À la base, je flâne sur les réseaux sociaux, comme une âme perdue dans le vacarme de Twitter. Comme vous le savez, les trailers surgissent parfois, et certains attirent mon attention. Puis je vois MONOWAVE, avec son style graphique atypique et son étrange histoire d’émotions. Moi, grand sensible devant l’éternel, je ne pouvais rester insensible à cette proposition. Alors, joie ou tristesse, ce jeu va-t-il faire vibrer mon cœur de gamer ?
Bonjour, bonjour les émotions
Dans MONOWAVE, vous incarnez Mono, un esprit gardien chargé d’une mission singulière. Son devoir consiste à protéger quatre forces essentielles : le Bonheur, le Chagrin, la Colère et l’Anxiété. Pourtant, l’harmonie vole bientôt en éclats lorsqu’une force néfaste frappe ce monde fragile. Elle dérobe les fragments d’émotions, puis les disperse aux quatre coins de l’univers. Dès lors, Mono doit partir à leur recherche pour restaurer cet équilibre perdu.
Cependant, notre héros ne part pas seul mais accompagné de ces émotions. Chacune possède son utilité, son pouvoir et sa propre manière d’influencer l’aventure.
Une direction artistique minimaliste
C’est probablement la direction artistique de MONOWAVE qui m’a accroché en premier. Ici, point de textures rutilantes ni de décors gavés de détails. Le jeu adopte une esthétique presque filaire, évoquant les vieux écrans du Vectrex. Un fond noir sert d’écrin, tandis que quelques couleurs viennent dessiner l’essentiel.
Forcément, cette sobriété interpelle, surtout lorsqu’elle rencontre un dessin presque enfantin. Chaque émotion possède sa couleur, dans une logique qui rappelle forcément le film Vice-Versa. Cependant, MONOWAVE pousse cette idée vers un univers beaucoup plus étrange. Imaginez LocoRoco de nuit : Des caméléons, des crocodiles et des piranhas peuplent les différents niveaux.
Sur le papier, l’ensemble possède donc une vraie personnalité. Malheureusement, cette simplicité devient progressivement le principal défaut du voyage. Oui, c’est simple. Très simple. Peut-être même trop simple. Les environnements manquent rapidement de variété et finissent par tous se ressembler. Ainsi, ce qui séduisait au départ devient peu à peu ennuyeux ce qui est atypique pour un jeu lié aux émotions…
La bande-son aurait alors pu réveiller cette étrange procession de formes. Ce n’est pas le cas malheureusement. L’alchimie espérée ne prend pas, malgré quelques éclats particulièrement sympathiques. L’idée était belle, l’identité existe, mais l’effet attendu finit malheureusement par faire pschitt.
La rencontre des genres : un jeu de plate forme réflexion
Sur le papier, le gameplay de MONOWAVE possède pourtant une idée plutôt séduisante : Mono récupère différents pouvoirs grâce aux quatre émotions qui façonnent son aventure. Ainsi, le bonheur permet de sauter plus haut pour atteindre certaines plateformes. À l’inverse, le chagrin rapetisse notre héros et ce, afin de traverser des passages particulièrement exigus. Ensuite, la colère permet de rebondir sur les murs pour poursuivre votre progression. Malheureusement, ces phases manquent parfois de précision et deviennent rapidement pénibles. Enfin, l’anxiété permet de traverser certaines zones normalement dangereuses pour Mono.
Cependant, le soft mélange également plateforme et réflexion avec ses énigmes liés à votre environnement. Vous devrez parfois combiner plusieurs émotions afin de débloquer certains passages. Mieux encore, certains ennemis deviennent vos alliés pour vous aider à progresser. L’idée fonctionne donc sur le papier, mais l’exécution reste malheureusement brouillonne. L’absence de HUD et d’explications précises complique inutilement la progression. De plus, le rythme demeure lent, répétitif et parfois franchement monotone.
Deux niveaux de difficulté existent, tandis qu’une coopération à deux joueurs est possible. Pourtant, je n’ai pas atteint le bout, faute d’accroche suffisante pour continuer. MONOWAVE possède de bonnes idées, mais leur mise en œuvre manque clairement de mordant. On passe donc de la joie au chagrin pour un jeu finalement assez passable.