Crime Zoom : Sous le vernis, une nouvelle enquête dans les coulisses du monde de l’art
Avec Crime Zoom : Sous le vernis, direction le sud de la France et le monde parfois très feutré de l’art. Eleanor Cubismo, veuve d’un peintre célèbre, est retrouvée morte dans la demeure qui servait autrefois d’atelier à son mari. L’accident paraît plausible. Pourtant, il suffit de gratter un peu le vernis pour faire apparaître quelques secrets beaucoup moins reluisants…
Sous le vernis est un jeu d’enquête narratif et coopératif pour 1 à 6 joueurs (à mon avis 6, c’est trop). Il est conseillé à partir de 14 ans et une partie est annoncée autour de 60 minutes. Le jeu est très accessible. Il ne demande aucune expérience particulière et peut parfaitement servir de porte d’entrée dans le monde des jeux d’enquête. La gamme ne nous est pas inconnue. Nous avions déjà testé Crime Zoom : Sa dernière carte sur Air-Gaming. Le principe général reste proche, mais cette nouvelle affaire profite d’une mise en scène encore plus visuelle. Retrouvez notre test de Crime Zoom : Sa dernière carte
Stéphane Anquetil et Florian Belmonte aux commandes
Derrière Crime Zoom : Sous le vernis, on retrouve Stéphane Anquetil. L’auteur est particulièrement à l’aise avec les enquêtes et les expériences narratives. Il a créé la gamme Crime Zoom et participé à Chronicles of Crime: Noir. On lui doit également plusieurs Escape Books et Escape Box chez 404 Éditions. Pour Sous le vernis, l’auteur s’est notamment inspiré de son passage aux Beaux-Arts en 1991 et de l’univers des peintres cubistes.
Les illustrations sont signées Florian Belmonte. Ancien membre de l’équipe de Tric Trac, il a auparavant travaillé dans l’animation, le storyboard et la réalisation. Sous le vernis faisait partie de ses premiers grands projets comme illustrateur de jeux. Depuis, on retrouve notamment son travail sur Les Secrets de Warden Keene chez Bombyx et 4 Keys chez GRRRE Games.
Un jeu prêt à être jouer
L’ouverture de la boîte donne rapidement le ton. Pas de plateau gigantesque, de dizaines de pions ou de règles à étudier pendant vingt minutes. Tout tient dans un paquet de cartes ! La mise en place est donc particulièrement rapide. La scène initiale se construit à l’aide de plusieurs cartes disposées côte à côte. Cette fois, elle adopte une vue plongeante assez originale, qui n’est pas sans rappeler un plateau de Cluedo. Plusieurs autres scènes apparaitront ensuite pendant l’enquête.
La notice va également droit au but. On comprend rapidement comment observer une scène, suivre une piste et manipuler les cartes sans gâcher les découvertes suivantes. Et c’est exactement ce qu’il faut pour découvrir ce type de jeu. C’est simple, efficace et très rapide à lancer. Les règles s’assimilent immédiatement. Surtout, je n’ai rencontré aucune difficulté dans la manipulation des indices. Après quelques minutes, on ne pense plus vraiment aux règles. On enquête, tout simplement.
Observer, fouiller et surtout être curieux
La mécanique de Crime Zoom repose avant tout sur l’observation et la déduction. La scène de départ présente plusieurs détails. Saluons d’ailleurs la qualité des illustrations ! Ensuite, à vous de décider lesquels méritent votre attention. Une carte retournée peut révéler un indice. Elle peut aussi débloquer un autre lieu, un témoignage ou une nouvelle piste. Ensuite, libre à vous de suivre cette piste ou d’aller fouiller ailleurs. Le jeu n’impose pas un chemin parfaitement linéaire. Les joueurs discutent donc beaucoup. Chacun remarque des éléments différents et propose ses hypothèses. C’est cette liberté qui fait une bonne partie du charme de la formule.
L’histoire de Sous le vernis fonctionne bien. J’ai surtout apprécié le fait de pouvoir grenouiller un peu à droite et à gauche. On fouille, on revient sur certaines informations et on découvre progressivement tous les tenants et aboutissants de l’affaire. Deux écoles vont alors s’affronter. Certains joueurs chercheront l’efficacité absolue. Ils voudront retourner le moins de cartes possible afin d’obtenir le meilleur score. Ensuite, ils pourront comparer leurs performances avec celles de leurs amis.
Et puis il y a l’autre équipe : la mienne ! Personnellement, je joue plutôt à Crime Zoom comme à un roman interactif. J’ai envie de retourner les cartes, explorer les pistes secondaires et découvrir les petites histoires cachées derrière l’enquête principale. Dans ce cas, comptez quarante-cinq minutes en mode solo pour dérouler tranquillement l’ensemble, voire davantage si vous aimez débattre autour de chaque nouvel indice.
Évidemment, cela reste une expérience à usage unique. Une fois le coupable identifié et toute l’histoire révélée, l’intérêt d’une seconde partie devient très limité. En revanche, le matériel n’est pas détruit. Alors plutôt que de laisser la boîte prendre la poussière, faites-la circuler. Une fois votre enquête terminée, passez-la aux copains !