"Un air ludique, un souffle épique, un vent geek"

The Princess Guide, le test sur PlayStation 4

The Princess Guide est le jeu qui va vous faire regretter amèrement la disparition des manuels. Vous savez, ces petits livrets qui accompagnaient tous les jeux vidéo il y a quelques années encore et qui étaient susceptibles de nous donner de précieuses indications sur le déroulement d’un jeu, sur des options cachées ou sur un scénario un peu trop touffu. Sacrifiés sur l’autel de l’écologie, nous ont expliqué les éditeurs, faisant fi de l’invention de papier recyclé…

Pourquoi ce petit coup de gueule ? Parce que durant les premières heures de jeu dans The Princess Guide, on ne comprend pas grand-chose. Passons rapidement sur l’introduction aux dialogues totalement dĂ©cousus. C’est tout juste si l’on comprend que l’on va devoir guider tour Ă  tour des petites princesses braillardes (quatre) pour reconquĂ©rir on ne sait trop quoi, en affrontant des hordes de monstres.

« Ceux qui ont déjà joué à Penny Punching Princess vont grincer des dents face à autant de paresse »

Recyclage Inside

Concrètement, The Princess Guide revĂŞt l’aspect d’un action-RPG en 2D, vraiment portĂ© sur l’action pure et dure, en fait. Un jeu qui nous fait d’ailleurs mĂ©chamment penser Ă  un autre, du mĂŞme dĂ©veloppeur et Ă©diteur, Nippon Ichi Software. Mais oui, c’est bien ça ! The Princess Guide ressemble terriblement Ă  Penny Punching Princess (lire notre test sur PS Vita). Le style est très proche, mais pas seulement : une incroyable quantitĂ© d’assets (Ă©lĂ©ments) graphiques ont Ă©tĂ© purement et simplement recyclĂ©s. Cela va des monstres prĂ©cĂ©demment Ă©voquĂ©s, aux dĂ©cors, sans oublier les nombreux pièges qui Ă©maillent les niveaux.

Ceux qui ont déjà joué à Penny Punching Princess vont grincer des dents face à autant de paresse, c’est sûr. Pour les autres, ça ira, car The Princess Guide est plutôt joli, ou plutôt kawaï avec son style purement nippon. Il y a mêmes quelques effets de transparence originaux qu’on n’a pas trop l’habitude de voir dans les autres jeux du genre. Avec quelques (rares) ralentissements à la clé. Eh oui, même sur une PS4 Pro (The Princess Guide existe aussi sur Nintendo Switch, version non testée).

L’un des rares points positifs du jeu : les combats

Revenons au nĹ“ud du problème : on ne sait vraiment pas ce que l’on fait. On dĂ©place ses troupes (six unitĂ©s guidĂ©es par une princesse ou un gĂ©nĂ©ral que l’on pourra recruter) sur une carte, pas bien grande. Les combats peuvent prendre deux formes : une simple arène lorsqu’on rencontre un groupe de monstres lors de ses dĂ©placements, ou un niveau complet lorsque la rencontre se produit au niveau d’une ville.

Dans le premier cas, c’est pliĂ© en 1 Ă  2 minutes, dans le second c’est plus long, comme si vous exploriez un donjon. Mais le level design est extrĂŞmement paresseux et de ce point de vue, on s’ennuie ferme. Alors on se concentre sur l’un des rares points positifs du jeu : les combats : c’est pĂŞchu, chaque princesse dispose de son arme blanche de prĂ©dilection et son lot de pouvoirs magiques. Ça s’enchaine vraiment bien. Mais lĂ  encore, on se rend compte que l’on va faire la mĂŞme chose des (dizaines) d’heures durant.

Et puis Ă  ce stade, ce qui nous turlupine vraiment, c’est que l’on n’a toujours pas compris sur système d’évolution des personnages. On dĂ©bloque des compĂ©tences, en remplissant certaines conditions (actions). Par exemple en tuant certains monstres. Ou en fĂ©licitant/engueulant sa princesse durant les dialogues. Mais rien Ă  faire, les stats ne dĂ©collent toujours pas. Ce n’est que vers la sixième heure de jeu que l’on fini par avoir une rĂ©vĂ©lation : les compĂ©tences dĂ©bloquĂ©es en effectuant certaines actions, bien que listĂ©es, ne sont pas acquises. Il faut les Ă©quiper les unes après les autres, puis remplir Ă  nouveau certaines conditions prĂ©cises, pour les maĂ®triser. Ceci fait, il faut les utiliser (consommer) pour passer, enfin, Ă  la phase de level up. Un brin tordu tout ça et, vu que toute l’évolution des personnages repose lĂ -dessus, on se retrouve souvent contraint de refaire encore et encore les mĂŞmes missions pour enfin dĂ©bloquer certaines choses. Autre curiositĂ© Ă  relever : vous ne pourrez collecter qu’un seul type d’objet rĂ©ellement utile : des armes. Armes qui dĂ©termineront vos points d’attaque, mais aussi de… dĂ©fense. En plus de 30 ans de gaming, je crois ne jamais avoir vu une telle bizarrerie.

Un jeu très court

Ce cĂ´tĂ© confus et rĂ©pĂ©titif est l’arbre qui cache la forĂŞt, ou plutĂ´t la rĂ©alitĂ© : The Princess Guide est extrĂŞmement court. Comptez Ă  peu près 8 heures de jeu pour terminer l’aventure avec une princesse. Après, histoire de gonfler artificiellement la durĂ©e de vie, vous pourrez recommencer le jeu pour obtenir une meilleure fin (trois fins en tout par princesse, soit 12 au total). Quelles sont les conditions Ă  remplir ? DĂ©couvrir de nouvelles zones, effectuer d’autres choix cruciaux au cours de l’aventure ? Que nenni : il faut veiller Ă  ne pas dĂ©passer un certain niveau de stats pour chaque fin. C’est totalement idiot et ne procure absolument aucun, et je dis bien, aucun plaisir en matière de replay value. Les chasseurs de trophĂ©es sur PlayStation 4 en seront pour leurs frais : pour dĂ©crocher le Platinum, il faudra recommencer autant de fois le jeu. Au minimum, puisqu’à peu près tous les trophĂ©es peuvent ĂŞtre ratĂ©s en cours de jeu !

Nous avons joué sur une PlayStation Pro, mais le jeu est disponible aussi sur Nintendo Switch.

Avis sur
The Princess Guide

Ennuyeux

The Princess Guide n’est pas une catastrophe, mais il est indéniablement ennuyeux, peu inspiré et très brouillon. D’ailleurs, ce manque de clarté fait que l’immense majorité des joueurs abandonne dès les deux premières heures : le système de trophées et ses statistiques nous indique que seulement 26 % des possesseurs du jeu ont battu le premier boss. Le dernier ? 9%. CQFD.

Mis Ă  disposition par l’Ă©diteur : Oui

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Pas d'anecdote

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Olivier B.

Olivier en 5 ans n'a pas encore réussi à m'écrire sa bio, comme je le connais "un peu", je vais me permettre de le faire à sa place. Olivier est un vieux joueur, comprendre par là qu'il a connu l'ère bénit des années 80, de l'accélération de la puissance, des graphismes et aussi du gameplay. Il est aussi le seul vrai journaliste de la team, ayant exercé pendant de nombreuses années dans des magazines que vous avez lu. Forcément un collectionneur, mais surtout parce qu'il ne supporte pas les problématiques contractuelles (la location comme il l'appelle) liées aux achats numériques. Il est amoureux de la Jaguar et de la PS Vita mais vous le trouverez désormais sur Switch et PlayStation 4.