Quand on est quadra, entendre parler de Gradius rĂ©veille forcĂ©ment quelques souvenirs, mais aussi un petit coup de vieux. Pourtant, la sortie dĂ©but aoĂ»t de la compilation GRADIUS ORIGINS change la donne. PlutĂ´t que d’allumer ma borne d’arcade, je me dis que c’est enfin l’occasion idĂ©ale de dĂ©couvrir cette sĂ©rie culte sur console. Car oui, mĂŞme en tant que joueur passionnĂ© de shmup, je ne m’étais jamais vraiment plongĂ© dans Gradius. Voyons donc aujourd’hui si ce monument vidĂ©oludique parvient encore Ă transmettre du plaisir, des annĂ©es après sa sortie.
GRADIUS ORIGINS : la compilation ultime… ou presque
Le concept de GRADIUS ORIGINS est simple : rassembler dix-huit versions issues des sept titres d’arcade de la série. On retrouve les classiques Gradius 1, 2 et 3. Viennent aussi les cultes Life Force, Salamander 1 et 2, ainsi que la nouveauté Salamander 3. Chaque jeu inclut ses variantes régionales, japonaises ou européennes, accessibles via plusieurs romsets. Pour les fans, ce regroupement apporte un confort certain. Pourtant, parler de “compilation” est discutable. Les épisodes sortis sur PS2 manquent à l’appel. Ce vide se ressent, car ils comptent parmi les plus appréciés. Techniquement, aucune surprise : les jeux sont bruts, sans lifting, dans une émulation fidèle mais minimaliste. L’ensemble mise donc sur l’authenticité. Mais ces oublis notables laissent malgré tout une impression d’inachevé.
Un style culte… mais qui a pris un coup de vieux
Le style de Gradius s’inscrit dans la tradition du shoot them up 2D. Les niveaux alternent entre dĂ©filement horizontal et vertical. Les premiers Ă©pisodes, tout comme Life Force, rappellent les shmups des annĂ©es 90 sur NES. Sprites simples, souvent redondants, et une rĂ©alisation marquĂ©e par l’âge. La sĂ©rie Salamander offre cependant un vrai bond qualitatif. Les effets visuels marquants incluent la lave animĂ©e ou certains sprites de Salamander 2. Ces Ă©lĂ©ments restent impressionnants pour l’époque, encore aujourd’hui. Ă€ l’inverse, Salamander 3 recycle ses visuels et perd beaucoup de charme. Globalement, certains jeux accusent le poids des annĂ©es, d’autres conservent une identitĂ© visuelle solide. Sur le plan sonore, l’évolution suit la mĂŞme logique. Des chiptunes simples au dĂ©part, qui gagnent progressivement en richesse. Mais aucune bande-son ne rivalise avec un Andro Dunos ou G-Darius par exemple… Rien ne marque vraiment l’oreille. Le bilan « artistique » demeure au global assez mitigĂ©.
Quand la difficulté légendaire se plie (un peu) à la modernité
L’intérêt principal de GRADIUS ORIGINS repose sur ses options modernes, pensées pour rendre l’expérience plus accessible. On trouve ainsi la sauvegarde rapide et la fonction rewind, idéale pour annuler une erreur fatale. Le véritable atout reste toutefois le choix de la difficulté et l’ajout d’un mode Invincible. Gradius est en effet réputé pour son exigence redoutable, parfois décourageante même pour les plus aguerris. La frustration culmine avec Salamander 3, dont le déséquilibre ruine une grande part du plaisir. Pour apprendre, progresser et maîtriser ces titres, cette compilation devient un terrain d’entraînement idéal. On apprécie aussi l’option d’affichage des hitbox, mais son utilité demeure limitée. L’absence de celle du vaisseau principal nuit à la lisibilité, déjà confuse à l’écran. En revanche, les filtres visuels comme CRT ou balayage enrichissent l’expérience. Au final, un ensemble de bonnes idées qui modernisent légèrement la formule sans la dénaturer.
Un coffret nostalgique réservé aux vrais passionnés
GRADIUS ORIGINS s’impose clairement comme une collection destinée surtout aux amoureux de la licence. Non seulement on y retrouve les jeux dans leur version arcade, mais on a aussi accès à toutes les musiques, aux artworks d’époque et même aux instruction cards originales, un vrai trésor pour les passionnés. Mais il faut le dire : pour apprécier cette compilation, il faut aimer souffrir, recommencer encore et encore, dans une raideur assumée par le gameplay de l’époque. Pour ma part, l’expérience m’a laissé une impression étrange, comme si je revoyais la belle du lycée vingt ans plus tard : le charme est toujours là , mais l’éclat a perdu de sa force et l’on se demande pourquoi on a aimé ça. Bref, une proposition qui séduira sans doute les fans les plus fidèles, mais à laquelle je n’ai, personnellement, pas réussi à adhérer.