"Un air ludique, un souffle épique, un vent geek"

Blackwind, le test sur Switch

Développé par le studio Drakkar Dev, édité par Blowfish Studios et Gamera Game, Blackwind vous place aux commandes d’une armure mécha armée entre autres de sabres lasers et d’un canon. Lors d’un voyage interstellaire, le vaisseau du Dr Hawkins subit une attaque et commence à se crasher vers la planète Medusa-42…

War au pays d’Evangelion

…Son fils James Ă©tant Ă  bord du vaisseau, le Dr Hawkins prend la dĂ©cision de l’enfermer dans la surpuissante armure « Battle Frame Â» et de l’expĂ©dier sur la planète. Sain et sauf, James va cependant vite dĂ©couvrir que la planète Medusa-42 subit de plein fouet une invasion Aliens. Et ainsi commence l’aventure de Blackwind.

Bien qu’à la fois l’univers et le point de vue du joueur en soient totalement diffĂ©rents, l’expĂ©rience offerte par Blackwind rappelle fortement celle d’un autre jeu cĂ©lèbre : Darksiders, et le premier Ă©pisode en particulier. Traverser le monde Blackwind consiste ainsi Ă  alterner des phases de plateforme ou puzzle jamais très compliquĂ©es, et des combats en masse en utilisant des combos et autres fatalities.

Que quelqu’un lui prenne le micro !

A la fois acérée, stylée et plutôt agressive, même la patte graphique du jeu rappelle le bébé de THQ Nordic. Au niveau de la narration et de l’ambiance, par contre, c’est une autre histoire. D’un côté, l’atmosphère spatiale et alienesque au possible est directement accrocheuse. Les différents effets sonores sont plutôt réussis, la voix artificielle de l’IA de l’armure (rappelant les beaux jours de Starcraft) en tête.

De l’autre, le scĂ©nario est assez plat et franchement pas passionnant. L’un des principaux problèmes du titre vient sans aucun doute de son protagoniste principal : un ado aussi inintĂ©ressant que caricatural, Ă  la langue aussi pendue que rĂ©pĂ©titive. BĂ©ni le programmeur ayant intĂ©grĂ© l’option de mettre le volume de ces dialogues Ă  zĂ©ro, et maudit le scĂ©nariste ayant jetĂ© Ă  la poubelle l’idĂ©e d’une armure muette. La qualitĂ© des musiques alterne entre le reposant ou l’épique, et les thèmes des combats vite agaçant, la faute Ă  des boucles de gimmicks beaucoup trop courte.

Toi tu dĂ©coupes, et moi je regarde ?

Blackwind propose trois modes de difficultĂ©, assez bien dosĂ©s. OriginalitĂ© : il intègre un mode coop. Enfin, c’est vite dit. Assez tĂ´t dans le jeu, vous dĂ©couvrez qu’un drone (la tĂŞte) peut se dĂ©tacher de l’armure. Ce drone fait office de petit vaisseau volant pouvant tirer des projectiles et explorer certains passages Ă©triquĂ©s. L’armure, de son cĂ´tĂ©, se retrouve alors amputĂ©e de certaines capacitĂ©s telles que le double saut et le tir de projectiles.

Cette séparation en deux éléments vient nourrir le fonctionnement de certains casse-têtes, et constitue surtout la base du mode deux joueurs. Le premier contrôle alors l’armure, et le second le drone. Très franchement, on se retrouve alors face à un mode coopératif similaire à celui de Mario Odyssey ou Mario Galaxy, quand le premier joueur contrôle Mario et l’autre fait voler Cappy la casquette ou tire sur des étoiles. Fun dix minutes, mais surtout anecdotique, notamment pour le second participant. Autant considérer que Blackwind se parcourt en solo.

A la recherche du bouton Zoom

Le jeu intègre également un arbre de performances plutôt bien conçu, et séparé en plusieurs sections. Tout d’abord, les améliorations directement liées à votre armure, telles que sa résistance ou ses possibilités de déplacement. Ensuite, celles relatives aux armes (nombre de tirs simultanés, puissance des épées laser, pose de bombe…) et aux combats (coups spéciaux supplémentaires), et ce à la fois pour le corps de l’armure mais aussi le drone détachable. Enfin, le dernier onglet concerne les capacités spéciales, telles que le Black mode – la possibilité de contrôler l’espace-temps et surtout d’être temporairement surpuissant, littéralement le mode rage de Darksiders.

Le moteur 3D du jeu est assez basique pour ne pas dire un peu vieillot. Il fait le job, et la direction artistique est plutôt réussie. Par contre, il impacte aussi la jouabilité avec des défauts d’un autre temps, à savoir divers bugs de texture et une réactivité approximative, sources d’imprécision et de frustration. Par exemple, les sauts plus longs juste après un rush sont un vrai calvaire en terme de timing. Dans le même ordre d’idée, il est impossible au joueur de gérer la caméra. Souvent ça marche, parfois les angles de caméra sont agaçants et le point de vue choisi dessert l’action.

Le cĂ´tĂ© dĂ©fouloir de Blackwind fonctionne franchement bien. On peut regretter une certaine rĂ©pĂ©titivitĂ© des combats et le fait parfois de se retrouver très vite submergĂ© d’ennemis. MalgrĂ© tout, le titre intègre des phases de pause efficaces, et offre rĂ©gulièrement des combats de « demi-boss Â» assez mĂ©morables. Toutefois, il ne propose pas de système de carte Ă  proprement parler. A l’extĂ©rieur, il n’y en a d’ailleurs aucune. A l’intĂ©rieur des bâtiments, seule une vue partielle de la carte est visible, en fonction de votre emplacement. Les environnements Ă©tant plutĂ´t simples, ce point est rarement gĂŞnant.

D’autres bonus sympathiques sont également présents, telles que la possibilité de collecter de nombreuses apparences d’armures différentes. Et terme de durée de vie, le jeu se veut plutôt équilibré, autour de huit heures. Comme d’habitude pour ce genre de jeu, vous pouvez en enlever deux en ligne droite, ou en ajouter trois si vous souhaitez découvrir tous les secrets de Blackwind. Un titre qui reste sympathique en tous points et à prix très correct, même s’il n’innove en rien.

Avis sur
Blackwind

Plaisant

Amateur de mechas, de labyrinthes jamais trop compliqués et de combats un tantinet bourrins ? Alors Blackwind vous offrira une expérience satisfaisante même s’il n’innove en rien. Pour les autres néanmoins, le titre sera sûrement plus dispensable.

Mis Ă  disposition par l’Ă©diteur : Oui

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Pas d'anecdote

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Angi

Né dans les Miel Pops, Ulysse 31 et les spirographes, ANgI- est un bon petit geek un poil rétro, mais pas que. Pas que car le présent a concrètement du bon vidéoludique à offrir à défaut de certitudes sur un avenir toujours incertain. Et pas que parce qu'au-delà des jeux vidéo, pas mal d'autres trucs l'intéressent tels que la culture nipponisante ou la technologie en général. Aujourd'hui, il a du mal à trouver sa place dans ce monde sans pitié où chaque comportement doit être codifié. Faux gamer devant l'éternel, ancien nerd doublé d'un otaku ou papa casual...? Ou peut-être un peu tout ça à la fois. Aujourd'hui, en matière de mobilité, la Nintendo Switch a ses préférences. Et soyons honnêtes jusqu'au bout, le smartphone aussi, un peu.