Prenez fermement entre vos mains votre PS Vita. Vissez votre casque audio sur les oreilles. Assurez-vous de ne pas ĂŞtre dĂ©rangĂ© durant la prochaine heure qui va suivre. Attachez votre ceinture… Et prĂ©parez-vous au trip TxK, le voyage le plus psychĂ©dĂ©lique qu’aucune console portable puisse vous offrir Ă ce jour !
TxK : Un remake ou une mise Ă jour?
Txk est le remake de Tempest 2000, un shoot’em up vectoriel commercialisĂ© en 1994 sur la Jaguar, puis sur Saturn, PC et Mac lorsque le constructeur de la première console citĂ©e, Atari, entra en dĂ©route. C’est une fois encore le petit studio indĂ©pendant Llamasoft, dirigĂ© par le dĂ©veloppeur emblĂ©matique Jeff Minter, qui se colle Ă cette nouvelle production. Mais comment en aurait-il pu ĂŞtre autrement ? VoilĂ près de vingt ans que l’homme tisse ses toiles virtuelles (qui constituent les niveaux de la sĂ©rie Tempest) et code des effets spĂ©ciaux exagĂ©rĂ©ment dĂ©lirants, des tonnes de particules notamment. Au point que l’on se demande, parfois, ce que le dĂ©veloppeur consomme comme substances hallucinogènes…
Mais Jeff Minter n’est pas passĂ© directement de Tempest 2000 sur Jaguar (T2K pour les intimes) Ă TxK sur PS Vita. Entre-temps, il y a eu l’ultra-confidentiel Tempest 3000, une suite dĂ©veloppĂ©e sur Nuon, la console hybride/lecteur DVD de feu VM Labs en 2000. Ce fut un fiasco absolu, en raison des ventes catastrophiques de l’appareil. Aujourd’hui, bien peu de joueurs dans le monde peuvent se targuer d’y avoir jouĂ©. Dommage ? Pas forcĂ©ment : sans doute un peu trop obnubilĂ© par les effets spĂ©ciaux et la volontĂ© de montrer ce que le Nuon avait dans le ventre, il en a rĂ©sultĂ© un jeu peu lisible sur l’Ă©cran. 2008 fut l’annĂ©e de la tentative de la revanche avec Space Giraffe, un spin-off destinĂ© Ă la Xbox 360. Las… Le titre n’a pas remportĂ© le succès escomptĂ©. Deux raisons Ă cela : un aspect technique, une fois encore, très (trop) confus pour le commun des mortels et de nouvelles règles de jeu qui ont dĂ©contenancĂ© les fans de la sĂ©rie Tempest.
Un socle solide
Bref, pour ce TxK, Jeff Minter a voulu revenir aux bases, en produisant ce que l’on appelle un tube shooter Ă l’aspect visuel « nĂ©o-rĂ©tro », esthĂ©tique et sans ĂŞtre ringard. Le principe de jeu est simple : un vaisseau se dĂ©place sur ce qui pourrait ĂŞtre des toiles d’araignĂ©es. La perspective adoptĂ©e, tout en profondeur, place le vaisseau au premier plan, tandis que les ennemis arrivent par le fond. Pour comprendre la chose rapidement, nous vous invitons Ă jeter un coup d’oeil aux images de TxK qui accompagnent ce test. Chaque toile est en rĂ©alitĂ© une grille verticale sur laquelle votre vaisseau ne progresse pas : il se contente de se dĂ©placer latĂ©ralement, en fonction des possibilitĂ©s offertes par le niveau. C’est très simple lorsqu’il s’agit de se dĂ©placer vers la droite ou vers la gauche sur un plan relativement plat. Mais les choses se compliquent sĂ©rieusement lorsque nous avons affaire Ă des figures complexes, en forme de huit par exemple. On a vite fait de ne plus savoir dans quel sens aller, lorsqu’on a la « tĂŞte » Ă l’envers ! Ou de se demander si on est sur l’intĂ©rieur de la toile, ou Ă l’extĂ©rieur…
L’action folle et furieuse de TxK plonge le joueur dans un abysse sans fin. Les niveaux s’enchaĂ®nent dans un rythme très soutenu, le crĂ©ateur du titre ayant voulu un système peu pĂ©nalisant en cas de destruction du vaisseau. « Une progression rĂ©alisĂ©e est une progression acquise », pour reprendre ses propres termes. Aussi, il n’y a pas de boss Ă combattre, contrairement Ă la plupart des shoot’em up. En effet, Jeff Minter les considère comme une distraction, quelque chose qui vient rompre le rythme de jeu. Nous le confirmons : TxK n’a pas besoin de boss. Ce n’est pas que l’on s’en passe, mais plutĂ´t qu’on n’y pense pas. Paradoxalement peut-ĂŞtre, les niveaux bonus sont toujours de la partie (et, eux, ne cassent-ils par le rythme ?), dans des versions lĂ©gèrement remaniĂ©es, notamment le cĂ©lèbre Follow the green path. Pas de Flying the Bacon par contre… Dommage, c’Ă©tait notre prĂ©fĂ©rĂ©. La mĂ©canique de jeu est très simple et se rĂ©pète selon le mĂŞme schĂ©ma dans chaque niveau : on collecte des bonus qui dĂ©bloquent des capacitĂ©s (saut, droĂŻde alliĂ©, etc.), puis on perd tout pour le niveau suivant, afin d’obliger le joueur Ă renouveler la performance.
Une durée de vie qui dure!
Au total, cent niveaux sont proposĂ©s. Le challenge, bien vĂ©ritable, vient des ennemis, qui sont coriaces et qui prennent des formes toujours plus Ă©laborĂ©es. Le plus agaçant est certainement celui qui renvoie vos tirs tel un miroir… Certains niveaux difficiles vous feront perdre toutes vos vies. Puis, lorsque vous y reviendrez, l’expĂ©rience aidant, vous n’en perdrez plus qu’une pour le passer. On peut accĂ©der Ă chaque niveau dĂ©bloquĂ© Ă volontĂ©. Soit en recommençant le jeu Ă zĂ©ro, pour entrer dans la course du high-score maximal, soit en sĂ©lectionnant le niveau souhaitĂ©, et en tentant de battre le meilleur score prĂ©cĂ©demment enregistrĂ©. C’est bien pensĂ© et peu frustrant.
D’un point de vue strictement technique, on sent que Jeff Minter a voulu revenir Ă la raison avec ce TxK. Non seulement le titre est plus sobre que les prĂ©cĂ©dents opus, mais il est surtout plus lisible, grâce au superbe Ă©cran HD de la PS Vita. Le titre combine plusieurs techniques dĂ©jĂ vues dans les prĂ©cĂ©dents Ă©pisodes, comme le flot incessant de particules et le lissage total des pixels. Une belle rĂ©ussite, mĂŞme si la cerise sur le gâteau est la bande sonore, tripante et excitante Ă souhait, comme le fut celle de Tempest 2000 en son temps. Nous vous le disions en prĂ©ambule, des Ă©couteurs sont obligatoires pour pouvoir apprĂ©cier les sons de TxK. Noise Pulse, par exemple, est fantastique. Amateurs de musique Ă©lectronique racĂ©e, toujours dans ce fameux esprit nĂ©o-rĂ©tro, vous allez adorer ! A l’arrivĂ©e, nous ne nous plaindrons que d’une chose : les commandes manquent d’un tout petit peu de prĂ©cision. C’est une gĂŞne très minime, mais elle devait ĂŞtre soulignĂ©e.
TxK : Le Jeu de la PS Vita
Pour le reste, c’est du tout bon. Si vous avez envie de dĂ©couvrir autre chose, de dĂ©connecter de la rĂ©alitĂ© des heures durant avec un dĂ©fouloir absolument unique en son genre sur PS Vita, n’hĂ©sitez pas un seul instant. DĂ©boussolant, jouissif, les qualificatifs manquent pour dĂ©crire l’expĂ©rience TxK. Ce jeu est aussi l’aboutissement d’un dĂ©veloppeur vĂ©tĂ©ran, qui cumule plus de 30 annĂ©es d’expĂ©rience. Jeff Minter a appris de ses erreurs et nous livre une version quasi-parfaite d’un jeu dont le concept ne s’use pas avec le temps. Pour ne rien gâcher, le titre est proposĂ© au prix très doux de 6,99 euros dès sa sortie sur le PlayStation Store.