Enquêtes à Bandiville : une chasse aux bandits drôle, maligne et coopérative
Avec Enquêtes à Bandiville, on débarque dans une ville envahie par de drôles de trafiquants. Heureusement, une équipe de détectives très motivés arrive sur place. Leur mission est simple : arrêter six bandits avant que le camion des complices ne fasse le tour de la ville. Le jeu se joue de 1 à 4 joueurs, dès 8 ans, pour des parties d’environ 20 minutes.
Sur le papier, on est donc sur un jeu familial, coopératif, rapide et très accessible. En pratique, il cache un vrai petit défi. En effet, il faut observer, mémoriser, discuter et parfois prendre des risques. Le tout reste très léger dans le ton. L’ambiance est cartoon, pleine de jeux de mots, avec un côté enquête policière totalement décalé.
Le jeu fonctionne aussi bien avec des enfants qu’avec des adultes. Cependant, il ne faut pas le prendre pour un simple jeu d’observation. La mémoire est centrale, mais il faut aussi bien utiliser les actions pour arriver à sauver Bandiville du crime !
La bande de Bandiville
Christophe Lauras est le créateur de Enquêtes à Bandiville. C’est un auteur déjà bien présent dans le paysage ludique familial. On retrouve son nom derrière plusieurs jeux, dont Trôl, Zombie Bus, Boss Quest, Draw Bot, Le Clan des Souris ou encore Grizzy & les Lemmings : Autour du Monde. Son jeu Le Clan des Souris, publié en allemand sous le nom Die Mäusebande, a même été nommé au Kinderspiel des Jahres 2025, dans la catégorie enfants.
Avec Enquêtes à Bandiville, on retrouve bien cette envie de créer un jeu familial, simple à expliquer, mais pas simpliste. Il y a du fun, de la coopération, un peu de pression, et surtout une mécanique très propre comme vous le verrez dans la suite de cet article.
Côté illustration, Valentin Gauchon signe un travail vraiment marquant. Vous pouvez découvrir son univers coloré, drôle et très expressif sur son profil instagram. Ici, cela colle parfaitement au thème. Chaque personnage a une vraie personnalité. Les décors sont lisibles. Les couleurs claquent sans brouiller les informations de jeu.
Enfin, Oka Luda est une maison d’édition française basée en Dordogne. L’éditeur se présente comme une petite structure “100% périgourdine”, née en 2017 autour du jeu Samsara. Dans leur catalogue, on retrouve aussi Poule Poule, Kami, Doudou ou Phare Andole, ce qui donne déjà une bonne idée de leur goût pour les jeux accessibles et malins.
A la découverte de Enquêtes à Bandiville
Dès l’ouverture, Enquêtes à Bandiville donne envie de jouer. Le matériel en carton est solide. Les tuiles sont agréables à manipuler. Les dessins sont stylés, colorés, et surtout très clairs. Franchement, c’est un sans-faute artistique.
Il y a aussi un vrai travail humoristique. Préparez-vous à incarner Corbolumbo et à poursuivre Lamamity James ou Harley Fouine. Rien que les noms donnent le ton. Le jeu ne se contente pas d’être joli. Il a une personnalité.
La notice est aussi réussie. La mise en place est expliquée étape par étape. On place la tuile Poste de police au centre, puis les 24 tuiles Quartier autour, en carré de 5 par 5. Ensuite, chaque joueur choisit une fiche Détective. Les pions commencent autour du poste. Les dés Enquête sont placés à portée de main. Enfin, les bandits sont préparés, avec deux suspects visibles au départ.
Tout cela va vite. La mise en place ne donne pas l’impression de sortir une usine à gaz. Au contraire, les règles sont propres, visuelles et faciles à transmettre. C’est important pour un jeu familial. On peut expliquer, installer et jouer sans perdre l’attention des enfants.



Les mécaniques du jeu
Le cœur du jeu repose sur une course contre la montre. À chaque tour, le détective lance les 4 dés. Il peut faire jusqu’à deux relances, en gardant les dés qu’il veut. Ensuite, il utilise les actions obtenues dans l’ordre de son choix. On peut se déplacer, espionner un quartier, ou tenter une arrestation.
Le camion des complices avance à la fin du tour de chaque détective. C’est lui qui met la pression. Si les joueurs arrêtent les six bandits avant qu’il ne termine son tour de la ville, tout le monde gagne. Sinon, tout le monde perd. On est donc bien dans un jeu coopératif. Les joueurs peuvent discuter librement pour choisir la meilleure action.
Chaque bandit est lié à deux trafics. Il existe quatre types de trafics : argent, bijoux, armes et bonbons. Ces trafics sont cachés dans les quartiers. Il faut donc fouiller, retenir ce que l’on a vu, puis relier les bonnes informations aux bons suspects. Sur ce point, le jeu a un vrai côté Memory, mais en plus vivant.
Et ça marche ou pas ?
J’ai joué avec ma fille de 8 ans. Lors de la première partie, on découvre surtout les pictos et la logique générale. Mais dès la deuxième ou troisième partie, une fois les mécaniques assimilées, le jeu devient vraiment plus stratégique. On comprend vite qu’il va falloir muscler sa mémoire si on veut gagner.
Et c’est très bien comme ça. Faire travailler sa mémoire, c’est important. Ici, cela se fait sans lourdeur. On observe, on se trompe, on rigole, puis on progresse. En plus, tout est vraiment bien pensé. Le rythme est bon. La tension monte naturellement. Les enfants ont leur mot à dire, et les adultes ne jouent pas à leur place.
La variante avec les tuiles Indic a l’air juste folle. Elle promet clairement de renouveler les parties et d’ajouter encore plus de rebondissements. Félicitations au concepteur du jeu : la base est simple, mais le potentiel est bien là.
Autre bon point : on peut même jouer en solo. Et franchement, il n’est pas impossible que je m’en fasse une ou deux au calme. Pour vérifier si, sans ma fille, je suis vraiment meilleur détective. Spoiler alert : ce n’est pas sûr du tout…