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Jeu Vidéo

La NeoGeo

Les années 1990 : l’âge d’or des consoles mythiques

Les années 1990 ont vu naître certaines des consoles les plus emblématiques de l’histoire du jeu vidéo. Parmi elles, la Neo Geo de l’éditeur SNK occupe une place à part. Deux raisons expliquent ce statut : d’une part, ses jeux strictement identiques à leurs versions arcade, et d’autre part, un prix exorbitant qui en faisait davantage un objet de fantasme qu’une console accessible au grand public.

Un système double : MVS et AES

À la fin des années 1980, SNK n’est encore qu’un éditeur de second rang, malgré quelques succès notables comme la série Ikari Warriors. Au début des années 1990, la firme innove en proposant un système double. D’un côté, le MVS (Multi Video System), un système d’arcade basé sur une carte mère dans laquelle s’insèrent des cartouches de jeux, une approche encore peu courante dans le monde de l’arcade, où les PCB dominent. Les premières cartes mères MVS permettent d’accueillir jusqu’à six jeux, puis quatre, deux, et enfin un seul.
En parallèle, SNK développe la Neo Geo AES (Advanced Entertainment System), une console domestique conçue pour le marché grand public, mais surtout pour un système de location. Techniquement, elle est identique au MVS : même architecture, mêmes performances. Seul le format des cartouches diffère, ce qui explique qu’il soit aujourd’hui possible d’utiliser un adaptateur pour jouer aux cartouches MVS (moins cher) sur une AES.

Un système ancien, mais maîtrisé

La Neo Geo repose sur des composants déjà anciens à l’époque : le processeur Motorola 68000 et le Z80. Sa grande force réside dans une conception permettant un accès direct aux données stockées sur les cartouches, sans temps de chargement. Cette architecture, bien que courante pour un système d’arcade, en fait une console d’exception… et hors de prix pour le grand public. La presse de l’époque la surnomme la « Rolls-Royce » des consoles : comptez 3 500 francs pour la machine, et entre 1 500 et 1 800 francs par jeu, soit trois à quatre fois le prix d’un titre sur Mega Drive ou Super Nintendo. Les cartouches Neo Geo, gourmandes en mémoire, offrent en effet des capacités inégalées par la concurrence, et pour cause.

L’innovation technologique de SNK.

Parmi les innovations marquantes, on retient notamment l’invention de la carte mémoire, qui permettait de transférer et d’utiliser indifféremment ses données entre la console et les bornes d’arcade NeoGeo . Contrairement aux États-Unis et surtout au Japon, cette fonctionnalité est pourtant restée méconnue en Europe, faute de bornes équipées de lecteurs.
SNK avait également prévu de proposer des jeux en réseau en intégrant la possibilité de relier les cartouches entre elles via des prises Jack. Malheureusement, seuls quelques titres ont exploité cette option en début de vie de la console, comme League Bowling, Riding Hero et Thrash Rally.

L’âge d’or du versus fighting

La Neo Geo s’impose comme la reine des jeux de combat, en pleine expansion durant les années 1990. SNK recrute même d’anciens développeurs du premier Street Fighter et parvient à rivaliser avec Capcom grâce à des licences devenues cultes : Fatal Fury, The King of Fighters, Samurai Shodown (Samurai Spirits), ou encore The Last Blade.

D’autres genres à l’honneur

La console brille aussi dans d’autres registres. Le run and gun Metal Slug reste une référence absolue du genre, tandis que Shock Troopers mérite d’être redécouvert. Les shoot ’em up sont bien représentés, même s’ils ne révolutionnent pas toujours le genre. seul Viewpoint se distingue par sa 3D isométrique et sa difficulté redoutable, tandis que Pulstar, Blazing Star, 1945 Plus, Last Resort ou encore Twinkle Star Sprites (un shoot ’em up en duel) offrent des expériences variées et souvent passionnantes.
Le puzzle game n’est pas en reste, avec des titres comme Puzzle Bobble 1 et 2 (développés par Taito), Magical Drop II et surtout Magical Drop III, ainsi que Money Idol Exchanger, un clone de grande qualité. Seuls les beat them all de qualité se font rares : on citera tout de même Sengoku 2 et Mutation Nation.

Apogée et déclin

Le milieu des années 1990 marque l’avènement de la 3D, un domaine où la Neo Geo, à quelques exceptions près (Viewpoint), n’excelle pas. Son catalogue, très orienté arcade et souvent limité en durée de vie, peine à séduire un public en quête de nouvelles expériences. Malgré cela, la console reste une référence incontournable dans le domaine du versus fighting.
L’arcade devenant de moins en moins rentable, SNK échoue à prendre le virage technologique avec l’Hyper Neo Geo 64, un échec cuisant. Sa console portable, la Neo Geo Pocket Color, bien que réussie, ne bénéficie pas du soutien nécessaire. En 2001, SNK est rachetée par Aruze, un géant du pachinko, avant d’être placée en liquidation.

Renaissance et héritage

Quelques titres sortent encore après la fin officielle de la console, comme Sengoku 3 ou Samurai Shodown V. Mais c’est surtout la scène homebrew qui redonne vie à la Neo Geo, après un long moment de conception des kits et logiciels de développement. Des petites équipes indépendantes proposent des jeux souvent intéressant :
NG:Dev.Team signe des shoot ’em up comme Last Hope, Fast Striker, et surtout Gunlord, une copie pardon un hommage à Turrican.
Bitmap Bureau livre Xeno Crisis, un clone de Smash TV au style graphique très abouti.
Pixel Heart avec Glademort du genre plateformer

SNK, toujours présente

SNK existe toujours, et ses licences refont surface avec des fortunes diverses : The King of Fighters XV, Samurai Shodown (2019), ou encore le controversé Fatal Fury: City of the Wolves. La nouvelle SNK, reconstruite après la faillite, a racheté une grande partie de ses anciennes licences Neo Geo, désormais disponibles sur les boutiques rétro (Steam, PlayStation Store, Nintendo eShop).

★Culte★

SNK est passée du statut de petit éditeur arcade à celui de géant du jeu vidéo d'arcade, grâce à son système Neo Geo. Quarante ans plus tard, ses jeux restent des références pour tous les amateurs de pixel art. Que vous soyez fan de jeux de combat, de run and gun, de puzzle games, de shoot ’em up ou de sports arcade, la Neo Geo a de quoi vous séduire, même après toutes ces années.

Mis à disposition par l’éditeur : Non

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Kuk

Type de joueur : Mauvais | Type de test : Bordélique Kuk s'est lié d'amitié avec le monde du jeu vidéo très jeune. En 1988, il possède son premier ordinateur, un Atari 1040 STF flambant neuf. Et Atari ne le quittera plus jamais… Durant les années suivantes, il s'intéresse tour à tour à la Nec GT, à la NeoGeo Pocket et à sa petite soeur, la déclinaison Color, qui le font rentrer dans le jeu vidéo portable. Passionné d’histoire et de littérature, il apprécie tout particulièrement les jeux de rôle et les jeux d’aventure. Il montre aussi beaucoup d'intérêt pour le travail fourni par les développeurs indépendants dont il se fait une spécialité. Dans tous les cas, il privilégie le fond à la forme.