"Un air ludique, un souffle épique, un vent geek"

Xuan Yuan Sword 7, le test Playstation 4/5

Xuan Yuan Sword 7, c’est un peu la surprise aventureuse de cet automne. Le titre dĂ©veloppĂ© par le studio TaĂŻwanais Domo Studio et Ă©ditĂ© par Softstar en est dĂ©jĂ  Ă  son treizième Ă©pisode, alors qu’il est quasiment inconnu dans nos contrĂ©es. Ici pas d’univers mĂ©diĂ©val ni de ville Ă  l’ambiance cyberpunk, mais une plongĂ©e dans la mythologie Chinoise finalement peu commune pour nous. Cet action-RPG apporte donc naturellement un vent de fraĂ®cheur et d’immersion, mais qu’en est-il du reste ?

Un baluchon, un sabre et c’est parti

Côté gameplay, malgré une interface très esthétique (mais pas toujours très ergonomique), Xuan Yuan Sword 7 roule sur les classiques du genre. On joue ainsi la carte de l’accessibilité. Vous commencez par incarner Taishi Zhao, le fils d’une famille décimée et détenteur d’un mystérieux (mais recherché) parchemin. Il sera rapidement rejoint par sa sœur, sous une forme assez particulière que nous ne vous spoilerons pas ici, et de son amie d’enfance. Ces dernières ne sont pas directement jouables, mais vous accompagnent et disposent d’actions activables en plein assaut (lancer de bombes, attaques au couteau…), à la manière d’un Final Fantasy XV par exemple.

Les commandes en combat sont assez basiques : coup rapide, coup puissant (martial), esquive, protection, quelques sorts, quelques objets dont les potions de soin, et enfin les actions des partenaires prĂ©cĂ©demment nommĂ©es. Les affrontements sont plutĂ´t bourrins, la barre d’endurance faisait finalement un peu office de dĂ©coration. Certaines QTE prennent Ă©galement rĂ©gulièrement place, Ă  la difficultĂ© clairement nulle tant ces sĂ©quences sont lentes. Il est possible de lĂ©gèrement customiser les personnages via un système d’inventaire et de dĂ©veloppement de compĂ©tences. Par contre et pour ce dernier, le dĂ©blocage des nouvelles capacitĂ©s se fait de manière automatique au fil du jeu. En d’autres termes et s’il vous est possible de choisir quelle compĂ©tence Ă©quipĂ©e Ă  l’instant T, vous n’aurez pas la possibilitĂ© d’opter pour le dĂ©veloppement de l’une avant l’autre.

Pékin express, ou presque

Sur le plan de la réalisation, le bilan est en demi-teinte mais au final plutôt positif. D’un côté, le moteur du jeu et sa réalisation sont objectivement un peu vieillots. Il vaut mieux rester un peu éloigné des textures, notamment celles des environnements extérieurs et des paysages en général. Le framerate et l’animation présentent des problèmes de stuttering et de clipping réguliers. Le doublage est uniquement disponible en Chinois, au bénéfice de l’immersion mais un peu moins de l’accessibilité. Et malgré une sensation de départ de titre semi-ouvert, ce sont bien des couloirs joliment décorés que vous allez arpenter.

D’un autre côté, la direction artistique est très réussie, soutenue par un univers à la fois original et marqué ainsi que de superbes effets de lumière. Parcourir des villes Chinoises, des pagodes, des temples anciens ou encore des rizières est un plaisir de fraîcheur, tant pour la rétine que pour l’esprit. Les protagonistes sont très détaillés et très bien animés. Les musiques sont envoutantes, avec des compositions de Yoko Shimomura tantôt mélancoliques tantôt épiques. Le voyage et le dépaysement sont donc garantis. Dans ce contexte, son prix de vente AA (entre quarante et cinquante euros) est des plus justes.

Plume fluide et histoire accrocheuse

Mais la vraie force de Xuan Yuan Sword 7 réside ailleurs, à savoir dans sa structure scénaristique et son rythme narratif. L’ensemble est de qualité, original et surtout bien construit. Il évite sans peine le manichéisme un peu trop courant au genre. Les héros sont attachants, de nombreuses cinématiques venant approfondir leur développement et leurs interactions. Le bestiaire mélange créature mystiques du folklore Chinois et Uruk-hai tous droits sortis du Seigneur des Anneaux, mais l’ensemble fonctionne plutôt bien. Les événements inattendus sont multiples, inclus un twist majeur toutes les deux ou trois heures de jeu. L’environnement et surtout les donjons sont également ponctués de puzzles, assez variés et empêchant toute monotonie.

Au final, l’ennui ne pointe jamais le bout de son nez. L’histoire est très riche et, il faut bien l’avouer, ne pas disposer d’une connaissance exhaustive de l’environnement (via les opus précédents) s’avère même parfois frustrant. La difficulté n’est jamais réellement très élevée, il vous sera rare d’affronter un boss plus de deux fois. Le seul point réellement regrettable à ce niveau concerne peut-être les différents choix offerts lors des dialogues. Vous vous apercevrez vite que malgré toute votre conviction ou votre bonne volonté, ceux-ci n’influencent finalement rien ou presque.

Avoir les jetons, pour la bonne cause

PhĂ©nomène très Ă  la mode dans les derniers jeux de rĂ´le et d’aventure, Xuan Yuan Sword 7 intègre Ă©galement un jeu de sociĂ©tĂ© interne. Le Zhuolu est globalement proche de notre jeu de la « Merelle » mĂ©diĂ©vale. C’est une sorte de croisement de morpion, de jeu de dames et d’échecs. Ses règles consistent Ă  poser, un tour après l’autre, des pièces sur un plateau dĂ©diĂ©. En aligner trois vous permet de capturer une pièce adverse, mais des pièces spĂ©cifiques viennent complexifier le tout.

Telle la formule consacrée, le Zhuolu est simple à appréhender mais difficile à maîtriser. Xuan Yuan Sword 7 intègre la possibilité de jouer quelques parties en ligne (sans filtre de sélection, néanmoins). Pas de mode deux joueurs en local, ce qui aurait été parfait. En complément, le jeu propose également un système d’arènes de combat distinct de la quête principale, permettant surtout de s’entraîner et d’améliorer les stats. Un New Game+ apparait également, une fois le jeu terminé une première fois.

Xuan Yuan Soul

Lors des premières annonces ou de la disponibilité de sa démo, certains commentaires avaient à cœur de comparer Xuan Yuan Sword 7 à The Witcher. Au final, tant dans leur univers que leur exécution, ces titres n’ont pas grand-chose à voir entre eux. Avec ses quêtes téléguidées et son game-system, aussi accessible que limité, Xuan Yuan Sword 7 est plutôt à la croisée des séries Fable et Shenmue.

MalgrĂ© ses dĂ©fauts, l’originalitĂ© du titre et sa qualitĂ© scĂ©naristique lui confèrent un capital sympathie Ă©norme. La quinzaine d’heures que propose l’aventure de base est prolongeable via une exploration complète des quĂŞtes annexes et surtout quelques parties de Zhuolu. Un vrai bon moment, authentique. Au final, Xuan Yuan Sword 7 ne disposerait il pas de ce qu’il manque Ă  de nombreux titres ces dernières annĂ©es : une âme, tout simplement ?

Avis sur
Xuan Yuan Sword 7

Excellent

Xuan Yuan Sword 7 est un jeu d’aventure qui ne révolutionne rien sur la forme, mais dispose d’un univers original très attachant et d’une trame narrative de qualité. Peut-être pas un chef d’œuvre, mais un excellent moment, assurément.

Mis Ă  disposition par l’Ă©diteur : Oui

Disponibilité

Thèmes

Editeurs/Auteurs

Pas d'anecdote

Image de Angi

Angi

Né dans les Miel Pops, Ulysse 31 et les spirographes, ANgI- est un bon petit geek un poil rétro, mais pas que. Pas que car le présent a concrètement du bon vidéoludique à offrir à défaut de certitudes sur un avenir toujours incertain. Et pas que parce qu'au-delà des jeux vidéo, pas mal d'autres trucs l'intéressent tels que la culture nipponisante ou la technologie en général. Aujourd'hui, il a du mal à trouver sa place dans ce monde sans pitié où chaque comportement doit être codifié. Faux gamer devant l'éternel, ancien nerd doublé d'un otaku ou papa casual...? Ou peut-être un peu tout ça à la fois. Aujourd'hui, en matière de mobilité, la Nintendo Switch a ses préférences. Et soyons honnêtes jusqu'au bout, le smartphone aussi, un peu.