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Mouse: P.I. For Hire : Mickey a sorti le flingue


Une souris qui a du plomb dans le fromage


Il y a des concepts qui se vendent tout seuls. Prenez un vieux cartoon des années 30, ajoutez une ambiance de film noir, donnez un imperméable à une souris détective, collez-lui un flingue dans les pattes, et vous obtenez Mouse: P.I. For Hire. Ou, pour faire plus simple : Steamboat Willie rencontre Doom après trois cafés serrés et une mauvaise nuit dans une ruelle de Mouseburg.
Développé par le studio polonais Fumi Games et édité par PlaySide Studios, Mouse: P.I. For Hire est sorti en 2026 sur PC, PS5, Xbox Series et Nintendo Switch 2. Derrière son apparence de dessin animé tout mignon se cache en réalité un FPS nerveux, plutôt old school, dans lequel Jack Pepper, détective privé à moustaches et voix grave, enquête sur une affaire qui sent rapidement moins le gouda que la corruption, les gangsters et les complots bien crasseux.
Bref, ne vous fiez pas trop aux grands yeux, aux gants blancs et aux petites animations rigolotes. Ici, la souris mène l’enquête au calibre lourd.


Un concept immédiatement séduisant

Le premier contact avec Mouse: P.I. For Hire est assez imparable. Visuellement, le jeu tape fort. Très fort. Son style noir et blanc façon animation rubber hose des années 30 fonctionne immédiatement. Les personnages rebondissent, les décors fourmillent de détails, les ennemis gesticulent dans tous les sens, et l’ensemble donne régulièrement l’impression de jouer dans un vieux cartoon interdit aux enfants trop sages.
Le jeu ne se contente pas de poser un filtre noir et blanc sur un FPS classique. Il assume vraiment son univers. Les armes, les animations, les bruitages, les mimiques, les décors, tout essaie de raconter ce monde absurde et poisseux où les souris fument, mentent, tirent, trahissent et meurent avec panache.
C’est clairement le plus gros point fort du jeu. Mouse a une gueule. Une vraie. Et dans une époque où beaucoup de productions se ressemblent un peu trop, c’est déjà beaucoup.


Un arsenal aussi absurde qu’inventif

Mouse: P.I. For Hire ne se contente pas d’aligner les armes classiques du FPS rétro. Oui, il y a bien le bon vieux shotgun qui fait parler la poudre, la Thompson qui transforme les ruelles en pluie de plomb ou encore le revolver de détective fatigué. Mais le jeu aime aussi partir dans des délires beaucoup plus cartoon.
Parmi les armes les plus marquantes, on retrouve notamment le Turpentine Gun, une sorte de dissolvant toxique qui liquéfie littéralement les ennemis dans une gerbe noir et blanche parfaitement grotesque. Une autre arme permet de geler les adversaires avant de les exploser façon vieux cartoon sadique du samedi matin. Le jeu multiplie aussi les gadgets improbables et les effets visuels délirants, avec ce mélange permanent entre violence old school et humour absurde.
Cette créativité, combinée à l’apparition progressive de ces armes au fil de l’aventure, aide énormément à maintenir le plaisir de jeu pendant les nombreuses fusillades de la campagne.

Une souris étonnamment agile


Au-delà des gunfights, Mouse ajoute aussi quelques idées de gameplay assez amusantes. Jack Pepper peut notamment utiliser sa queue comme une hélice improvisée afin de ralentir sa chute ou prolonger certains sauts. Oui, c’est idiot. Oui, ça fonctionne très bien.
Le jeu alterne ainsi entre combats nerveux, petites séquences de plateforme, exploration légère et recherche de secrets. Car Mouse adore cacher des bonus un peu partout dans ses niveaux. Passages secrets, figurines cachées à collectionner, zones planquées derrière des murs destructibles ou chemins secondaires, il y a régulièrement quelque chose à découvrir pour les joueurs curieux.
Le problème, c’est que tous ces bonus ne sont pas toujours passionnants. Les dix figurines cachées donnent surtout l’impression d’être là pour rallonger un peu artificiellement l’exploration, et certains mini-jeux, notamment autour d’un étrange jeu de cartes inspiré du baseball, peinent franchement à captiver sur la durée. Ce sont des petites distractions sympathiques, mais clairement pas des activités capables de voler la vedette aux fusillades principales.


Une ambiance au poil


Là où Mouse marque vraiment des points, c’est dans son ambiance. Le mélange cartoon, jazz, polar noir et violence absurde fonctionne très bien. Mouseburg a du caractère. On traverse des ruelles sombres, des docks, des laboratoires, des studios, des lieux plus étranges encore, avec ce sentiment agréable que les développeurs se sont bien amusés à tordre leur univers dans tous les sens.
Impossible d’ailleurs de parler du jeu sans évoquer sa bande-son. Le jeu baigne dans une ambiance jazz noir extrêmement réussie, entre clubs enfumés, saxophones mélancoliques et rythmes nerveux qui accompagnent parfaitement les fusillades. La musique fait énormément pour l’identité du jeu et participe largement au plaisir de jeu.
Le doublage participe aussi au charme général, notamment autour de Jack Pepper, détective fatigué mais pas encore prêt à raccrocher l’imper. Attention toutefois, les voix sont uniquement disponibles en Anglais, avec sous-titrage Français. Dans l’ensemble et à nouveau, ça contribue plutôt à l’ambiance recherchée, mais à noter.
Et c’est probablement là que Mouse réussit le mieux son pari : créer un univers cohérent, immédiatement reconnaissable, capable de séduire autant les amateurs de FPS rétro que les passionnés de vieux films noirs, de cartoons américains des années 30 ou simplement de directions artistiques originales.

Le fromage a quand même un petit goût de déjà-vu

Le problème, c’est qu’au bout de quelques heures, la magie visuelle ne suffit plus toujours à masquer la structure assez classique du jeu. Mouse: P.I. For Hire commence comme une vraie curiosité, presque comme une anomalie merveilleuse dans le paysage FPS. Puis, petit à petit, il redevient un boomer shooter assez traditionnel.
On entre dans une zone. On tire sur tout ce qui bouge. On ramasse de la vie et des munitions. On avance. On recommence. Puis on recommence encore.

Ce n’est pas mauvais, loin de là. Le gameplay reste solide. Mais la surprise s’émousse. Le jeu a beau changer de décor, ajouter quelques idées et sortir régulièrement une animation croustillante, la boucle principale devient assez prévisible. À mi-parcours, on comprend très bien ce que Mouse veut faire. Et on comprend aussi qu’il ne fera probablement pas beaucoup plus.
C’est un peu, sûrement, le paradoxe du jeu : il est extrêmement original dans sa forme, mais beaucoup plus sage dans son fond.


Un détective qui enquête surtout avec son chargeur

Le jeu promet une enquête, des indices, un mystère, une ville pleine de secrets. Et sur le papier, tout cela existe. Il y a une ambiance de polar, des dialogues, des éléments à relier, un tableau d’enquête, des personnages louches et une histoire qui prend de l’ampleur.
Mais dans les faits, l’enquête reste assez encadrée. On ne se sent pas vraiment comme un détective qui déduit, hésite, se trompe ou reconstruit une affaire par lui-même. On suit plutôt le fil prévu par le jeu entre deux fusillades. Jack Pepper est peut-être détective privé, mais sa méthode principale ressemble souvent à : tirer d’abord, poser les questions après, éventuellement fouiller les cadavres pour vérifier.
Ce n’est pas forcément un défaut rédhibitoire, car le jeu assume son côté action. Mais ceux qui espéraient un vrai FPS d’investigation risquent de rester un peu sur leur faim.

Une aventure généreuse… peut-être un peu trop

Avec une durée de vie oscillant entre 12 et 15 heures selon votre façon de jouer et votre envie de fouiller les niveaux, Mouse propose une campagne plutôt généreuse pour le genre.
Le problème, c’est que cette longueur finit parfois par jouer contre lui. La boucle de gameplay reste solide, mais certaines situations commencent à se répéter, surtout dans la seconde moitié du jeu. Là où les premières heures impressionnent constamment par leur fraîcheur et leur folie visuelle, la suite devient progressivement un FPS boomer plus classique.
Cela ne rend pas l’aventure mauvaise, loin de là. Mais on sent clairement que le concept extrêmement fort du départ perd un peu de son impact à mesure que le jeu étire sa formule.
Verdict : une souris qui mord, même si elle tourne parfois en rond
Mouse: P.I. For Hire est une très belle réussite d’ambiance. Visuellement superbe, drôle sans trop forcer, nerveux, généreux et porté par une direction artistique vraiment marquante, il mérite largement qu’on s’y intéresse. Sur PS5 (plateforme utilisée pour ce test), l’expérience est fluide, agréable, et permet de profiter pleinement de son univers sans trop de concessions.
Il ne faut simplement pas attendre de lui une révolution du FPS. Derrière son habillage exceptionnel, Mouse reste un boomer shooter assez classique, parfois répétitif, et un peu moins malin dans ses mécaniques d’enquête que son costume de détective pourrait le laisser croire.
Mais franchement, une souris en imperméable qui dégomme des gangsters dans un cartoon noir et blanc, ça ne se refuse pas si facilement.
Très bon

Notre Avis sur
Mouse: P.I. For Hire

★Génial★

Mouse: P.I. For Hire n’est pas parfait, mais il a une personnalité folle. Son ambiance cartoon noir, sa direction artistique superbe et son gameplay nerveux en font une aventure très plaisante, surtout pour les amateurs de FPS old school et de films noirs. Dommage que la formule s’essouffle un peu à mi-parcours et que certains bonus annexes peinent à vraiment passionner. Mais pour qui aime les jeux avec une vraie gueule, du rythme et une bonne dose de folie, cette souris mérite clairement son morceau de fromage.

Testé Sur

Quels sont les thèmes autour de Mouse: P.I. For Hire?

Qui sont les Auteurs et l'éditeur de Mouse: P.I. For Hire?

Peut-on jouer à 2 joueurs ou en Duo à Mouse: P.I. For Hire?

Mis à disposition par l’éditeur : Oui

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Pas d'anecdote

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La Team

Nées dans les années 80, les auteurs de Air-Gaming ont pu tour à tour découvrir les joies de d'Amstrad, Amiga, Atari, puis des consoles de salon même une Neogeo CDZ. Certains ont passé leurs années 2000 avec la Lynx, la Dreamcast, ou la Neogeo Pocket. Pire, ils ont eu pour la plupart une GP32... Ils sont ex-rédacteurs d'un site en ligne spécialiste des consoles portables ou consultant dans la vraie vie. Mais cette passion leur fit fonder Air-Gaming. Aujourd'hui, liberté d'expression et discussion ouverte sont ses leitmotivs.