Hier, j’ai joué à Chouineur au Festival du jeu de Porcheville, où il était présenté par Blackrock. À la base, on ne l’avait pas demandé à la rédaction, et il n’y avait pas eu de main levée pour le tester, même si le marketing autour du jeu promettait un petit jeu de plis assez sympathique. Comme il était disponible sur place, j’en ai profité pour voir ce qu’il avait vraiment dans le ventre.
On est ici sur un jeu qui fait penser, dans son principe de pari sur le nombre de plis, à Luz chez Iello, mais aussi au récent Dnup, chez Asmodee. Le principe est simple : vous pariez sur le nombre de plis que vous pensez réaliser, généralement entre 0 et 4, grâce à une carte pari. Certaines cartes permettent même de faire plusieurs paris possibles, ce qui laisse un peu de souplesse.
L’élément le plus intéressant de Chouineur, ce sont ses cartes à double lecture. Chaque carte possède deux valeurs et deux couleurs différentes selon son orientation. Par exemple, une carte peut être bleue 22 dans un sens, et rouge 14 dans l’autre. En début de manche, selon votre main, vous pouvez choisir de retourner tout ou partie de vos cartes pour essayer d’optimiser votre pari.
Le jeu se joue, de mémoire, de 3 à 5 joueurs, en quatre manches. Chaque manche dure environ cinq minutes, ce qui donne une partie d’une vingtaine de minutes.
Là où Chouineur essaie d’apporter sa petite idée, c’est dans le fait que même le joueur perdant peut agir. Le gagnant remporte le pli et commencera le prochain, mais le joueur qui a joué la carte de plus petite valeur peut, lui, “chouiner”. Concrètement, cela lui permet soit de prendre un point de victoire supplémentaire, soit de retourner une de ses cartes pour se rapprocher de son pari. L’idée est donc de donner un petit levier même à celui qui perd le pli.
Est-ce qu’on s’amuse dans Chouineur ? Oui, un peu, surtout au début. Le terme “chouiner” prête à sourire, on plaisante autour de la table, et le format reste agréable.
Mais est-ce qu’on a l’impression d’avoir une mécanique forte, qui crée un vrai shoot de dopamine ? Honnêtement, pas vraiment. Et c’est dommage, parce qu’il y avait matière à faire quelque chose de plus marquant. Le fait de ne pouvoir retourner qu’une seule carte lorsqu’on chouine ne change pas suffisamment la donne. J’aurais aimé quelque chose de plus fou : pouvoir modifier son pari, retourner plusieurs cartes sous certaines conditions, ou déclencher un vrai retournement de situation.
En l’état, Chouineur reste sympathique, mais je suis un peu resté sur ma faim. Le format est plaisant, l’idée de départ est bonne, mais la mécanique ne va pas assez loin pour provoquer une vraie excitation.