Lors de sa sortie, Gloomhaven a fait grand bruit dans le monde du jeu de société. Une campagne immense, surtout évolutive en fonction de vos choix, une boîte particulièrement conséquente promettant plus d’une centaine d’heures de jeu entre amis… le tout sans maître du jeu, mais avec des mécaniques de combat innovantes et immersives. Je n’ai pas encore eu la chance d’y jouer, mais chaque proposition de partie me fait terriblement envie. Lorsque j’ai appris qu’une édition indépendante et compacte de Gloomhaven allait sortir, je me suis donc empressé de vouloir la tester.
Gloomhaven : Boutons & Bestioles est édité par Cephalofair, tout comme son “père” Gloomhaven ou son « grand frère » Frosthaven. Mais vous allez voir qu’il est très différent.
Une mini-boîte
Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant la taille de la boîte : à peine plus grande qu’une deckbox… Je vous avoue avoir un peu déchanté en la voyant. Beaucoup de questions me sont alors venues à l’esprit : est-ce que je m’étais trompé ? Était-ce simplement une extension ? Que nenni ! La boîte annonce des aventures solo d’environ 20 minutes, accessibles à partir de 10 ans. Elle pousse même l’audace jusqu’à préciser qu’elle inclut les quatre scénarios promotionnels présentés lors de différents festivals de jeux. Alors découvrons comment un jeu de figurines aussi massif a pu être réduit… à la taille de boutons.
Un maximum de contenu
Deux planches à dépuncher pour calmer les nerfs, beaucoup de cartes, cinq compteurs de vie, un dé… et surtout six figurines !
Certes, elles font à peine plus d’un centimètre de haut, mais elles sont suffisamment détaillées pour reconnaître les six héros de la boîte. En parcourant les cartes, on se rend vite compte que chaque héros possède ses propres capacités. On trouve également 26 scénarios, jouables en mode campagne. Rien que ça.
Le jeu s’étale entre votre main, votre défausse, votre plateau personnel, ainsi que le plateau de chaque type d’ennemi. C’est très impressionnant pour une si petite boîte. Les scénarios, en plus de coller parfaitement à l’univers fantastique de Gloomhaven, justifient pleinement la taille réduite du matériel.
Un scénario bien trouvé
Sans trop vous spoiler, si la boîte est aussi compacte, c’est parce que votre mercenaire… a rétréci ! De la taille d’une souris, tout ce qui vous entoure devient soudainement beaucoup moins amical. Une tripotée de bandits et de monstres ont également été réduits, et vous allez devoir les affronter. À leurs côtés, des créatures théoriquement inoffensives (souris, ours en peluche, mille-pattes) deviennent de véritables menaces quand vous ne mesurez que quelques centimètres.
Le scénario est évolutif : parfois, vous devrez faire des choix ; parfois, tout dépendra du mercenaire sélectionné. Il existe donc potentiellement six campagnes différentes. Autant dire que pour une mini-boîte à 18 €, la durée de vie est plus que conséquente.
Des règles… absentes ?
Comme dans Gloomhaven, les règles sont assez touffues. Chaque scénario se déroule globalement de la même façon : une introduction narrative, un combat tactique en retournant les cartes, puis une conclusion proposant généralement un choix.
Chaque scénario possède un niveau qui détermine celui de votre personnage. Par défaut, votre héros dispose de quatre cartes de capacité. À chaque niveau gagné, vous pourrez en améliorer une. Parmi vos cartes, vous en sélectionnerez deux à chaque tour : l’une pour sa capacité du haut, l’autre pour celle du bas. Il y a énormément de règles et d’effets à assimiler. Le livret d’initiation fourni est clair et bien conçu… mais c’est malheureusement tout. Pour accéder aux règles complètes, il faudra passer par Asmodee en scannant le QR code. Le site officiel anglais est plus complet et à jour, mais demandera quelques compétences dans la langue de Shakespeare.
Des combats tactiques exigeants
Les combats se déroulent sur une carte servant de plateau. Des jetons représentent les ennemis ainsi que les éléments de décor, capables de bloquer lignes de vue et déplacements. Chaque monstre possède son propre compteur de vie, vous permettant de les affronter individuellement ou d’en toucher plusieurs à la fois. Leurs attaques sont déterminées par des cartes, avec des bonus et malus qui évoluent au fil des tours. Tout cela donne des combats d’une complexité intéressante. Cela peux être un peu répétitif, mais si vous aimez la tactique et la planification, c’est un vrai plaisir. Cela convient également a de petites sessions, si votre temps de jeux quotidiens est limité.
À l’inverse, si ce type de gameplay ne vous parle pas, l’expérience pourra sembler redondante sur la durée.
Rendez-vous au 13
De mon côté, j’ai beaucoup apprécié l’expérience. Habitué aux combats tactiques demandant réflexion et anticipation, je me suis rapidement senti à l’aise… sans pour autant éviter les échecs, surtout au début. Les combats sont évolutifs, la difficulté plutôt élevée, et cela évite de s’ennuyer.
Les choix narratifs sont sympathiques, et les différents héros proposent des compétences vraiment distinctes. Bien que rien n’oblige à conserver le même personnage, certains choix sont propres à chaque héros. Je vous conseille donc de rester fidèle au vôtre pour profiter pleinement de la campagne.
Gloomhaven : Boutons & Bestioles réussit le pari audacieux de condenser une expérience dense et tactique dans une boîte minuscule, offrant une aventure solo exigeante et étonnamment riche.