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Zero Parades : For Dead Spies, la suite qui ne dit pas son nom


Quand un premier titre vous a particulièrement impressionné, il est bien normal de guetter avec attention le suivant. C’est exactement ce qui se passe avec Zero Parades: For Dead Spies ( d’ailleurs, c’est pour cette raison que nous avons décidé de faire un retour sur la démo, ce que nous faisons rarement). Le jeu est réalisé par ZA/UM, le studio à l’origine de Disco Elysium: The Final Cut, que j’avais particulièrement apprécié.
Je dis bien « le studio », car le succès du premier opus a malheureusement fragilisé l’équipe : entre egos et enjeux financiers, une partie des créateurs originaux a fini par quitter le navire. Il n’empêche, on a droit ici à une véritable suite, même si elle n’en porte pas le nom.

Le brouillard de la guerre

Zero Parades: For Dead Spies est un jeu d’aventure à forte dimension RPG. Vous incarnez une espionne qui revient de plusieurs années de mise au placard, après une opération qui a viré au fiasco. Sans surprise, rien ne se passe comme prévu à votre arrivée pour cette nouvelle affectation : votre coéquipier est plongé dans une sorte de coma. À vous de découvrir ce qui lui est arrivé, de comprendre la mission qui vous a réellement été confiée, et peut-être de réactiver votre ancienne équipe — du moins ceux qui ne sont ni morts ni retournés.

Un monde de bloc tangible

Probablement pour des raisons de droits, aucun élément de l’univers de Disco Elysium n’a été repris. Mais on retrouve globalement la même problématique : un régime communiste doctrinaire à bout de souffle, luttant contre un empire capitaliste fascisant en pleine expansion. Cette dimension politique est encore plus présente que dans Disco Elysium, mais traitée de façon plus cohérente et plus dramatique. Elle donne à cette aventure d’espionnage un ton résolument noir et une vraie épaisseur. L’héroïne se débat comme elle peut pour comprendre les tenants et les aboutissants des événements dans lesquels elle est empêtrée.
La plupart des quêtes secondaires s’articulent, de près ou de loin, autour de cette confrontation entre les deux blocs et s’intègrent à la trame principale. En revanche, certaines résolutions d’énigmes manquent parfois de cohérence : pourquoi la petite figurine recherchée par une de vos anciennes collègues se retrouve-t-elle entre les mains d’un simple vendeur d’objets ?

Action et réactions

En début de partie, vous créez votre personnage, avec ses forces et ses faiblesses. Vous répartissez vos points dans différentes compétences regroupées en trois catégories (action, relations aux autres, intellect), soit quinze au total : poésie, technologie, mémoire, interactions, etc. Vos actions reposent sur la réussite de jets de dés, dont vous voyez le résultat s’afficher physiquement à l’écran. Tout est clair et bien pensé. Vous pouvez tenter d’ajouter un dé bonus, mais celui-ci aura un impact négatif sur votre santé mentale.

La reine du shopping

Votre inventaire vous donne accès à des vêtements qui apportent des bonus (et souvent des malus) à certaines compétences. À vous de vous constituer une garde-robe adaptée aux actions que vous devrez réussir. L’accumulation de vêtements et d’accessoires a donc un réel impact et un vrai intérêt pour vous aider dans vos actions.
Bonne idée sur le papier, mais moins convaincante à l’usage : il faut sortir de la conversation avec un personnage pour passer en revue sa garde-robe dans l’inventaire, puis s’habiller en fonction de la compétence sollicitée afin d’en maximiser les bonus. Ce n’est vraiment pas ergonomique, d’autant que le jeu permet d’accéder à l’inventaire à tout moment, mais interdit d’en changer le contenu en pleine action. Dommage.

Une action, des conséquences

Tout ce que vous direz, ferez, et même penserez, influence directement trois jauges : fatigue, anxiété et délire. Si l’une d’elles dépasse un certain seuil, vous risquez des malus et, pire, une baisse définitive de certaines de vos compétences.
Les phases de dialogue sont donc loin d’être anodines et peuvent avoir des conséquences particulièrement néfastes. Cela donne un ton résolument anxiogène et dramatique aux échanges : on n’est plus simple spectateur, mais véritablement acteur des conversations, en essayant d’anticiper où elles vont nous mener.
Pour faire redescendre ces trois jauges, il faut se reposer ou parfois recourir à quelques substances comme le tabac, l’alcool, certains médicaments — voire des choses un peu plus violentes. Là aussi, la gestion de l’état psychologique du personnage est bien pensée et apporte une vraie tension dramatique au titre. Heureusement, le sommeil permet également de faire redescendre ces jauges.

Une certaine marge de manœuvre

Autre petit défaut, souvent inhérent au genre : en testant plusieurs options, on perçoit le côté un peu scripté de l’aventure. Il est par exemple souvent impossible d’éviter certains malus. Mais ceci n’est pas toujours vrai, et si vous faites les bons choix, les conséquences seront moins négatives pour vous.
Cela dit, une fois bien avancé dans l’enquête, on constate que certains choix ont malgré tout une réelle incidence sur les embranchements que peut prendre l’histoire.

Un jeu (TRÈS) bavard

On s’en doutait un peu, mais il faut vraiment BEAUCOUP aimer la lecture. La quantité de texte ne m’a personnellement pas gêné, mais c’est un point à prendre sérieusement en compte. Pour le moment, les textes ne sont disponibles que dans un nombre limité de langues (anglais, allemand, russe (!), chinois simplifié et espagnol). C’est vraiment dommage, car il faut un bon niveau d’anglais pour apprécier pleinement le jeu, qui utilise un vocabulaire riche et parfois assez pointu.
Les voix anglaises sont remarquables, avec des origines et des accents variés qui donnent une vraie dimension cosmopolite à la ville que vous visitez (Europe centrale, Amérique du Sud, France, etc.), le tout entrecoupé de mots empruntés à ces différentes cultures.
La réalisation est de bonne facture, en 2D isométrique/2,5D. La patte graphique est assez unique, avec un style de dessin particulièrement détaillé qui installe une véritable atmosphère. La mise en avant des objets interactifs est bien pensée, avec une icône qui apparaît lorsqu’on s’en approche. Une option permet de mettre le jeu en pause pour repérer plus facilement les zones interactives du décor et des personnages. Certaines zones ne sont d’ailleurs accessibles que si vous disposez de la perception nécessaire.


Notre Avis sur
ZERO PARADES: For Dead Spies

★Génial★

Zero Parades: For Dead Spies est une véritable expérience immersive, portée par un univers cohérent et fortement politisé. Son ton sombre, presque dépressif, lui donne une tonalité résolument adulte et pertinente. Le jeu n'échappe pas à quelques petits défauts inhérents au genre : une aventure scriptée et énormément de texte à lire. Son seul vrai défaut reste l'absence du français dans les textes proposés. Une mise à jour est prévue pour l'ajouter, mais pas dans l'immédiat. Un jeu d'aventure à fortement conseiller à tous les amateurs du genre, donc, mais pour le moment réservé à ceux qui ont un bon niveau d'anglais.

Testé Sur

Quels sont les thèmes autour de ZERO PARADES: For Dead Spies?

Qui sont les Auteurs et l'éditeur de ZERO PARADES: For Dead Spies?

Peut-on jouer à 2 joueurs ou en Duo à ZERO PARADES: For Dead Spies?

Version testée : 1.1.38
Mis à disposition par l’éditeur : Oui

Quel est le prix de ZERO PARADES: For Dead Spies?

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A combien peut-on jouer à ZERO PARADES: For Dead Spies?

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Pas d'anecdote

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@airgamingpocket

Allez j’attaque mon backlog de jeu de société et on commence par ce jeu 404 édition nommé les voyages de Corto Maltese tiré des bd éponyme. Honnêtement c’est simple et bordélique, mais l’aspect aléas et aventures sont bien présent. #cortomaltese #jeudesociété #jeudesociete #404 #bd

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Kuk

Type de joueur : Mauvais | Type de test : Bordélique Kuk s'est lié d'amitié avec le monde du jeu vidéo très jeune. En 1988, il possède son premier ordinateur, un Atari 1040 STF flambant neuf. Et Atari ne le quittera plus jamais… Durant les années suivantes, il s'intéresse tour à tour à la Nec GT, à la NeoGeo Pocket et à sa petite soeur, la déclinaison Color, qui le font rentrer dans le jeu vidéo portable. Passionné d’histoire et de littérature, il apprécie tout particulièrement les jeux de rôle et les jeux d’aventure. Il montre aussi beaucoup d'intérêt pour le travail fourni par les développeurs indépendants dont il se fait une spécialité. Dans tous les cas, il privilégie le fond à la forme.