kuk

Lecture: Le système solaire de Sega, vers la Saturn et au-delà

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Atypique et intéressant, son manque de référencements des sources, sa vision américano centrée, et une rédaction un peu désinvolte nous le fait conseiller à de (jeunes) lecteurs/lectrices néophytes.

Le thème de « Le Système Solaire de Sega » est finalement assez atypique. Il vise à réaliser une synthèse et ainsi qu’une présentation des différentes consoles Sega, sorties ou non, dans les années 1990, mais sans inclure la Megadrive et la Dreamcast. Chaque chapitre développe les projets du constructeur japonais comme la Game Gear (nom de code Mercury), la Nomade (Venus), la 32x (Mars), et bien sûr le projet Saturn. En fin de compte, c’est surtout cette console qui sera véritablement développée dans le chapitre 6, et qui comptabilise presque 50 % du développement du livre ( soit 89 pages sur 201).

Le chapitre V traitant le projet Jupiter (une Saturn avec un port cartouche) est développé en… 4 pages tout comme le chapitre VII qui parle du projet Neptune (une Mégadrive combinée à un 32x dans une même coque) en 4 pages…

Le chapitrage du livre est donc volontairement (?) déséquilibré.

Dans l’ensemble, « Le Système Solaire de Sega » est intéressant aussi bien dans sa thématique que sur le déroulé historique des différentes machines. Les éléments sont replacés dans leurs contextes et permettent de s’y retrouver dans une chronologie pas toujours très claire, ni complètement élucidée.

L’auteur essaye également de donner aussi des conseils pour ceux qui seraient susceptibles de découvrir ces réalisations de plus de 25 ans en version d’origine comme sur les ersatz, façon AT Game. La fin de chaque chapitre s’ouvre donc sur des conseils de jeux représentatifs de la console, comme sur le rendu actuel à l’aune des productions modernes (la rémanence de l’écran de la Nomad par exemple). Certaines améliorations sont également évoquées (comme le changement d’écran pour la Game Gear, par exemple).

L’auteur semble avoir fait une bonne synthèse des différentes sources journalistiques et internet disponible sur les sujets, mais en ayant privilégié les sources américaines. On se retrouve donc avec une Europe assez minoré, essentiellement constitué de quelques exemples anglais (très rarement français). Idem pour les sources japonaises qui sont essentiellement vues par le prisme d’articles occidentaux.

Le principal problème vient, encore une fois, de l’absence de référence des sources dans le développement. Quelques rares fois, la nature de la source est nommée dans le corps de texte, mais ceci est bien trop rare. Il est donc quasiment impossible de se reporter aux documents d’origines, ce qui est dommageable notamment pour les événements les plus tendancieux ou les plus sujets à controverse (comme certaines réunions internes à Sega).

Le problème c’est qu’on repère parfois des coquilles, par exemple, en parlant d’une publicité française « en la plaçant [la Game Gear] dans les mains d’un sénateur à l’Assemblée Nationale ». Alors, oui c’est bien l’Assemblée Nationale donc il s’agirait de députés, mais la publicité que je connais montrait deux huissiers sur le côté de la tribune… c’est anecdotique, mais ça ne fait pas très sérieux.

Même chose dans certains arguments qui sont un peu vite balayés :

  • Les publicités papier (de la GameGear) relativement fair-play ? P.43
  • Une présentation ratée de la 32x à cause du volume sonore du rappeur ? p.81

L’autre point qui peut faire débat et le ton volontairement « parler » du texte. Un certain nombre d’expressions qu’on pourrait entendre dans un podcast ou une vidéo font tout de même un peu tache dans un texte écrit : La Nomad débarque « à poil » p.63, bourrin, reprenons un peu de rab p. 68 , planquée sous le capot p.76 , casse-gueule p.81, etc.

« Le Système Solaire de Sega » est donc un livre intéressant qui nous permet de nous y retrouver dans les noms et les événements qui ont secoué (et déstabilisé) la firme du hérisson bleu.
Pour autant, son manque de référencement des sources, une vision très américano centrée, et une rédaction un peu désinvolte lui font manquer son but. Il reste intéressant comme première lecture pour les néophytes, un peu moins pour les autres qui grappilleront peut-être quelques informations qui leur avaient échappé.

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