Il y a des jeux que l’on oublie. Pas forcément parce qu’ils sont mauvais, mais simplement parce qu’ils ne sont pas sortis au bon moment. Parfois pas au bon moment pour l’industrie, parfois pas au bon moment pour nous. Pour moi, I Am Alive fait clairement partie de cette catégorie. Sorti sur Xbox 360 et développé par Ubisoft Shanghai, je l’avais téléchargé à l’époque – et même acheté – attiré par son synopsis. L’idée de départ était extrêmement séduisante : un monde ravagé par une catastrophe naturelle, un survivant isolé, une ville à explorer, avec une gestion des ressources comme la nourriture, les munitions et l’endurance. Sur le papier, tout était là pour faire un survival post-apocalyptique marquant. Malheureusement, le jeu n’est jamais tout à fait à la hauteur de ses promesses.
Un concept de survie plutôt séduisant
Dans I Am Alive, on incarne un homme qui tente de retrouver sa famille dans une grande ville dévastée. Cela fait un an qu’il survit dans ce monde détruit et il revient dans sa ville avec peu de choses : un pistolet vide, un peu de nourriture, une caméra et surtout une bonne dose de débrouillardise. Le jeu repose sur plusieurs mécaniques intéressantes : l’escalade et l’endurance avec un système de stamina qui peut provoquer une chute mortelle si vous insistez trop longtemps, la gestion de ressources extrêmement rares et des rencontres avec d’autres survivants, parfois hostiles, parfois ambiguës. Au début, le jeu propose un didacticiel particulièrement bien conçu qui introduit progressivement les mécaniques : course, escalade, gestion de l’effort, nourriture puis interactions humaines. Tout cela est amené très naturellement et donne l’impression d’un monde cohérent. Sur ce point, le game design fonctionne vraiment bien.
Une ambiance visuelle étrange mais efficace
Visuellement, I Am Alive adopte un style assez particulier. Le jeu est dominé par des teintes grisâtres et jaunâtres avec un fort grain visuel, comme si l’on regardait les événements à travers une caméra. Certains joueurs avaient critiqué cet aspect à sa sortie, mais personnellement je trouve que cela fonctionne plutôt bien. Ce choix artistique devient même très efficace lors des tempêtes de poussière où la visibilité se réduit fortement et où l’on perd ses repères. On ne sait plus vraiment où aller et cela crée une vraie tension. Évidemment, on reste sur une Xbox 360 et les environnements peuvent sembler datés aujourd’hui, mais l’atmosphère reste convaincante.
Le vrai problème : les combats-puzzles
Là où le jeu se casse vraiment la figure, c’est dans ses puzzles de combat. Le principe est simple : vous vous retrouvez face à plusieurs adversaires et vous devez décider qui éliminer en premier. Sur le papier, cela pourrait créer de la stratégie, mais dans la pratique c’est extrêmement frustrant. Si vous choisissez la mauvaise cible, la situation devient irrattrapable. Un ennemi armé peut vous tirer dessus à l’infini, même si vous le tuez vous ne récupérez parfois qu’une seule balle et un autre personnage peut immédiatement récupérer l’arme tombée au sol. Dans ce cas, la situation dégénère immédiatement. Le corps à corps n’est pas une solution non plus : si vous essayez d’attaquer à la machette, l’ennemi tire avant même que votre animation ne se termine. Résultat : on meurt encore et encore. Le jeu devient un puzzle déguisé où il faut simplement deviner la bonne séquence d’actions.
Un système de sauvegarde inutilement punitif
Le problème est encore accentué par le système de sauvegarde. Le jeu ne vous laisse que trois possibilités d’utiliser votre checkpoint automatique. Après cela, vous recommencez le niveau entier. Dans un jeu aussi linéaire, où il n’existe qu’un seul chemin possible, cette mécanique n’apporte absolument rien. Elle ne crée pas de tension, elle ne fait que punir le joueur en lui demandant de refaire exactement la même chose.
Une belle idée qui méritait mieux
Au final, I Am Alive donne l’impression d’un jeu inachevé. Les idées sont bonnes : la survie, l’escalade, les ressources rares, les tempêtes de poussière et les tensions entre survivants. Mais faute de moyens, le jeu reste coincé entre ambition et limites techniques. Ubisoft Shanghai n’était clairement pas le studio le plus doté de l’éditeur et cela se ressent. Ce qui est peut-être le plus surprenant, c’est qu’Ubisoft n’ait jamais tenté de retravailler ce concept. Avec les technologies actuelles, un jeu de survie urbain basé sur ces idées pourrait être excellent.
Faut-il y jouer aujourd’hui ?
Honnêtement, je ne peux pas vraiment vous le conseiller. Après environ cinq heures de jeu, la frustration prend le dessus sur le plaisir. Mais je reste persuadé d’une chose : I Am Alive n’était pas une mauvaise idée. C’était simplement une bonne idée arrivée trop tôt… et jamais vraiment retravaillée depuis.
Vous aimerez lire ...
- Jeux Vidéo - Rainbow Laser Disco Dungeon, le test sur Switch
- Test/Avis - Guilty Gear X Advance Edition, le test sur Game Boy Advance
- PSP - Elminage Original, le test sur PSP (2015)
- Test/Avis - Super Street Fighter II Turbo Revival, le test sur Game Boy Advance
- Test/Avis - OMG Zombies!, le test sur PS Mobile (2013)