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On a testé la démo de ZERO PARADES: For Dead Spies

Chez Air Gaming, nous faisons rarement des retours sur des démos en dehors des salons. Il nous arrive cependant de faire des exceptions pour certains titres, et c’est le cas ici. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il s’agit du même studio que Disco Elysium, un jeu clivant que nous avions pourtant adoré. ZERO PARADES: For Dead Spies n’est pas la suite directe de son aîné. De profondes dissensions internes ont conduit à une séparation qui s’est même réglée devant les tribunaux. Nous nous retrouvons néanmoins face à un jeu assez similaire dans son approche : une aventure teintée de RPG, très orientée enquête policière et espionnage.

Un RPG « light »

Vous incarnez une espionne hantée par un échec passé. Réactivée pour une mission de la dernière chance, elle croisera inévitablement d’anciens compagnons d’armes. Une opération qui s’annonce bien plus complexe qu’elle n’y paraît… Toutes vos actions sont matérialisées par des jets de dés visibles à l’écran. Les gains d’expérience vous permettent d’augmenter vos compétences. Comme son prédécesseur, il s’agit donc d’un RPG relativement « light », qui emprunte davantage aux codes du jeu d’aventure narratif qu’au RPG traditionnel.

Quand la santé vacille, tout vacille

Trois jauges structurent votre état mental : Épuisement, Anxiété et Délire. Certaines actions ou interrogations trop poussées feront grimper ces indicateurs. Si l’une d’elles dépasse un certain seuil, une de vos compétences sera définitivement rétrogradée. À l’inverse, vous pouvez booster certains jets de dés, mais au prix d’une détérioration de votre équilibre mental. Heureusement, diverses substances (médicaments, cigarettes, alcool, etc.) peuvent être utilisées pour réduire (et accentuer) ces jauges. Cette mécanique de ZERO PARADES: For Dead Spies se révèle particulièrement intéressante : elle instaure une véritable tension dans les dialogues et confère à l’ensemble une dimension dramatique marquée.

La vie est faite de choix

Les développeurs annoncent que chacun de vos choix aura un impact direct sur le déroulement de l’aventure. En effet, plusieurs quêtes et sous-quêtes peuvent être résolues de différentes manières. Attention donc : tous les choix ou dialogues ne sont pas bons à tester. Comme l’indique le jeu, « en plus d’enquêter sur le passé, vous façonnez l’avenir ». À l’image de Disco Elysium, ce que vous affirmez sur vous-même peut devenir réalité, quitte à vous plonger dans les méandres de l’angoisse et de la dépression.

Parle et je te dirais qui tu es

On retrouve ici le côté « verbeux » de Disco Elysium, avec des dialogues denses et des descriptions toujours soignées. C’est d’ailleurs l’un des aspects les plus clivants du précédent titre : on adhère totalement… ou pas du tout. Personnellement, cela fonctionne sur moi. D’autant que la aussi la politique n’est jamais bien loin dans ZERO PARADES: For Dead Spies. L’organisation que vous représentez, incarnation d’une dictature prolétarienne, tente de contrer les visées expansionnistes d’un État fasciste et capitaliste. Pourtant, vous êtes loin de représenter le « camp du bien ». La ville elle-même reflète cette lutte idéologique permanente entre deux régimes autoritaires, dans une atmosphère qui évoque les grandes tensions géopolitiques du XXe siècle qui fait la part belle à tous les instruments de la domination: soft-power, corruption, assassinat ciblé, espionnage, etc.

Preview

ZERO PARADES: For Dead Spies s’inscrit comme l’héritier spirituel de Disco Elysium. Toujours aussi clivant, mais porté par de réelles ambitions, il enrichit sa formule de nouvelles mécaniques tout en conservant cette densité narrative si particulière. Une proposition exigeante, audacieuse, qui pourrait bien séduire les amateurs du premier opus en quête d’une expérience mature et sans compromis.

Mis Ă  disposition par l’Ă©diteur : Oui

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Pas d'anecdote

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Kuk

Type de joueur : Mauvais | Type de test : Bordélique Kuk s'est lié d'amitié avec le monde du jeu vidéo très jeune. En 1988, il possède son premier ordinateur, un Atari 1040 STF flambant neuf. Et Atari ne le quittera plus jamais… Durant les années suivantes, il s'intéresse tour à tour à la Nec GT, à la NeoGeo Pocket et à sa petite soeur, la déclinaison Color, qui le font rentrer dans le jeu vidéo portable. Passionné d’histoire et de littérature, il apprécie tout particulièrement les jeux de rôle et les jeux d’aventure. Il montre aussi beaucoup d'intérêt pour le travail fourni par les développeurs indépendants dont il se fait une spécialité. Dans tous les cas, il privilégie le fond à la forme.