Un jeu vidéo Mickey sur console portable, cela n’était pas arrivé depuis bien longtemps. Afin de coller à certaines contraintes techniques, nous aurions pu voir débarquer sur PS Vita l’équivalent de la version 3DS d’Epic Mickey: Power of Illusion. Mais il en fut décidé autrement par le studio Junction Point Studios, en charge de ce développement. C’est donc avec joie que nous ouvrons le livre d’histoire d’Epic Mickey 2 : Le retour des héros (en anglais : The Power of Two). Un joli conte de fée ?
Epic Mickey : Le retour des hĂ©ros, c’est la suite directe d’Epic Mickey sur Wii. Si vous n’y avez pas jouĂ©, nous vous pardonnons. Après tout, comme nous, vous ĂŞtes des joueurs nomades. Dans le cas contraire, vous ne serez pas surpris de retrouver le Monde de la DĂ©solation et ses personnages grisonnants tous inspirĂ©s des contes de Disney en version un peu plus trash. Le jeu commence par une cinĂ©matique oĂą vous rencontrerez les divers protagonistes de l’histoire que sont Oswald – le lapin muni d’une tĂ©lĂ©commande -, Mickey – la souris Ă©quipĂ©e d’un pinceau – et le Savant Fou (que l’on a vu pour la première fois dans l’histoire vidĂ©oludique dans le jeu Mickey Mania) revenu pour faire amende honorable et aider les toons Ă lutter contre un très prochain cataclysme.
On saluera la performance de traduction des textes mais aussi des chansons pour un résultat plus que correct dans un jeu vidéo. Le seul bémol concerne la compagne d’Oswald qui possède une voix… criarde. C’est donc en poussant la chansonnette que la Savant Fou vous suppliera de l’accompagner pour sauver le monde. Oswald accepte les réticences de sa tendre lapine. Très vite, Oswald appellera à l’aide Mickey qui, toujours là pour prêter main forte, se téléportera dans le château de Fantasia pour récupérer le pinceau magique. Après quelques déboires dans ce château, il part dans le Monde la Désolation afin de tout réparer.
Mickey se baladera dans un « D.C.M. », bâtira les gares du monde afin de remettre en marche des projecteurs : on ne moque pas, les projecteurs c’est le truc important du jeu. Cela ne parait pas très clair, c’est normal : le déroulement de l’histoire est découpé (pour ne pas dire haché) en très grosses mailles. Résultat : on se balade un peu dans le monde sans vraiment comprendre ce que l’on doit faire. Et cela malgré les explications de votre « gremlin » qui sont trop succinctes. Petit tacle à la documentation qui est juste honteuse. On sent qu’en 2013, une documentation c’est has been pour les développeurs ! Mais rappeler les commandes pour utiliser un pouvoir, c’est tout de même un minimum. A priori, les développeurs ont prévu le coup, puisqu’en première page du document, vous aurez un avertissement selon lequel ce qui a été indiqué leur paraissait « exhaustif »… L’humour ne pardonne pas tout.
Enfin passons sur ces points purement scĂ©naristiques et didacticiels pour entrer dans le cĹ“ur du jeu. Epic Mickey : le Retour des HĂ©ros, c’est avant tout un jeu de plates-formes en 3D. Certes, le jeu se permettra quelques incursions dans le monde de la plate-forme 2D pour le cĂ´tĂ© rĂ©tro. Mais globalement, on reste dans la 3D avec des mondes fermĂ©s en zones un peu comme dans un Super Mario 64. La particularitĂ© de cet opus, c’est les pouvoirs de vos personnages. Mickey, grâce Ă son pinceau, pourra effacer ou reconstruire des parties du monde. Grâce Ă ce pouvoir principal, il pourra rĂ©soudre des Ă©nigmes, atteindre des points inaccessibles et combattre les mauvais toons. D’autres pouvoirs s’ajouteront Ă la palette de notre rongeur pour ralentir le temps ou encore faire lĂ©viter des objets. Quant Ă Oswald il ne sera jouable que par le deuxième joueur en coopĂ©ration. Par dĂ©faut l’intelligence artificielle le prendra en charge. Celui-ci peut actionner avec sa tĂ©lĂ©commande des mĂ©canismes Ă©lectriques ou attaquer les ennemis. Et ses oreilles, Ă l’instar d’un Rayman, lui permettront de planer afin de passer les prĂ©cipices. Grâce Ă cette « A-Team » de toons, vous aller pouvoir aider les nombreux personnages secondaires que vous rencontrerez. MĂŞme un Dingo robotique est de la partie. A vous les quĂŞtes principales et secondaires, ainsi que les centaines de choses Ă collectionner. On peut dire que le jeu est riche en Ă©lĂ©ments Ă trouver – pin’s, costumes, pièces de musĂ©es, etc. – et la difficultĂ© des trophĂ©es associĂ©s s’en ressent. De ce point de vue, vous en avez pour des dizaines d’heures de jeu, pour peu que vous accrochiez Ă la mĂ©canique.
La mĂ©canique du jeu, justement, nous n’en avions pas encore parlĂ©. Nous vous le disions, vous serez plongĂ© dans des zones de jeu dĂ©limitĂ©es, occupĂ© Ă rĂ©soudre quĂŞtes principales ou secondaires. L’originalitĂ© du titre rĂ©side dans le fait qu’il n’y ait pas qu’un seul chemin pour rĂ©ussir une mission donnĂ©e. Je vous donne en exemple la première mission. Allez dans le D.C.M. Deux mĂ©thodes vous sont proposĂ©es. La première consiste Ă amasser 50 bouts de ferraille, la seconde Ă trouver un passage secret derrière un mur, qu’on fera disparaitre en appliquant du dissolvant avec le pinceau. Certes, l’idĂ©e est louable – enfin du choix dans un jeu de ce genre -, mais par contre, nous avons passĂ© plus d’une heure Ă trouver la deuxième solution. Le jeu ne donnant aucune indication, ni mĂŞme de rappel sur les indices que vous avez pu obtenir. Pour cette raison, si vous avez le malheur de faire une pause dans la partie, il vous faudra noter ce que vous recherchiez. Le jeu en devient stressant et frustrant, crĂ©ant ainsi une difficultĂ© involontairement Ă©levĂ©e. Car, Ă cĂ´tĂ© de cela, les Ă©nigmes sont si simples qu’un enfant de cinq ans pourra y jouer. C’est Ă ne rien y comprendre !
D’un point de vue graphique, il est étonnant de voir une conversion PlayStation 3 aussi fidèle sur console portable. Cependant, dans certains cas, la complexité des décors pousse la console dans ses retranchements. Ce qui vous infligera de nombreux ralentissements. Les cinématiques en dessins animés sont juste superbes. Et la partie sonore, déjà énoncée plus haut, est vraiment agréable, surtout ces chansons que l’on retrouvera tout au long de l’aventure, c’est surprenant ! Pour la maniabilité, l’utilisation de l’écran tactile est accessoire car imprécise. Bien souvent on en restera à l’utilisation des sticks analogique. Par contre, le gameplay est mis à mal en raison de divers problèmes de caméra et de collisions, surtout quand vous essayez d’explorer des endroits non prévus, vous forçant dans les pires des cas à vous donner la mort pour revenir sur « le plancher des vaches ». Il est vraiment dommage que cette partie n’ait pas obtenu plus l’attention de la part des développeurs.
Au final, on a beaucoup de mal à savoir à qui s’adresse cet Epic Mickey : le Retour des Héros. Le jeu est trop frustrant pour nos petites têtes blondes et le scénario mal ficelé pour passionner les joueurs plus âgés. Pour l’apprécier, nous pensons sincèrement qu’il faudrait partager l’aventure à deux via le mode Wi-Fi du jeu, pourquoi pas en duo parent/enfants !
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