"Un air ludique, un souffle épique, un vent geek"

Rogues Heroes : Ruins of Tasos, le test Switch

DĂ©veloppĂ© par l’équipe peu connue d’Heliocentric Studios et Ă©ditĂ© par le beaucoup plus cĂ©lèbre Team 17, Rogue Heroes : Ruins of Tasos a probablement de quoi vous surprendre. Sous ses petits-airs de Zelda: A Link to the Past, se cache en effet un jeu d’une complĂ©tude rare et terriblement addictif. On vous explique tout ça…

Crusader of Centy Remastered

Dès le lancement de l’aventure, l’hĂ©ritage artistique des A-RPGs des annĂ©es 90 (Zelda et Soleil en tĂŞte) saute aux yeux. En ce sens, Rogue Heroes : Ruins of Tasos ne fait pas particulièrement preuve d’originalitĂ©, mais exĂ©cute son art 2D nĂ©o-rĂ©tro avec brio. Les environnements sont tous très marquĂ©s et surtout variĂ©s, entre la ville, la forĂŞt, les marĂ©cages, la plage ou encore les inĂ©vitables temples. Les effets de perspective et de lumière sont toujours rĂ©ussis. L’animation est nerveuse, l’ensemble est très vivant. Et que dire des musiques, tout simplement Ă©piques, avec une mention spĂ©ciale de votre serviteur pour le thème des marais.

Du côté du scénario, on baigne dans le classique mais efficace. En des temps anciens, le pays de Tasos a été ravagé par une guerre interminable, alors attaqué par quatre Titans. A l’issue de terribles batailles, quatre déesses avaient réussi à les neutraliser. Néanmoins, les Titans se sont aujourd’hui réanimés et redeviennent menaçant. Les déesses appellent donc nos héros, votre héros, à la rescousse.

Rogue-RPG-Crafting-like

Dans son dĂ©roulement, Rogue Heroes : Ruins of Tasos mĂ©lange les genres. Au cĹ“ur du titre, vous aurez le droit Ă  un A-RPG bien ficelĂ©, assez profond et très complet. Le village central oĂą votre hĂ©ros Ă©volue nĂ©cessite de la gestion, de l’investissement et du crafting. Il vous sera mĂŞme possible d’y dĂ©velopper votre maison, d’y faire pousser un jardin, ou encore de pĂŞcher par exemple. A ce niveau, le jeu lorgne un peu du cĂ´tĂ© de Stardew Valley. Enfin, les mĂ©caniques de dĂ©veloppement des personnages et en particulier des donjons sont totalement de type Rogue-like. C’est-Ă -dire avec de multiples essais nĂ©cessaires pour dĂ©velopper son XP et pouvoir ĂŞtre vaincus, le tout dans des niveaux gĂ©nĂ©rĂ©s de manière procĂ©durale. L’exploration de la carte dĂ©bloque les zones les unes après les autres. Du die & retry, mais d’une difficultĂ© modĂ©rĂ©e tout de mĂŞme. De multiples raccourcis et tĂ©lĂ©porteurs ça-et-lĂ  Ă©vitent les aller-retours trop nombreux. Tout ceci s’enchaĂ®ne avec un sentiment de cohĂ©rence assez jouissif.

Au niveau du contenu, Rogue Heroes : Ruins of Tasos est loin d’être avare, et son aventure commencera par vous tenir en haleine pendant quinze Ă  vingt heures environ. Bien entendu, ce premier parcours intègre les temples en mode Rogue-like et quelques runs Ă  rĂ©pĂ©tition, qui savent ne pas ĂŞtre trop nombreux pour rester raisonnables. Mais surtout, le titre voit sa durĂ©e de vie dĂ©multipliĂ©e par deux Ă©lĂ©ments : de nombreuses classes (magicienne, voleur, archer, chevalier…) Ă  dĂ©bloquer impactant sensiblement le gameplay, et surtout la possibilitĂ© de parcourir l’ensemble de l’aventure Ă  2, 3 ou mĂŞme 4 joueurs. Une fois l’aventure terminĂ©e et si vous ĂŞtes accro, un mode « donjon sans fin Â» vous permettra d’y replonger encore et encore.

Un plaisir Ă  partager

De ce point de vue, encore une fois, l’exĂ©cution est parfaite. Les modes multi-joueurs sont possibles en ligne ou en local. Dans ce dernier cas de figure, l’écran zoome et dĂ©-zoome en permanence afin de bloquer le moins possible les joueurs, mĂŞme lorsqu’il prenne des directions diffĂ©rentes. Les mĂ©canismes et autres casse-tĂŞtes des donjons s’adaptent en fonction du nombre de participants dans la partie en cours. Chaque joueur dispose Ă©galement de sa propre sauvegarde. Dans les faits, il est donc tout Ă  fait possible de lancer le jeu en solo, de faire un bout de chemin et de booster quelques stats… Avant de rejoindre plus tard une partie en multi avec le mĂŞme personnage, les mĂŞmes stats, les mĂŞmes objets ramassĂ©s ou craftĂ©s un peu plus tĂ´t. Le sentiment d’appropriation et de dĂ©veloppement de « son Â» personnage est total, tout en ayant la possibilitĂ© de vivre cette aventure Ă©pique en famille ou entre amis.

Mais alors, que pourrait-on bien reprocher Ă  Rogues Heroes : Ruins of Tasos ? Très sincèrement, pas grand-chose. En pinaillant, nous pourrions dĂ©plorer les pics Ă©motionnels du scĂ©nario un peu trop mesurĂ©s. Les 3 ou 4 premières heures de jeu, alors que vos stats seront au plus bas Ă  tous niveaux et que les morts successives seront nombreuses, vous demanderont Ă©galement un peu d’abnĂ©gation. La difficultĂ© gĂ©nĂ©rale du jeu est inversement proportionnelle au nombre de joueurs dans la partie, le nombre d’adversaires ne changeant pas. Mais… C’est Ă  peu près tout. Et oui, que voulez-vous. On a bien cherchĂ©, mais ce jeu est gĂ©nial, tout simplement.

Avis sur
Heroes : Ruins of Tasos

Parfait

Mêlant les genres avec brio, doté de mécaniques de jeu solides et variées, le tout au milieu d’une direction artistique rétro maîtrisée de bout en bout et aussi plaisant en solo qu’en multi, nous manquerions de qualificatifs pour vous expliquer à quel point Rogues Heroes : Ruins of Tasos est simplement incontournable. L’un des meilleurs titres de 2021, tout simplement.

Mis Ă  disposition par l’Ă©diteur : Oui
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Angi

Né dans les Miel Pops, Ulysse 31 et les spirographes, ANgI- est un bon petit geek un poil rétro, mais pas que. Pas que car le présent a concrètement du bon vidéoludique à offrir à défaut de certitudes sur un avenir toujours incertain. Et pas que parce qu'au-delà des jeux vidéo, pas mal d'autres trucs l'intéressent tels que la culture nipponisante ou la technologie en général. Aujourd'hui, il a du mal à trouver sa place dans ce monde sans pitié où chaque comportement doit être codifié. Faux gamer devant l'éternel, ancien nerd doublé d'un otaku ou papa casual...? Ou peut-être un peu tout ça à la fois. Aujourd'hui, en matière de mobilité, la Nintendo Switch a ses préférences. Et soyons honnêtes jusqu'au bout, le smartphone aussi, un peu.