Deter, un roman graphique de Amaury Bündgen
Sorti le 8 avril 2026 chez Casterman, Deter s’impose comme un roman graphique marquant dans l’univers de la dark fantasy. Dès les premières pages, le ton est donné. On suit Deter, une créature taciturne, unique survivante d’une mission suicide. Son objectif est simple en apparence. Revenir réclamer son dû à son ancien maître. Cependant, le chemin est tout sauf simple. Pour atteindre son but, Deter doit gravir les étages d’une tour hostile. Chaque niveau devient une épreuve. Chaque rencontre peut être fatale.
Le livre s’adresse plutôt à un public adolescent et adulte. En effet, son ambiance sombre et ses combats brutaux le destinent à des lecteurs avertis. Toutefois, les amateurs de fantasy et de récits initiatiques y trouveront rapidement leur compte. En effet, avec ses 136 pages, l’ouvrage propose une lecture dense mais fluide. De plus, son format cartonné en fait un bel objet.
Derrière le crayon
Derrière Deter, on retrouve Amaury Bündgen. L’auteur signe ici à la fois le scénario et le dessin. Son parcours est assez atypique. Découvert lors des rencontres jeunes talents de Lyon BD en 2018, il se lance tardivement dans la bande dessinée. Avant cela, il ne s’agissait que d’une passion. Pourtant, il enchaîne rapidement les projets. Il publie un premier album avec Ion Mud, puis enchaîne avec Le Rite toujours chez Casterman. Ensuite, il collabore avec Lloyd Chéry sur Vertigéo, un récit de science-fiction post-apocalyptique inspiré d’Emmanuel Delporte. Ce projet lui permet de toucher un public plus large.
Du côté de l’édition, Casterman est une référence. Fondée au XVIIIe siècle en Belgique, la maison est connue pour son catalogue prestigieux. Elle a notamment publié des œuvres majeures de la bande dessinée européenne (Tintin, Corto Maltese, Le Chat…). Aujourd’hui encore, elle continue de soutenir des auteurs contemporains comme David Sala ou Emilie Gleason.
Un gars DETERminé
Ce qui frappe dans Deter, c’est son rythme. Dès le début, l’histoire nous embarque dans une ascension infernale. Le concept est simple. Monter étage après étage. Survivre. Avancer coûte que coûte. Reculer parfois, mais ne jamais renoncer. Personnellement, j’aime beaucoup ce type de récit. Il rappelle les jeux vidéo ou certains classiques de la fantasy. Chaque niveau apporte son lot de surprises. En effet, les ennemis changent. Les pièges se multiplient. L’environnement devient un adversaire à part entière.
Deter, lui, ne recule jamais. Parfois, il utilise la force brute. D’autres fois, il fait preuve de ruse. Cette dualité rend le personnage intéressant. On ne sait jamais exactement comment il va s’en sortir. Et parfois il bénéficie de soutiens inattendus ! De plus, le chaos ambiant renforce la tension. Les combats sont violents. Les situations sont souvent désespérées. Pourtant, le héros avance toujours. C’est là toute la force du récit.
Néanmoins, tout n’est pas parfait. La présence d’une princesse à la fin peut surprendre. Elle arrive un peu brusquement. Comme un élément ajouté tardivement à mon goût. Ce petit bémol n’enlève rien au plaisir global, il m’a juste interrogé (Est-ce que j’ai loupé un truc ?). En tout cas l’histoire est haletante. On veut voir Deter atteindre le sommet. On veut comprendre ce qui l’attend. On se doute qu’il va atteindre son but, mais dans quel état ?
Pour le plaisir des yeux
Graphiquement, Deter est une claque. Le choix du noir et blanc est particulièrement réussi. Les contrastes sont puissants. Chaque case semble sculptée dans l’ombre et la lumière. Les jeux de lumière renforcent l’ambiance. Certaines scènes plongent dans une obscurité totale. D’autres explosent en éclats lumineux. Ce contraste crée une tension visuelle constante. De plus, le travail sur les textures est impressionnant. Les armures, les corps, les décors… tout est détaillé. On sent une influence forte de la dark fantasy classique. Une sorte d’hommage à des artistes comme Corben ou Frazetta.
Par ailleurs, la mise en page reste fluide. Les enchaînements de cases sont naturels. On ne se perd jamais dans la lecture. C’est essentiel pour un récit aussi dynamique. L’objet livre mérite aussi d’être mentionné. La couverture cartonnée est de qualité. Le papier est épais. Cela donne une vraie sensation de solidité. On est face à un bel ouvrage. Enfin, les 136 pages passent très vite. C’est souvent bon signe. On tourne les pages sans s’en rendre compte. Et une fois terminé, on en redemande. Quelles seront les prochaines aventures de Deter le Logaï ?
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