Shin Megami Tensei est une série majeure de jeu vidéo au japon depuis ses débuts en 1987. En Europe, elle est surtout connue via deux titres : Shin Megami Tensei III: Nocturne et Shin Megami Tensei: Strange Journey Redux (traités ici-même). Malgré leur bon succès d’estime, ils restent dans l’ombre de Persona, une de ses séries spin-off les plus connues.
C’est donc dans l’optique de nous faire connaĂ®tre la saga originale que Ludovic Castro nous propose ici une Ă©tude approfondie. La Saga Shin Megami Tensei, d’apocalypses en renaissances est un livre assez dense, de presque 400 pages. EditĂ© chez Third, il est rĂ©parti en trois chapitres Ă©voquant autant les jeux que l’univers de la saga. On rappelle que cette collection ne propose aucune illustration. Pour se concentrer « uniquement » sur l’histoire et le fonctionnement d’une sĂ©rie de jeu vidĂ©o.
Un historique très complet
Le premier chapitre revient de manière assez dĂ©taillĂ©e sur le dĂ©veloppement des jeux de la sĂ©rie ainsi que sur la sociĂ©tĂ© Atlus. On rentre assez vite dans le vif du sujet avec le dĂ©veloppement des jeux vidĂ©o, Ă partir de la fin des annĂ©es 80. Ce chapitre se clĂ´ture en 2020, sur les annonces de Shin Megami Tensei V, jeu non traitĂ© puisqu’il n’est pas sorti au moment de la publication du livre. Entre les deux dates, ce sont donc tout de mĂŞme plus de trente ans qui sont Ă©voquĂ©s. MĂŞme si l’auteur se concentre sur la sĂ©rie Shin Megami Tensei Ă travers six titres et ses dĂ©rivĂ©s, les autres productions d’Altus sont Ă©voquĂ©es.
L’ensemble est particulièrement intĂ©ressant. Il donne la parole aux dĂ©veloppeurs via de nombreuses citations d’interviews, traduites pour l’occasion. Malheureusement elles sont presque toujours non-rĂ©fĂ©rencĂ©es, comme souvent chez cet Ă©diteur. L’auteur a vraiment essayĂ© de brosser au mieux les apports de chacun des divers grands noms parmi les crĂ©ateurs de la sĂ©rie. Mais Ă©galement les choix pas toujours très heureux d’Atlus.
L’univers, sous forme de fiches…
Le chapitre II traite plus particulièrement de l’univers de la série. Même si chaque sous-chapitre est globalement réservé à un titre en particulier : Shin Megami Tensei I, Shin Megami Tensei II, Shin Megami Tensei III, Shin Megami Tensei IV, Shin Megami Tensei IV apocalypse et enfin Shin Megami Tensei strange journey.
L’auteur rĂ©sume d’abord chaque jeu, avant de dĂ©tailler les diffĂ©rents protagonistes. On se retrouve ainsi avec une multitude de paragraphes expliquant diffĂ©rents protagonistes, organisations, ou courant religieux. Ces listes tendent Ă devenir de petits rĂ©sumĂ©s de Wikepedia encyclopĂ©diques. Elles peuvent effectivement apporter les rĂ©fĂ©rences Ă ceux qui n’ont pas ces bagages culturels. Pour autant le traitement de ces donnĂ©es est un peu problĂ©matique.
Car ces explications sont parfois très longues, trop souvent déconnectées du jeu lui-même, et pas toujours didactiques par rapport au thème de la Saga. Du coup, on se retrouve avec des présentations assez indigestes qui comportent parfois des explications discutables. Par exemple, l’auteur mentionne que Lilith est interprétée comme la première femme d’Adam au Moyen-Âge (p.125). Mais il oublie de préciser qu’il s’agit de commentateurs ashkénazes (notamment du XIe siècle Français) ultras minoritaires. Même chose pour les chevaliers du Temple, où dates de fondation et attributions sont tout aussi contestables (p.156), etc.
Soirée Théma
La dernière partie de l’ouvrage reprend un peu ces thĂ©matiques. Pour le coup, elle soutient de manière beaucoup plus intĂ©ressante l’analyse des Shin Megami Tensei. Le sous-titre est d’ailleurs appelĂ© « dĂ©cryptage ». Ainsi certains ressorts scĂ©naristiques de la sĂ©rie (les voies dites bon/neutre/chaos), le système de jeu, ou encore les musiques sont dĂ©taillĂ©s puis mis en perspective. Mention spĂ©ciale aux deux premiers chapitres sur les thĂ©matiques et le système de jeu. Ceux derniers apportent un regard certes personnel, mais vraiment captivant et intĂ©ressant.
A nouveau, l’absence des visuels issus des jeux ou de divers Art Works n’est pas surprenant. En fait, mis Ă part la deuxième section de l’ouvrage (qui est aussi la plus longue), La Saga Shin Megami Tensei, d’apocalypses en renaissances fait le job et nous n’avons pas grand-chose Ă lui reprocher.
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