Les jeux indés sont souvent encensés pour leur créativité, et sur Switch, véritable terre promise du genre, ils pullulent à foison. Des pépites inoubliables y sont dénichées… tout comme d’innommables bouses, il faut bien l’avouer. L’appel du sprite aguicheur reste difficile à ignorer, et lorsque Moons of Darsalon a défilé sous mes yeux, la nostalgie de Lemmings a été instantanément réveillée. Alors, cri du coeur ou coup de gueule ?
Seul sur Darsalon
Dans Moons of Darsalon, une équipe d’astronautes s’est égarée sur les lunes hostiles de la planète Darsalon. À chaque niveau, des objectifs précis sont définis : sauver ces aventuriers égarés et les guider jusqu’à la station de base. Mais bien sûr, le parcours est semé d’embûches, et c’est là que tout le sel de l’aventure se révèle. Entre obstacles imprévus et stratégies à peaufiner, chaque mission devient un défi mais surtout une réflexion ou votre cerveau sera mis à l’épreuve.
L’Ă©toffe des hĂ©ros
Ce qui avait immĂ©diatement captivĂ© mon attention, c’était cet univers foisonnant de dĂ©tails, parfaits pour le rĂ©trogamer que je suis. Tout d’abord, on dĂ©couvre un astronaute Ă mi-chemin entre Pikmin et Lemmings. D’autre part, les dĂ©cors, mĂ©ticuleusement travaillĂ©s, offrent une profondeur saisissante, tandis que les arrière-plans lunaires comptent parmi les plus somptueux que j’ai jamais observĂ©s. Cette exploration spatiale, portĂ©e par une palette de couleurs restreinte (mais un peu trop sombre) rends la navigation complexe sans la carte du niveau. Pour les puristes du rĂ©tro, un filtre CRT façon Ă©cran cathodique ajoute une touche d’authenticitĂ© rappellant les grands jeux des annĂ©es 90. En terme de patte graphique, le jeu tutoie l’excellence, malgrĂ© un lĂ©ger faux pas du cĂ´tĂ© des ennemis, dont le design rappelle vaguement de pâles copies des grenouilles de Battletoads. Enfin, mention spĂ©ciale Ă la bande-son 8 bit, qui s’intègre parfaitement Ă cette odyssĂ©e, et au doublage du hĂ©ros, insufflant un charme tout droit venu des micro ordinateurs des annĂ©es 80. CĂ´tĂ© direction artistique, c’est presque un sans-faute.
Armageddon
Le gameplay de Moons of Darsalon évoque différents classiques selon les générations : Lemmings pour les plus anciens, L’Odyssée d’Abe pour les trentenaires, et Pikmin pour les plus jeunes. L’objectif est simple : retrouver les rescapés et leur donner des ordres pour qu’ils atteignent la base. En théorie, leur intelligence artificielle devrait faciliter la tâche, mais en pratique, le chaos s’installe rapidement. Si suivre des instructions sur un terrain plat ne pose aucun problème, les passages escarpés transforment l’expérience en un véritable calvaire. La commande « suivre », notamment pour les sauts, fonctionne de manière aléatoire, brisant totalement le rythme du jeu. Résultat : des actions simples prennent parfois des heures sans explication, laissant une frustration immense. Ce défaut majeur pénalise fortement l’ensemble, gâchant un potentiel pourtant prometteur.
Fly me to the moon
MalgrĂ© ce dĂ©faut majeur, Moons of Darsalon propose un gameplay variĂ© et ingĂ©nieux qui mĂ©rite d’être soulignĂ©. L’exploration passe par la recherche d’outils essentiels, comme une lampe pour progresser dans l’obscuritĂ©, un pistolet pour crĂ©er des plateformes, ou encore un jetpack permettant de s’élever dans les airs. L’ajout de vĂ©hicules spatiaux apporte Ă©galement son lot de moments mĂ©morables, notamment avec le gros camion, oĂą la gestion des dĂ©nivelĂ©s et de l’accĂ©lĂ©ration devient un vĂ©ritable dĂ©fi, souvent hilarant. L’ensemble offre une expĂ©rience riche et fun, mĂ©langeant plusieurs mĂ©caniques avec brio. Malheureusement, ces qualitĂ©s sont gâchĂ©es par les bugs de l’IA, rendant la progression frustrante. Une fois ces problèmes corrigĂ©s, je n’ai aucun doute qu’il deviendra un excellent jeu Ă dĂ©couvrir, mais pas aujourd’hui malheureusement.