Je ne l’avais pas vu venir, et pourtant : Hot Wheels Infinite Rush, sorti le 10 septembre, est un jeu qui ne manque pas de panache. Pour la première fois, la licence de Mattel quitte la seule piste orange pour un vrai monde ouvert, réparti sur quatre îles à explorer librement. Et derrière le volant, on retrouve Milestone, le studio italien à qui l’on doit déjà les deux Hot Wheels Unleashed.
J’y ai passé bien plus de temps que prévu, et c’est d’ailleurs pour ça que ce test arrive si tard. À chaque fois que je pensais en avoir fait le tour, le jeu m’en dévoilait encore plus. Alors autant vous le dire tout de suite : c’est l’un des cadeaux les plus évidents de ce Noël pour les enfants fans de petites voitures. Et pour leurs parents.
Hot Wheels en jeu vidéo : du très bon et du très moyen
Ces dernières années, la licence a soufflé le chaud et le froid sur nos consoles. Au sommet, il y a Hot Wheels Unleashed (2021) et sa suite Turbocharged (2023), signés Milestone. Deux jeux de course complètement fous, avec des circuits géants posés dans des décors démesurés que les enfants adorent.
À l’autre bout, il y a Hot Wheels Let’s Race: Ultimate Speed, sorti en octobre 2025. Développé par Bamtang Games pour GameMill, il reprend l’univers de la série Netflix Hot Wheels Let’s Race. Mon fils l’adore, et je ne peux pas lutter contre ça. Mais son gameplay est si léger qu’il me déprime un peu : les enfants aiment, le parent geek, lui, reste sur sa faim.
Puis Infinite Rush est arrivé un peu de nulle part. Il a fuité quelques heures avant le Summer Game Fest, début juin, puis a été officialisé sur scène, à peine trois mois avant sa sortie. Il marque le retour de Milestone sur la licence, avec une promesse : aller au-delà de la piste orange. Spoiler : la promesse est tenue.
Les parents joueurs penseront forcément à Forza Horizon, qui a d’ailleurs déjà accueilli des extensions Hot Wheels. La différence est de taille, au sens propre : chez Forza, on pilote de vraies voitures dans un monde grandeur nature. Ici, on pilote des jouets, et c’est le monde entier qui devient un circuit.
Quatre îles, quatre ambiances… et quatre monstres
Le monde d’Infinite Rush est à l’échelle d’une petite voiture, réparti sur quatre îles qui ont chacune leur identité. On saute de l’une à l’autre quand on les débloque grâce au Launcher, un système de téléportation qui évite au monde ouvert de se morceler.
- Wheelswood, l’île de départ, est une métropole moderne faite de longues lignes droites, de gratte-ciel et de ruelles étroites. Un gorille géant trône au sommet de la plus haute tour.
- Tentacle Bay joue la carte de la détente : plages de sable, parcs verdoyants, eau cristalline, coin rocheux et parc archéologique. Un calamar géant y a élu domicile.
- Gearville est une île désertique et industrielle, avec ses canyons, ses chantiers d’excavation, ses usines et ses engins de chantier. C’est le territoire d’un scorpion colossal.
- Drifty Temples baigne dans un crépuscule aux accents d’Asie de l’Est : rues aux néons, cerisiers en fleurs, canaux et temples anciens, sous l’œil d’un dragon gigantesque.
Ces créatures, les enfants les connaissent bien : ce sont les monstres que les héros affrontent dans le dessin animé. Mais Milestone ne les transforme pas en boss. Elles deviennent les emblèmes de chaque île, des repères que les petits identifient au premier coup d’œil.
Chaque terrain impose aussi son style de conduite. Ce qui marche sur l’asphalte de Wheelswood ne marche pas forcément sur les chemins de terre du désert. Résultat : on ne se lasse pas de passer d’une île à l’autre. Quatre îles aussi différentes dans un seul jeu Hot Wheels, franchement, c’est extraordinaire.
Un monde ouvert qui prend d’abord les enfants par la main
Bonne surprise : le monde ouvert ne s’offre pas tout de suite. Au début, le jeu vous dirige beaucoup, tutoriel à l’appui, et c’est tant mieux. Un monde ouvert, pour un enfant, c’est vite déroutant ; être guidé lui évite de tourner en rond.
Tout commence à Wheelswood. Chaque île est tenue par une équipe rivale : trois Rushers et un Rush Master, le boss des lieux. Les épreuves de carrière rapportent des points qui débloquent des duels contre les Rushers. Une fois toute l’équipe battue, place au face-à-face final contre le Rush Master. Et après les quatre îles, c’est vous qui êtes couronné Rush Master ultime.
Au fil des heures, l’aventure s’enrichit d’une foule de capacités et de choses à collectionner. Un système d’atouts permet d’améliorer chaque voiture, parfois au détriment d’une autre statistique, ce qui pousse à tester des combinaisons. Et la progression reste souple : on peut boucler une île de A à Z, ou papillonner dès que de nouvelles îles s’ouvrent.
Clairement, tout est pensé pour les enfants : les occuper, les balader sur l’île, les laisser vivre leur vie. Et de temps en temps, s’arrêter pour une course.
Courses, cascades, photos : un menu d’épreuves très copieux
La course n’est qu’une façon parmi d’autres de jouer. En se baladant, on tombe sans arrêt sur des activités, et le menu est copieux :
- Les courses, sur circuit ou d’un point à un autre, souvent sur les fameuses pistes orange qui serpentent au-dessus des îles.
- Les contre-la-montre, pour aller chercher le meilleur temps.
- La démolition : il faut casser un maximum d’objets du décor.
- Trouver la cascade flamme : rejoindre un point de la carte le plus vite possible, sans itinéraire imposé. À vous de trouver le meilleur raccourci.
- Les défis de cascade : zones de dérapage où il faut enchaîner les drifts, sections de boost et défis de vitesse.
- Les défis photo : un sujet et un cadrage à respecter, souvent devant les plus beaux panoramas des îles.
- Les duels et les livraisons, qui rapportent des voitures (j’y reviens plus bas).
Et partout, des objets cachés à dénicher : engrenages, autocollants et logos Hot Wheels.
Détail qui compte quand on a un enfant à côté de soi : les bords de piste sont souvent de simples flèches colorées que l’on traverse sans pénalité, et les murs ne vous arrêtent jamais bien longtemps. À part les bâtiments, tout le décor se détruit. Résultat : on fonce dans le tas sans jamais rester bloqué, et la frustration n’a pas sa place, même une piscine devient une zone de jeu.
Quatre classes de voitures, quatre façons de booster
Les véhicules du jeu se répartissent en quatre classes. Chacune a sa propre conduite et, surtout, son propre boost :
- Les Universels sont les voitures « classiques », équilibrées en vitesse, maniabilité et puissance. C’est aussi là qu’on trouve les modèles les plus loufoques, comme Duck N’ Roll, un canard sur roues.
- Les Dérapeurs gardent leur vitesse en virage et rechargent leur boost en drift. Ils sont faits pour les tracés sinueux de Drifty Temples.
- Les Speeders sont taillés pour la vitesse pure : leur boost se recharge d’autant plus vite qu’ils roulent vite. Idéal dans les longues lignes droites.
- Les Titans sacrifient la vitesse de pointe au profit de la puissance brute. Leur boost se recharge très vite, mais si on vide complètement la jauge, la voiture ralentit un moment. Tout l’art est de relâcher juste avant.
Pour passer de l’une à l’autre, le jeu a une idée géniale : la Rush Squad. C’est votre équipe de quatre voitures, une par classe, et un simple bouton permet de changer de bolide instantanément pendant l’exploration. Au garage, on recompose son équipe au fil des nouvelles acquisitions. Et comme certaines épreuves imposent une classe, il faut apprendre à toutes les maîtriser.
C’est malin, parce que ça apprend aux enfants qu’il n’existe pas de voiture parfaite, seulement la bonne voiture pour le bon défi. Et chaque modèle a vraiment sa personnalité, du bruit du moteur à sa façon de prendre les virages.
Gagner des voitures : le vrai moteur du jeu
Ce qui m’a le plus plu dans ce Hot Wheels, c’est la richesse des récompenses. Il y a une foule de façons d’agrandir sa collection :
- Les duels sauvages : des voitures spéciales sillonnent la circulation. On les suit, on les défie en un contre un et, comme dans un bon vieux Need for Speed, si on gagne, la voiture est à nous.
- Les rivaux : chaque Rusher ou Rush Master battu vous offre son bolide. Et ceux des premiers boss sont nettement plus vifs que ce qu’on peut s’offrir au début.
- Les livraisons : il faut convoyer une voiture impeccable jusqu’à la concession. Chaque choc l’abîme et, avec les autres pilotes qui roulent comme des fous, c’est plus corsé qu’il n’y paraît. Livrée en bon état, elle rejoint gratuitement votre garage.
- La boutique : chaque épreuve rapporte des pièces, à dépenser en voitures et en personnalisation. On peut même essayer chaque bolide juste après l’achat.
- Les collections : compléter une série d’objets cachés débloque, là encore, de nouveaux modèles.
Au total, plus de 150 véhicules sont à collectionner dès la sortie. On y croise des créations originales Hot Wheels, dont les cultissimes Bone Shaker et GT-Scorcher, et, pour la première fois dans un jeu Hot Wheels, des Ferrari. Pour un enfant qui a déjà une caisse pleine de petites voitures dans sa chambre, retrouver ses modèles préférés à l’écran, c’est magique.
Loopings, éditeur de circuits et personnalisation : l’ADN Hot Wheels
Sur la piste, on retrouve tout ce qui fait le sel de la licence. Les sections où la voiture colle à la piste permettent d’enchaîner les loopings et de rouler la tête en bas. Des bonus, comme les zones de boost, rechargent la jauge en pleine course. Et les pistes orange s’élancent au-dessus des îles, entre gratte-ciel et canyons.
Votre voiture reste un jouet, et le jeu ne l’oublie jamais. Elle ne s’abîme pas quand vous percutez un immeuble ou plongez d’une falaise : elle rebondit, se retourne et repart, exactement comme la petite voiture qu’on lance sur le parquet du salon.
Et puis il y a l’éditeur de circuits, un vrai coffre à jouets numérique. Un outil d’aimantation permet d’accrocher les morceaux de piste au sol, aux façades ou au sommet des tours, quelle que soit la hauteur. On peut y placer des adversaires pilotés par l’ordinateur et piocher dans des sets cultes : un requin qui tente de vous croquer, une araignée qui tisse sa toile sur la piste… Les créations se partagent ensuite avec la communauté. Seul bémol : l’outil se cache dans le menu pause, et le jeu ne le met jamais en avant. Pensez à le montrer à vos enfants !
Côté personnalisation, des éditeurs d’autocollants et de livrées permettent de décorer chaque voiture, roues et jantes comprises. On peut même choisir l’effet visuel et le son de son boost. De quoi passer des heures au garage.
Une durée de vie qui ne cesse de s’étirer
C’est la vraie surprise de ce Hot Wheels, et la raison pour laquelle ce test a pris autant de temps. Alors que je pensais avoir terminé le jeu, entre guillemets, il m’en a dévoilé encore plus. Une fois le tour des quatre îles bouclé, il vous invite à retourner sur les premières, avec de nouvelles péripéties et de nouveaux périples.
La quantité de circuits est tout simplement affolante. Ajoutez les véhicules à débloquer, les collections à compléter et les créations de la communauté dans l’éditeur : on peut foncer sur la quête principale, mais pour tout voir et tout faire, comptez plusieurs dizaines d’heures.
Et la suite est déjà au programme. Le Vehicle Pass ajoutera 44 véhicules sur plus d’un an, dont des modèles cultes des séries Acceleracers et Highway 35 World Race. Une extension Ferrari, attendue en avril 2027, apportera une cinquième île dédiée au cheval cabré et huit Ferrari exclusives, de la F40 Competizione à la Testarossa. Et les parents nostalgiques souriront devant la Bone Shaker aux couleurs de Skeletor, le méchant des Maîtres de l’Univers, vendue à part.
Attention toutefois : ces contenus sont payants. Le Vehicle Pass est inclus dans les éditions Deluxe et Ultimate, l’extension Ferrari seulement dans l’Ultimate, qui ajoute aussi un pack de voitures de Formule 1. Chaque pack sera également vendu séparément. Le jeu de base, lui, suffit déjà largement.
À deux sur le canapé… ou contre le reste du monde
On peut jouer à deux, et même jusqu’à quatre en écran partagé sur la même console. Une partie à plusieurs se lance de n’importe où sur l’île. Seul regret : en écran partagé, on ne se balade pas ensemble dans le monde ouvert. À plusieurs, on enchaîne donc les courses.
En ligne, le jeu propose des courses classées, des événements et des parties privées, avec un cross-play complet entre PlayStation, Xbox et PC. Sur PS5.
Surtout, le jeu partage les temps de course en ligne pour pousser tout le monde à faire le meilleur score. Classements et défis asynchrones permettent de se mesurer aux autres sans être connectés en même temps. Pour un enfant, voir son pseudo grimper dans un tableau, c’est la meilleure des motivations pour refaire « juste une dernière » course.
Petit conseil de parent : avant de lâcher votre enfant en ligne, faites un tour dans le contrôle parental de votre console.
Beau, coloré et pensé comme un coffre à jouets
Infinite Rush est beau, et ses quatre îles sont superbes. Milestone a voulu retrouver la « sensation Hot Wheels » jusque dans les matériaux, les bruitages et les détails des décors, truffés de clins d’œil aux coffrets de jeu de la marque. Les voitures, surtout, sont magnifiques : on a vraiment l’impression de piloter les petits bolides de Mattel, reflets et plastique brillant compris.
La bande-son mise sur des sonorités électro et groove plutôt que sur des titres sous licence. Je vais être honnète, j’ai détesté cette partie, j’ai une sensation d’écouter une musique electro généré sous IA sans queue ni tête avec un DJ qui passe de l’un à l’autre sans concession. En plus, le nombre de musique est assez limité!
L’avis du parent geek : pour qui, et à partir de quel âge ?
Infinite Rush est accessible dès le plus jeune âge : des voitures-jouets qui rebondissent, des décors qui volent en éclats dans la bonne humeur, et rien de plus méchant que ça.
Surtout, Milestone a soigné l’accessibilité, et ça change tout pour les plus jeunes :
- une difficulté réglable, de facile à très difficile ;
- une option pour ralentir la vitesse du jeu ;
- des commandes reconfigurables (mettre l’accélérateur sur un bouton plutôt que sur une gâchette aide beaucoup les petites mains) ;
- aucune action qui demande de marteler les boutons, et une pause possible à tout moment ;
- un filtre pour daltoniens et une taille de texte réglable dans les menus.
Le jeu ne comporte pas de dialogues parlés et ne raconte pas vraiment d’histoire. Les textes sont en français, mais les enfants qui ne lisent pas encore auront besoin d’un coup de main au début.
Les joueurs aguerris trouveront les courses trop faciles en difficulté normale. Pour un enfant, c’est au contraire un atout : il gagne, il progresse, il collectionne, et il ne lâche pas la manette en pleurant. Quand il grandit, il suffit de monter la difficulté.
La structure en épreuves se prête aussi très bien aux sessions courtes : une course, un duel, une livraison, et on éteint. Pratique pour respecter le temps d’écran négocié à la maison.
Dernier point : le jeu contient des achats intégrés facultatifs. Expliquez-le à vos enfants avant qu’ils ne tombent sur la boutique en ligne, et gardez la main sur les achats grâce au contrôle parental.
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