Hatoful Boyfriend, le test sur PS Vita

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Il est quand même assez rare d’avoir l’occasion de découvrir une pépite vidéo-ludique, un titre qui sort des sentiers battus pour jouer la carte du délire assumé. C’est ainsi que se présente Hatoful Boyfriend, visual novel et simulateur de rencontres à la Japonaise… entre pigeons.  Le titre étant déjà précédé par une jolie réputation et un succès d’estime, nous avions hâte de nous y aventurer.

 

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Un pigeon habillé en Maid. Normal.

Le jeu se lance. Logiquement, la réalisation technique fait le minimum syndical. Ecrans statiques, petites mélodies entêtantes et épopée purement textuelle (uniquement pour anglophiles) de rigueur. Blâmer le titre sur ces aspects serait idiot, allons voir de quoi il retourne du côté du scénario et de l’absurde vivement attendus.

Première surprise, vous n’incarnez non pas un volatile mais bien une jeune femme. Humaine et exceptionnellement admise dans la prestigieuse école de St. PigeoNation, pour columbidés surdoués. Seconde découverte, le jeu intègre certains éléments (très basiques) de RPG. Ainsi, selon les cours que vous privilégierez, les compétences de votre avatar féminin s’amélioreront parmi l’intelligence, la force et le charisme.  Influençant ainsi certaines actions ou relations possibles avec d’autres personnages. Troisième option inattendue, vous avez la possibilité de visualiser l’équivalent humain des différents pigeons participants à l’aventure. Les présentations sont faites, c’est parti…

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Pour les plus réfractaires au trip pigeonnesque, les alter-egos humains sont disponibles.

…Et ça part mal. Le premier quart d’heure de jeu, bien qu’amusant avec ses délires assumés, se résume tout de même à d’interminables dialogues sans la moindre interaction. Viennent ensuite, l’un après l’autre, les différents protagonistes de l’histoire. Typés, charismatiques, mais aussi désespérément clichés.

Caché derrière le prétexte de la parodie, Hatoful Boyfriend nous sert du pigeon réchauffé : Ryouta l’ami d’enfance amoureux en secret, Sakuya le pédant millionnaire, Yuuya le tombeur toujours classe ou encore Nageki l’intellectuel solitaire, pour ne citer qu’eux.

L’histoire se déroule ensuite dans une ambiance bon enfant, où les émois du cœur et l’humour adolescent sont rois. Suivre les péripéties de notre héroïne et naviguer entre les différents embranchements du titre s’avère assez divertissant. En tout cas la première heure de jeu.

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Des choix parfois pratiques, parfois philosophiques. Mais toujours en Anglais.

Et puis, c’est lentement mais clairement la déconfiture. Les choix interactifs sont tous précédés de très, trop longs dialogues. Leur fréquence est trop mince. L’anglais régulièrement erroné laisse également deviner une traduction parfois approximative. Les possibilités réellement influencées par les statistiques de l’héroïne sont peu nombreuses.

Bien que sympathiques, l’originalité des histoires offertes reposent essentiellement sur les blagues de pigeons et/ou parodiques du genre – qui restent de plus assez timides. L’ensemble s’essouffle donc assez vite, d’autant qu’il suffit de quelques heures pour en faire le tour (i.e. creuser les différentes routes possibles).

Note {snippet 4-10}
Agréable mais faussement décalé, a priori original mais finalement convenu, Hatoful Boyfriend pourrait être comparé à un film de Michael Youn ou à un concert de Die Antwoord. Même en s’asseyant sur la réalisation minimaliste associée au genre, et en reconnaissant le trip de départ complètement barré donc prometteur, on ne peut nier que l’ennui et le sentiment d’escroquerie pointent assez rapidement le bout de leur nez. A recommander uniquement aux aficionados absolus du genre donc… A supposer qu’ils n’aient pas déja beaucoup mieux à se mettre sous la dent.

 

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