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Jeu de Cartes

Arigatō, ou comment Ludonaute dit merci aux joueurs

Avec Arigatō, Ludonaute ne signe pas seulement un nouveau jeu de société : l’éditeur adresse un véritable merci à celles et ceux qui l’ont accompagné pendant toutes ces années. Un jeu malin, réfléchi, élégant, qui résonne comme un clin d’œil final avant de tirer sa révérence.


Ludonaute, une page qui se tourne

Ludonaute, c’est une maison d’édition qui n’a jamais cherché la facilité. Pas forcément des jeux experts au sens strict, mais toujours des propositions un peu à côté des standards, avec cette volonté assumée de proposer autre chose que de simples jeux de plis ou des titres ultra grand public à la Skyjo.

Difficile de ne pas évoquer Colt Express, immense succès critique et public, qui a largement contribué à installer Ludonaute dans le paysage ludique. Mais derrière ce hit, il y a aussi toute une série de jeux aux identités fortes, parfois audacieuses, souvent mémorables.

Avec Arigatō, avant-dernier jeu édité par Ludonaute avant Limit, le message semble clair :

« merci aux joueurs, merci aux tables de jeu, merci aux années passées à créer.« 


Un jeu d’automatisation à taille humaine

Dans Arigatō, vous incarnez un chef de village japonais cherchant à se faire bien voir du Shogun. L’objectif est simple en apparence : optimiser votre village afin de produire des cadeaux, les offrir au Shogun et engranger des points de victoire.

Le cœur du jeu repose sur une mécanique d’automatisation, mais volontairement contenue et accessible. À chaque tour, vous manipulez un nombre limité de cartes : certaines servent de ressources, une autre devient un artisan actif dans votre village, tandis que d’autres sont données à vos adversaires. On ne repioche jamais totalement sa main, ce qui crée un flux permanent d’échanges et une vraie interaction entre les joueurs.

On joue donc à la fois contre les autres, mais aussi avec eux, car personne ne peut construire son moteur dans son coin.


Des mécaniques qui s’enchaînent… sans déraper

Chaque artisan fonctionne via une iconographie dense, mais cohérente. Certains rapportent des points lorsqu’un cadeau est offert au Shogun, d’autres se déclenchent à l’arrivée d’un nouvel artisan, lors d’un échange entre joueurs ou au moment de la production de ressources.

C’est là qu’Arigatō révèle toute sa finesse : les effets s’enchaînent naturellement. Une ressource produite peut déclencher un bonus, qui amène un point, qui prépare à son tour un futur cadeau. Progressivement, vous construisez un moteur, une automatisation qui semble presque tourner toute seule.

Mais Ludonaute a eu l’intelligence de poser des limites très claires. Votre village ne peut accueillir que quatre artisans, ce qui empêche toute surenchère incontrôlable. Le moteur reste lisible, fluide, et ne bascule jamais dans l’usine à gaz. On comprend ce que l’on fait, et surtout pourquoi on le fait.

Il y a une dernière phase de jeu qui consistera à vérifier que vous avez bien subvenu aux besoins de votre Shogun – un peu façon Les Caprice du Roi. Avec encore plus de points potentiel en vue!


@airgamingpocket

Mon petit coup de cœur de fin d’année. Très riche et une bonne complexité! #ludonaute #jeudesociete #japon #arigato #shogun

♬ Anxiety (Explicit) – DJ PHONK

Désolé pour la prononciation de Arigatō

Une prise en main exigeante… mais logique

Le principal frein d’Arigatō se situe dans la première partie. L’iconographie est bien pensée et nécessaire au vu de la richesse des effets, mais elle demande un temps d’apprentissage. Il faut apprivoiser les symboles, repérer les déclencheurs et commencer à anticiper les combinaisons possibles.

Une fois ce cap franchi, tout devient beaucoup plus fluide. Les parties s’enchaînent plus vite et se stabilisent autour de quarante-cinq minutes, un format parfaitement adapté à ce que le jeu propose.


Un petit jeu qui ne fait pas cheap

Côté matériel, Arigatō est une vraie bonne surprise. La boîte est compacte, mais clairement bien remplie : de nombreux tokens, de jolies cartes et une impression générale de produit soigné. Pour un prix qui tourne autour d’une vingtaine d’euros, le contenu et la profondeur ludique sont clairement au rendez-vous.


Verdict

Arigatō n’est pas un jeu pour tout le monde. Ce n’est ni un jeu de plis, ni un party game immédiat. En revanche, pour celles et ceux qui aiment comprendre les mécaniques, construire des moteurs et optimiser sans se noyer dans la complexité, c’est une excellente proposition.

Au-delà de ses qualités ludiques, Arigatō possède aussi cette saveur particulière : celle d’un jeu-hommage, d’un dernier clin d’œil signé Ludonaute. Un merci sincère, posé sur la table, carte après carte.

Et rien que pour ça, il mérite qu’on s’y attarde. 🎴

Avis sur
Arigatō

★Génial★

Au-delà de ses qualités ludiques, Arigatō possède aussi cette saveur particulière : celle d’un jeu-hommage, d’un dernier clin d’œil signé Ludonaute. Un merci sincère, posé sur la table, carte après carte.

Mis à disposition par l’éditeur : Non

Disponibilité

Age conseillé

Nombre de joueurs

Thèmes

Editeurs/Auteurs

Pas d'anecdote

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Manoloben

Enfant des années 80, joueur jusqu'au bout des doigts. Si vous retrouvez du Julien Clerc dans ce texte? Bravo! Amateur de RPG (tout type) et clairement fan de Sega. Manoloben reste un touche à tout. GP32, NeoGeo Pocket, N-Gage et aujourdhui Evercade sont passées dans ses mains.