dnup (prononcez « down up ») de Kei Kajino, un jeu sens (sans ?) dessus-dessous !
dnup est un jeu de cartes rapide, pensé pour 2 à 5 joueurs, dès 8 ans, avec des parties d’environ 15 minutes. Il sortira dans tous vos magasins préférés le 26 mai 2026. On a ici un jeu vif, malin et addictif, dans lequel un bon timing peut retourner complètement une situation mal engagée. dnup s’adresse à un public assez large. Il peut parler aux familles, grâce à sa durée courte et à ses règles ramassées. Mais il vise aussi les amateurs de jeux de défausse plus nerveux, avec une bonne dose d’interaction.
Son ambiance est surtout abstraite. Ici, pas de grand thème narratif. Le plaisir vient des chiffres, du rythme, et surtout de cette idée centrale de cartes à double lecture qui changent de valeur quand on les retourne. Le matériel confirme cette approche minimaliste et tranportable. On est sur un petit format de poche qui cherche moins à raconter une histoire qu’à déclencher des revanches en chaîne !
Le cerveau derrière ce jeu
Kei Kajino est un auteur japonais dont le nom circule de plus en plus dans le monde du jeu de société. Dans une longue interview donnée en 2022, il expliquait être programmeur de métier et avoir découvert les jeux de société modernes vers 35 ans. Il raconte aussi avoir été marqué par Catan, puis surtout par Bohnanza, jeu qui lui a donné envie de créer à son tour.
Son premier jeu publié est Welcome!, sorti en 2013. Ensuite, son parcours s’est construit progressivement sous la bannière de One More Game!, un éditeur de jeu japonais. Il a ainsi sorti Bidders!, SCOUT, Reputation et Framlet! Le jeu qui a vraiment propulsé Kei Kajino reste SCOUT, qui a été nominé au fameux Spiel des Jahres en 2022. Ce succès aide à lire dnup autrement. On trouve déjà chez Kajino le goût des cartes à double valeur, des mains qu’on ne pilote jamais totalement, et de ces systèmes où une idée unique irrigue tout le jeu. C’est d’ailleurs ce qui rend son travail intéressant : des règles courtes, mais une vraie identité ludique.
La découverte du jeu
Au déballage, dnup va droit au but. La boîte est compacte, le contenu tient en peu de choses : un paquet de cartes, des aides de jeu, des jetons lettres et la règle. Franchement, difficile de faire plus nomade. Pour les vacances ou un trajet en train, ce format coche tout de suite la case du jeu facilement transportable. Parfait pour nous qui passons une petite semaine en camping !
Visuellement, le jeu assume un style très lisible et très coloré. Les cartes présentent deux valeurs visibles, une active et une inactive. Le tout attire l’œil sans surcharger par des infos inutiles. Bonne surprise aussi du côté de la notice. La règle tient sur deux pages très visuelles. Elle présente clairement le but du jeu, le matériel, la structure d’un tour, les quatre actions possibles, les exemples de résolution, puis une variante dédiée à deux joueurs. Résultat, la mise en route est très fluide. Et dans un petit jeu de cartes familial, c’est essentiel. Ici, tout respire le simple et l’efficace.
Les mécaniques de dnup
L’objectif de dnup est limpide. Il faut se débarrasser de toutes ses cartes. Pour cela, on pose des séries de cartes de même valeur devant soi. Mais attention, il faut que la série soit de valeur supérieure aux cartes déjà présentes sur la table. À son tour, on défausse d’abord la série posée au tour précédent, puis on réalise une seule action parmi quatre : jouer une série devant soi, ajouter une carte à la série d’un adversaire, prendre la série d’un adversaire, ou retourner toute sa main. La grande idée, c’est que la valeur des cartes retournées change complètement ! Et toute la tension du jeu vient de là. La manche s’arrête quand deux joueurs ont vidé leur main. Le premier marque 2 lettres, le second 1, et la partie s’achève dès qu’un joueur atteint 4 lettres.
Sur le papier, c’est très accessible. En pratique, cela crée un jeu de défausse très interactif, avec une petite dose d’agression des adversaires bien sentie. C’est aussi ce qui rend la prise en main agréable avec des enfants. Testé à trois avec mes deux filles de 6 et 8 ans, le jeu a pris tout de suite. Une petite dizaine de cartes en main, c’est parfait pour de petits doigts. Les règles s’expliquent vite. Dès la deuxième partie, plus besoin de redire sans cesse qu’une série doit être plus forte qu’une autre de même taille pour être valide. L’âge conseillé reste bien 8+, mais l’expérience montre que le système peut marcher plus tôt dans un cadre familial accompagné.
Reste la vraie question : est-ce que ça marche ? Oui, plutôt bien. D’abord parce que chaque action a un effet immédiat. Ensuite parce que les cartes ne cessent de changer d’identité. Enfin parce que le jeu n’encombre jamais l’esprit. Il faut accepter de jouer en réaction plus qu’en planifiant ses coups à l’avance. C’est exactement ce qui lui donne son charme. Bon, cela n’empêche pas de se prendre un zéro pointé au score face à ses enfants. Et ça, forcément, ça pique un peu !