DĂ©veloppĂ©e par Coffee Stain Studios, la sĂ©rie Goat Simulator ne devait au dĂ©part mĂȘme pas exister. Parodie volontairement bourrĂ©e de bugs, le jeu dâorigine est finalement rĂ©ellement sorti en 2014, sous la pression de la communautĂ©. On y incarnait une chĂšvre invincible, dans un monde ouvert rempli de dĂ©fis idiots et dâun humour absurde. AprĂšs de multiples extensions et un rĂ©el succĂšs, dĂ©barque aujourdâhui le second (et non troisiĂšme) Ă©pisode.
Beau comme une biquette
Goat Simulator 3 sâouvre sur une parodie assumĂ©e (et franchement drĂŽle) de Skyrim, qui annonce la couleur. Le contexte nâaura toujours ni queue ni tĂȘte. Le principal but du jeu sera toujours de dĂ©bloquer des dĂ©fis ridicules et autres items dĂ©calĂ©s. Lâensemble repose sur lâidĂ©e de se payer une bonne tranche de rigolade vidĂ©oludique et de pop-culture, tout simplement.
Les actions de base de Goat Simulator 3 sont toujours prĂ©sentes : sauter, donner des coups de boule et attraper des objets en les lĂ©chant. Celles-ci sont un peu plus Ă©laborĂ©es, comme le coup de boule chargĂ© ou le vol de voiture façon GTA par exemple. Les objets permettant de booster les capacitĂ©s ou de sâĂ©quiper de nouvelles (planer, tirer des lasers, escalader les murs, tirer des feux dâartificeâŠ) sont Ă©galement lĂ©gion.
Au rayon des autres nouveautĂ©s, on trouve aussi la possibilitĂ© dâincarner dâautres personnages tels qu’un cochon, un squale, un poisson, un Ă©pouvantail, une girafe, un rhinocĂ©ros ou encore un homme banane. Chacun dâentre eux dispose de caractĂ©ristiques propres impactant directement le gameplay. Lâautre nouveautĂ© importante concerne l’intĂ©rĂȘt du multijoueur, mais nous y reviendrons.
Sherlock avec des cornes
Les diffĂ©rents dĂ©fis prennent la forme dâĂ©nigmes, trĂšs simples et souvent absurdes. Pour peu quâon apprĂ©cie ce genre dâhumour, ces challenges sont plutĂŽt rĂ©ussis. Par exemple, lâĂ©noncĂ© de « lâanniversaire de Philippe » est « personne ne va venir ». Une jolie surprise vous attend en apportant des invitĂ©s⊠De force.
Vous pourrez aussi « rĂ©parer la machine » de la scierie, en apportant des bĂ»cherons qui feront surtout office de conducteurs Ă©lectriques en se tenant la main. Il ne sera pas non plus facile dâĂ©chapper aux rayons lasers des voisines, aprĂšs leur avoir piquer un cupcake. Ni de trouver le cercle satanique cachĂ© derriĂšre les champs, pour y dĂ©poser trois Ă©pouvantails et les ressusciter.
Nous arrĂȘterons ici le spoil, mais retenez que ces « quĂȘtes » et les rĂ©fĂ©rences (Les Simpson, Ikea, Wolfenstein 3D, Assassinâs CreedâŠ) sont aussi drĂŽles que nombreuses. Le monde Ă explorer est rĂ©ellement trĂšs grand et bourrĂ© dâEaster Eggs.
Du cĂŽtĂ© de la rĂ©alisation, les graphismes consistent en une version upgradĂ©e de Goat Simulator premier du nom. Les musiques et bruitages sont agrĂ©ables, mais sont aussi trĂšs rĂ©pĂ©titifs. Ils font plus office dâhabillage quâautre chose. La maniabilitĂ© est trĂšs accessible, la « complexitĂ© » du titre Ă©tant surtout provoquĂ©e par ses bugs et son level-design incohĂ©rent.
Un peu fort de fromage
Il y a en pratique deux façons trĂšs diffĂ©rentes de jouer Ă Goat Simulator 3. Nous exclurons volontairement lâoption oĂč vous nâapprĂ©cieriez pas lâhumour ou le style du jeu, auquel cas vous ne seriez dĂ©jĂ plus en train de lire cet article.
La premiĂšre possibilitĂ© est de parcourir le jeu en solo. Lâhumour potache fonctionne et lâupgrade de la rĂ©alisation sont agrĂ©ables. Mais il faut bien reconnaĂźtre que passĂ©es les deux ou trois premiĂšres heures dâexploration et de dĂ©couverte, le fun retombe Ă plat trĂšs vite. Lâabsence de scĂ©nario et lâabsurditĂ© volontaire allant finalement Ă l’encontre un quelconque intĂ©rĂȘt Ă moyen terme du titre.
Dâautant que cette lassitude rapide nâest pas le seul problĂšme de Goat Simulator 3. Le titre est bourrĂ© de bugs. Alors certes, une bonne partie dâentre eux et notamment les glitchs contribuent Ă lâexpĂ©rience recherchĂ©e. Mais pas seulement : nous doutons par exemple que le fait de se retrouver parfois totalement bloquĂ© dans les menus, au moins de devoir relancer brutalement le jeu, soit rĂ©ellement voulu. A trente euros la bĂȘte, la pilule est alors trĂšs difficile Ă avaler.
Ensemble câest tout
Et puis, il y a le multijoueur, en coop local en particulier. Autant le dire tout de suite, nous pensons que Goat Simulator a Ă©tĂ© clairement pensĂ© pour ce cas de figure. La dĂ©couverte est beaucoup plus amusante Ă plusieurs, surtout que lâensemble des dĂ©fis sont rĂ©alisables en Ă©quipe.
Les sept mini-jeux prĂ©sents font parfaitement le job. Le golf dâobjets, « the floor is lava » ou encore le derby explosif pour ne citer quâeux auront tĂŽt fait de briser quelques amitiĂ©s. A noter que dans ce cas de figure, nous vous conseillons tout de mĂȘme de jouer sur trĂšs grand Ă©cran, surtout Ă partir de trois joueurs. Lâinterface Ă©tant assez petit et la visibilitĂ© plutĂŽt rĂ©duite.