Arkham Noir : L’Appel du Tonnerre, deuxiĂšme affaire de la sĂ©rie signĂ©e Yves Tourigny, est un jeu solo inspirĂ© des rĂ©cits inquiĂ©tants de H.P. Lovecraft. Conçu pour un joueur de 14 ans et plus, ce jeu d’enquĂȘte propose une expĂ©rience de 30 minutes environ, oĂč l’on est plongĂ© dans une ambiance sombre et torturĂ©e, fidĂšle Ă l’univers du mythe de Cthulhu.
Un contexte lovecraftien et une ambiance immersive
Dans L’Appel du Tonnerre, l’intrigue puise son inspiration dans les nouvelles de Lovecraft, Le Journal d’Alonso Typer et La Peur qui rĂŽde. LâatmosphĂšre est magnifiquement rendue par une direction artistique en noir et blanc, avec des illustrations griffonnĂ©es qui contribuent Ă l’aura de malaise propre aux rĂ©cits dâArkham. Avec seulement 69 cartes et un feuillet de rĂšgles, lâensemble tient dans une petite boĂźte â mĂȘme si pour la glisser dans une poche, il vous faudra une poche de bonne taille.
Un gameplay qui se veut intellectuel, mais complexe
Le but du jeu est simple en apparence : rĂ©soudre une affaire en rassemblant cinq indices sous forme de cartes puzzle. Pour y parvenir, on crĂ©e des « files d’enquĂȘte » en ajoutant des indices au fur et Ă mesure, tout en surveillant de prĂšs sa stabilitĂ© mentale et le temps restant. LâidĂ©e est de faire les bons choix pour Ă©viter une issue fatale Ă lâenquĂȘte. Le problĂšme vient de la mise en place et de la rĂšgle du jeu. Si lâon peut saluer la complexitĂ© apparente du systĂšme, la notice semble ĂȘtre rĂ©digĂ©e pour des joueurs chevronnĂ©s et exige une patience de fer pour bien saisir les mĂ©caniques. La complexitĂ© de cette notice la rend peu accessible, ce qui nuit Ă lâexpĂ©rience globale.
Une fois cette rĂšgle maĂźtrisĂ©e (aprĂšs un « bac +122 » en logique ludique), on dĂ©couvre un gameplay qui sâapparente davantage Ă une sorte de rĂ©ussite ou de jeu de dominos sophistiquĂ©, oĂč il faut faire correspondre les icĂŽnes des indices aux crimes en cours. Par exemple, pour un crime liĂ© Ă une loupe, il vous faudra une carte indice avec un logo de loupe ou un joker. Si aucun indice appropriĂ© nâest disponible, celui-ci tombe dans des fosses (de temps ou de stabilitĂ© mentale) qui vous rapprochent de lâĂ©chec.
Des mécaniques de jeu répétitives
Si la direction artistique captive et qu’on apprĂ©cie le soin portĂ© Ă l’ambiance, le gameplay finit par sembler un peu rĂ©pĂ©titif et fastidieux. On passe dâune riviĂšre dâindices Ă une autre, en voyant les cartes mais en ne pouvant piocher que la premiĂšre. Le jeu impose une anticipation stratĂ©gique, mais la mĂ©canique de jeu se rĂ©sume rapidement Ă une sĂ©rie de choix limitĂ©s. Et si vous ne parvenez pas Ă rĂ©soudre l’affaire, votre stabilitĂ© mentale en prend un coup, et vous perdez.
Pour certains, ce niveau de complexitĂ© dans le dĂ©tail pourrait paraĂźtre stimulant ; pour dâautres, cela s’apparente Ă un exercice fastidieux oĂč la subtilitĂ© des rĂšgles ne rend pas la rĂ©compense particuliĂšrement gratifiante. En fin de compte, on finit par rĂ©aliser que sous le vernis lovecraftien, L’Appel du Tonnerre sâavĂšre ĂȘtre un jeu qui repose sur une mĂ©canique somme toute assez basique, qui pourrait ĂȘtre comprise par un jeune enfant s’il n’Ă©tait pas alourdi par ses rĂšgles incomprĂ©hensibles.
Difficulté élevée, rejouabilité limitée
La difficultĂ© est lĂ , sans aucun doute. Ce jeu s’adresse aux experts, car il est non seulement ardu, mais aussi impitoyable. Cependant, la satisfaction une fois la partie achevĂ©e est en demi-teinte. MalgrĂ© une promesse de rejouabilitĂ©, il est peu probable que lâon se prĂ©cipite pour relancer une partie aprĂšs avoir terminĂ© lâenquĂȘte â ou mĂȘme aprĂšs avoir perdu. Le dĂ©fi Ă©tant dĂ©jĂ extrĂȘme, une fois le jeu « rĂ©solu », la volontĂ© dây revenir nâest pas forcĂ©ment au rendez-vous.
D’autres articles
- Murder Mystery Machine, le test sur Switch
- Professeur Layton et l’Appel du Spectre, le test sur DS
- Dredge, le test sur Switch
- Danganronpa Trigger Happy Havoc The Animation mais en Manga, l’avis
- Event de lancement pour The Sinking City