The Caligula Effect: Overdose est une version amĂ©liorĂ©e d’un RPG sur PS Vita du nom de The Caligula Effect, sorti au Japon en 2016 (2017 en Occident). Le titre a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par le studio Aquria, connu pour la sĂ©rie de jeux dĂ©rivĂ©s de Sword Art Online. The Caligula Effect: Overdose, lui, fut dĂ©veloppĂ© en complĂ©ment par FuRyu Historia et sortit en 2018 au Japon sur PS4, Switch et Windows (puis 2018 en Occident) avant que ne nous arrive une version PS5 en 2023.
The Caligula Effect: Overdose se prĂ©sente comme un « Persona like » (dans le style Ă©tabli depuis le 3). Autrement dit, vous alternerez entre des phases sociales et de l’exploration de donjons avec des monstres surrĂ©alistes Ă Ă©liminer sans remords.
Au demeurant, l’Ă©quipe Ă©tant constituĂ©e de plusieurs anciens des Ă©quipes Persona et Megami Tensei, l’influence devient alors Ă©vidente; par exemple, Tsukada Masuko, le compositeur, avait collaborĂ© Ă la sĂ©rie Megami Tensei. Vous comprenez dès le dĂ©but que la ville et le lycĂ©e que vous intĂ©grez sont issus d’un monde virtuel. Celui-ci est composĂ© de personnages fictifs et de quelques « psychĂ©s » de personnages rĂ©els. Ces dernières ont Ă©tĂ© extraites de notre monde par une IA empathique, pour leur Ă©viter de vivre une expĂ©rience traumatisante. Ă€ vous de mener la rĂ©bellion des personnes voulant s’extraire de cette prison dorĂ©e…
Une version qui propose une nette amélioration graphique
Indiscutablement, la version PS5 de The Caligula Effect: Overdose propose une refonte graphique de qualitĂ©. C’est surtout vrai dans les dĂ©cors et les illustrations des personnages qui apparaissent lors des dialogues, prĂ©sentĂ©s, comme dans Persona, Ă la manière des VN (Visual Novel, les fictions plus ou moins interactives qui sont un pilier du gaming Japonais, NdlR), mais avec les modèles 3D du jeu.
Les nombreuses limitations qu’on avait relevĂ©es dans la version Switch ne sont pas prĂ©sentes: les nombreux ralentissements, mais aussi le rendu un peu baveux des zones d’explorations / combat. On a maintenant des textures assez nettes.
Vu l’Ă©cart de puissance entre les deux consoles, ces amĂ©liorations sont presque Ă©videntes. Il faudrait surtout comparer les diffĂ©rences entre la version PS4, que nous n’avons malheureusement pas testĂ©e, et cette version PS5.
Mais qui ne masque pas l’anciennetĂ© du titre
La relève au niveau graphique ne peut gommer l’anciennetĂ© du jeu original. C’est bien sĂ»r bien visible dans les donjons qui ne sont qu’une suite de couloirs. On peut cependant y trouver une certaine satisfaction, avec un petit cĂ´tĂ© exploration et recherche de bonus. Les dĂ©veloppeurs ont d’ailleurs surjouĂ© cette carte avec des « coffres » gardĂ©s par des ennemis souvent trop puissants. La finalitĂ© est de vous faire revenir dans les anciens donjons une fois mieux armĂ© et prĂ©parĂ© ou lors d’une partie en New Game Plus.
Mais cette ancienneté est particulièrement criant dans les scènes de dialogue avec les PNJ (personnages non joueurs). Celles-ci utilisent le moteur du jeu, avec des visages ayant des expressions digne de poupées de chiffons…
Plus de vide…
Entre la version PSVita de The Caligula Effect et sa version Overdose, de nouvelles fonctionnalitĂ©s ont Ă©tĂ© rajoutĂ©es. C’est notamment le cas de discussion avec les personnages non joueur qui pullulent dans ce monde virtuel. On doit les aborder trois fois quand on les croise, puis on a accès Ă un tchat privĂ© sur un rĂ©seau social. Cette fonctionnalitĂ© n’apporte pas grand-chose. Sinon la possibilitĂ© d’enclencher des quĂŞtes secondaires vides de tout intĂ©rĂŞt, si ce n’est vous proposer encore davantage combat, et ça, c’est encore ce que le jeu propose de mieux.
Le jeu propose 9 personnages majeurs et on peut avoir jusqu’Ă 4 personnages dans son Ă©quipe. Au fur et Ă mesure que vous Ă©voluez dans l’histoire, de plus en plus de personnages (dont les principaux) vous rejoindront et vous pourrez les sĂ©lectionner et composer ainsi votre Ă©quipe pour les phases de donjon. Plus vous combattez avec un coĂ©quipier plus sa jauge d’amitiĂ© augmentera. Si elle est Ă son maximum, les phases de repos vous permettent de sociabiliser avec eux. Vous aurez ainsi accès Ă leurs histoires aux drames qui les ont conduit dans ce monde. Ă€ partir du niveau 2 d’association (l’Ă©quivalent en moins sophistiquĂ© des liens sociaux de Persona depuis le 3, qui monte Ă force de discuter), on peut recruter les PNJ pour qu’ils nous accompagnent dans nos expĂ©ditions, et il faut en recruter certains pour en dĂ©bloquer d’autres. Ces Ă©changes vous donnent Ă©galement accès Ă de nouvelles attaques donc de nouveau combos.
Un système de combat très bien pensé
The Caligula Effect: Overdose est un sous-Persona avec un système de combat particulièrement bien pensĂ©, qui emploie combat au tour par tour approfondi par un système stratĂ©gique Ă base de synergies entre les attaques. En effet, vos attaques se combinent entre vos combattants. Vous devez donc organiser une sĂ©rie d’attaques pour optimiser votre tour, avec heureusement un aperçu de ce que cela peut donner avant de valider vos choix, pour Ă©viter d’y aller Ă tâtons.
Par exemple, vous attaquez un adversaire, avec un de vos combattants qui va casser sa dĂ©fense, votre attaquant suivant enclenche un coup qui l’envoie dans les airs, le troisième utilisa alors son attaque anti-aĂ©rienne et le quatrième une attaque au sol, chacune bĂ©nĂ©ficiant Ă©videmment du positionnement induit par la prĂ©cĂ©dente.
Évidemment, vous avez des chances de réussite plus ou moins importants, selon vos adversaires, votre équipement et votre niveau. Ce système de synergies encourage la réflexion et la planification et participe grandement au plaisir de jeu dans les donjons.
Un scénario basique, mais un bon travail sur les personnages
Le scĂ©nario est assez plat, linĂ©aire et sans grande originalitĂ©, surtout au vu de la production des 20 dernières annĂ©es au Japon dans les jeux et fictions sur les univers virtuels, les IA conscientes et ainsi de suite. Au plus un Ă©lĂ©ment scĂ©naristique arrive-t-il assez rapidement, vous permettant de voir le point de vue des deux factions qui s’opposent, mais ceci, bien qu’assez intĂ©ressant, n’est pas vĂ©ritablement exploitĂ©.
Ce n’est pas le cas des personnages qui vous accompagnent, qui eux sont assez bien Ă©crits et bĂ©nĂ©ficient de profondeur. C’est surtout vrai pour les traumas et les histoires qui les animent, dont je prĂ©fère vous rĂ©server la surprise. Très sombre et adulte de ce point de vue avec un accent particulier sur la psychologie et la psychosociologie, c’est encore ce qui vous motivera le plus et qui vous fera continuer, en sus de la satisfaction d’un bel enchaĂ®nement en combat. Il convient de prĂ©ciser que le scĂ©nario et les dialogues sont de Tadashi Satomi, qui avait travaillĂ© sur les trois premiers Persona (Revelations et les deux Persona 2: Innocent Sin et Eternal Punishment).
En somme, si la structure des donjons est assez basique, l’histoire gĂ©nĂ©rale pas forcĂ©ment très originale (certains des Ă©lĂ©ments narratifs rappellent certains arcs de Sword Art Online et la trame est assez ordinaire) et le gameplay relativement convenu et mĂ©canique (nonobstant l’excellent système d’enchaĂ®nement d’actions), Ă savoir l’alternance donjons/base et socialisation, c’est surtout la qualitĂ© de l’Ă©criture des dialogues qui fait que Caligula Effect Overdose mĂ©rite qu’on lui accorde une chance, secondĂ©e par le plaisir de voir un plan se dĂ©rouler sans accroc pendant les combats.
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