Le 2 mars 1990 sortait au Japon City Hunter, édité par Sunsoft et adapté de la célèbre œuvre de Tsukasa Hojo. Ce jeu est resté principalement sur l’archipel du Soleil-Levant, faute de traduction à l’époque. Néanmoins, les critiques lui ont trouvé de nombreuses qualités et, étant le seul jeu tiré de cette licence, il a rapidement trouvé son public.
Un jeu labyrinthique, avec une fidélité toute relative
Vous incarnez donc Ryo Saeba et évoluez dans des niveaux non linéaires. Il vous faudra passer des portes, monter ou descendre, le tout pour collecter des objets clés permettant d’accéder à certaines zones.
Hélas, les indications ne sont pas particulièrement claires, et toutes les portes se ressemblent.
Chaque couloir est infesté de malfrats, dont certains sont plus proches du cyborg que du yakuza. Rien ne vous indique les portes verrouillées, elles sont juste infranchissables. Le principe des niveaux restera toujours identique, les mêmes clé d’accès, les mêmes objets.
Le gameplay perdait également en fluidité dès que vous preniez des dégâts.
Le jeu était parsemé de-ci de-là de scènes « sexy » permettant à Ryo de récupérer son énergie. Petit clin d’œil au fameux « Etalon de Shinjuku ».
Tout a été gardé dans ce portage comme vous allez pouvoir le constater ci-dessous.
Un portage aux nombreuses qualités
Tout a été conservé, et même amélioré. Conscients des défauts et des limitations de l’époque, les développeurs proposent ici trois modes de jeu :
- Mode amélioré : plus facile et plus maniable, avec un gameplay original mais modernisé
- Mode classique : pour retrouver les sensations de l’époque (et ses frustrations !)
- Mode difficile : pour les joueurs en quête de challenge
Une option que j’apprécie particulièrement dans les jeux rétro, c’est le filtre CRT. Sans lui, les décors paraissent un peu trop lisses. Avec, on retrouve le charme des graphismes des années 90 et les fameuses lignes de nos anciens téléviseurs.
Une localisation spéciale pour la France
City Hunter est enfin traduit dans de nombreuses langues, dont le français.
Mais pour beaucoup d’entre nous, ce titre reste avant tout Nicky Larson.
Et Nicky Larson, ce n’est pas qu’un changement de nom : c’est un état d’esprit.
Des scènes potaches, des noms revisités, et des dialogues d’antagonistes d’une qualité… disons mémorable.
Cet esprit est parfaitement retranscrit ici : exit les phrases trop sérieuses, les ennemis nous promettent des « panpan bobo ». On aime ou on déteste, mais une chose est sûre : la nostalgie fonctionne à plein régime, et on se retrouve instantanément replongé devant un épisode du Club Dorothée.
Un gameplay amélioré
Comme évoqué précédemment, trois modes sont disponibles, mais après comparaison, je vous recommande clairement le mode amélioré.
Les soucis de hitbox sont corrigés, la lourdeur de Ryo lorsqu’il se fait toucher disparaît, et la progression est beaucoup plus agréable. Les graphismes sont également plus fluides et plus lisibles. Franchement, difficile de s’en priver.
Le jeu se termine assez rapidement : comptez moins d’une heure par niveau, pour un total de quatre niveaux. Je vous conseille de les faire dans l’ordre afin de profiter pleinement des armes que vous débloquerez.
Autre ajout que l’on retrouve sur beaucoup d’émulateur, le retour arrière. En cas d’erreur ou de difficulté vous pouvez effectuer un petit rollback. Cela n’apporte pas grand-chose, mais pourrait vous aider à vaincre un boss récalcitrant.
Des bonus en veux-tu en voilà !
Le jeu contient beaucoup de bonus, notamment des artworks vraiment réussis (je ne suis peut-être pas totalement objectif, j’adore cette œuvre).
Vous trouverez également une tracklist des musiques d’époque (Oui, le MIDI peut piquer un peu les oreilles, mais quelle nostalgie !)
Petite cerise sur le gâteau : une modélisation 3D de la cartouche d’époque. Totalement inutile… mais franchement sympa.
Notes néanmoins que ces bonus n’apportent pas grand-chose, c’est juste pour le plaisir des yeux.
Pour les plus patients, une version physique est prévue en septembre, avec une édition collector proposant encore plus de bonus moyennant finance, évidemment !
Un bon jeu ?
On ne va pas se mentir : il s’agit avant tout d’un portage très fidèle. Certes pour les année 90 et les technologies de l’époque il était bon, mais en 2026…
Pour vraiment apprécier le jeu, il faut clairement être fan de l’œuvre et avoir un certain amour pour les jeux rétro.
Si vous ne connaissez pas City Hunter, vous risquez d’être déçu. Le gameplay est répétitif, les ennemis varient peu, et seuls les décors permettent de différencier les niveaux.
Dernier point, Sunsoft propose son titre pour la modique somme de 24,99 ce qui n’est pas rien pour un portage sur émulateur d’un titre de 35ans. Il est proposé sur toute les consoles actuelles, et sur PC. faites votre choix.
C’est typiquement le genre de jeu qui mériterait deux notes :
- une pour le fan que je suis,
- une autre pour les joueurs plus modernes.
Sunsoft nous offre donc un portage généreux et nostalgique qui parlera avant tout aux fans de City Hunter : imparfait mais attachant, il vaut surtout pour le plaisir de retrouver Ryo.