Road 96 est la nouvelle oeuvre de Digixart, studio fondĂ© par Yoan Fanise, un ancien d’Ubisoft. Ce dernier est notamment reconnu pour son travail sur Soldats inconnus : MĂ©moires de la Grande Guerre. Cette fois, c’est au travers d’un roadtrip que ce studio dĂ©veloppe un ensemble narratif, traitant de la vie sous un rĂ©gime dictatorial.
Welcome to the jungle
Prise de risque totale pour nos petits Français qui se lancent dans un soft procĂ©dural, l’idĂ©e originelle Ă©tant d’avoir un jeu totalement diffĂ©rent dès qu’un choix vient Ă l’impacter. Seul point commun dans l’ensemble de l’histoire, vous interprĂ©terez un jeune adolescent de Petria, pays fictif, cherchant Ă tout prix Ă fuir le rĂ©gime tyrannique du dirigeant Tyrak.
Le point de départ de cette dictature a démarré il y a dix ans. En date du 9 septembre 1986, un terrible attentat a causé le décès de nombreuses personnes. Depuis, les différents bords politiques ne cessent de se rejeter la responsabilité de ce désastre.
Winds of change
C’est dans ce climat tendu que nous dĂ©couvrirons sept personnages principaux, unis par des histoires et secrets communs : ZoĂ©, John, Fanny, Alex, Stan & Mitch, Sonya et Jarod.
De par son vĂ©cu, chaque personnage aura un lien avec la tragĂ©die ou la situation politique du pays. Par exemple, John est un chauffeur routier travaillant de manière clandestine pour l’opposition. Sonya est une prĂ©sentatrice TV de la chaine GNN Live infĂ©odĂ©e au pouvoir en place, etc.
L’Ă©lection pour le prochain scrutin doit survenir d’ici plusieurs semaines. Chacune de vos actions, inclus vos rĂ©ponses, peut avoir un impact sur l’issue finale des votes. Ainsi, vous pourrez taguer les affiches reprĂ©sentant le vil dictateur, inciter au vote ou aux Ă©meutes, etc. Selon les situations, il conviendra d’adapter votre rĂ©ponse, selon que vous souhaitiez la rĂ©volution par les armes ou le changement pacifique par les urnes, en Ă©lisant le parti d’opposition dirigĂ© par Florres.
Votre aventure va donc varier selon vos choix, comme si vous étiez un de ces adolescents en quête de liberté.
Clandestino
Des milliers de routes traversent la nation autoritaire de Petria. Votre voyage sera long pour rejoindre la route 96, route proche de la frontière qui sera synonyme de liberté retrouvée.
Pour cela, au grĂ© de vos pĂ©rĂ©grinations, il vous faudra « crafter » Ă savoir trouver de l’argent mais Ă©galement des vivres pour accumuler de l’Ă©nergie. En effet, chaque kilomètre parcouru correspond Ă un nouveau choix de dĂ©placement. Autostop, taxi, bus, voiture, chaque moyen de dĂ©placement viendra puiser dans votre Ă©nergie. Si cette dernière arrive Ă son terme, vous mourrez ou vous serez arrĂŞtĂ© par la police.
Pour faciliter votre Ă©popĂ©e, plusieurs capacitĂ©s peuvent ĂŞtre apprises durant le jeu. Ainsi, il sera plus facile de rĂ©cupĂ©rer de l’argent, de crocheter des serrures pour voler des clefs, pirater des coffres pour en rĂ©cupĂ©rer du contenu, rendant ainsi votre trajet bien plus rapide et agrĂ©able.
Vous l’aurez compris: manger, boire ou dormir vous redonnera de l’Ă©nergie, permettant ainsi de griller les Ă©tapes difficiles.
My way
Ce flux migratoire pourrait vous amener Ă penser que vous allez errer seul jusqu’Ă la frontière, mais il n’en sera rien. En vue FPS (Ă la première personne), vous devrez fouiller et arpenter diffĂ©rentes zones, oĂą vous serez amenĂ© Ă discuter avec diffĂ©rents personnages ou Ă rĂ©aliser des actions dĂ©finies. Malheureusement, cette « liberté » se retrouve très vite limitĂ©e Ă une zone dĂ©finie, ce qui fait que nous avons rapidement la sensation d’ĂŞtre dans un jeu « à couloir ».
On ressent d’autant plus cette limitation de mouvement que celle ci repose sur un moteur de jeu datĂ©. Les limitations techniques se caractĂ©rise notamment par une baisse notable de la framerate et par des graphismes dignes de l’ère de la Playstation 2. PassĂ© le style graphique des personnages, l’aliasing est très prononcĂ©, surtout en mode portable. De plus, les paysages sont souvent vides et dĂ©solĂ©s, les dĂ©veloppeurs n’ont donc aucune excuse. Nous avons connu beaucoup mieux sur Nintendo Switch. Très clairement, cela ne facilite pas l’immersion dans le soft. A noter qu’un patch est attendu prochainement, et qu’il devrait amĂ©liorer quelques points Ă©voquĂ©s ci-dessus.
Comme Ă©voquĂ© prĂ©cĂ©demment, le jeu se passe dans les annĂ©es 90. La bande son est Ă©galement marquĂ©e par cette dĂ©cennie, mais se rĂ©vèlera de qualitĂ© pour quelques titres. La musique est le point central du soft, notamment par les titres donnĂ©s aux chapitres, reprĂ©sentatifs de titres de chansons ou groupes des annĂ©es 90. Les doublages sont quant Ă eux assez rĂ©ussis, quoi qu’un peu caricaturaux par moment.
Ça va pas changer le monde
Le parcours sera très souvent linĂ©aire, avec des choix identiques pour aller plus vite. Certes, l’aventure de Road 96 est entrecoupĂ©e de quelques mini-jeux, d’une quĂŞte annexe pour rĂ©cupĂ©rer des cassettes audio. Mais dans l’ensemble, les sentiments d’ennui et de lourdeur seront vite prĂ©sents.
Nouvelle licence avec une thĂ©matique osĂ©e, nous Ă©tions en droit de nous attendre Ă des moments forts, marqueurs de l’exil au regard de l’expĂ©rience passĂ©e de son dĂ©veloppeur phare. Il n’en sera rien. Sous un aspect autoritaire et oppressif, jamais les conditions de vie de nos personnages sous cette dictature ne sont rĂ©ellement dĂ©veloppĂ©es… Nos principaux protagonistes ne font jamais Ă©tat d’une situation dramatique. La dictature de Tyrak en est presque aseptisĂ©e: pas de viol, de meurtre, de camps, de censure… Alors certes, on Ă©voque bien l’impact des mĂ©dias pour contrĂ´ler la population, mais c’est a peu prĂ©s le seul point Ă©tant rĂ©ellement dĂ©veloppĂ©. Tout ceci est balayĂ© dans une vision trop lĂ©gère, loin d’une vĂ©ritĂ© plus crue d’un The Walking dead de Telltale games par exemple.
Malgré un twist scénaristique sur la fin, nous avons clairement la sensation que notre consentement est dirigé via des questions facilement orientées, ce qui donne au final un aspect assez « fleur bleue » loin de la promesse initiale.
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