VIVRE DANS UN DONJON C’EST PAS FACILE
Il arrive que certaines sĂ©ries se rĂ©vèlent en cours de route. C’est un peu le cas des jeux de rĂ´le Persona, encore connus sous le nom de Shin Megami Tensei au Japon.Â
Une gestion 2D stastiques des rencontres
Initialement, le premier opus avait été commercialisé sur la console PlayStation première du nom en 1996, tandis que le second nous était arrivé quatre ans plus tard, en 2000. Des jeux plutôt bien notés et appréciés (notamment le deuxième épisode testé ici même). Nous en étions alors à un petit succès d’estime auprès des joueurs et de la critique, lorsque la série a été reprise par le character designer Shigenori Soejima.
Les troisièmes et quatrièmes épisodes, développés cette fois pour la PlayStation 2, furent de véritables succès au Japon. Au point que leur éditeur, Altus entrepris proposera diverses adaptations PSP. Nous nous intéressons aujourd’hui à Persona 3 sur PSP, qui est très précisément l’adaptation de la version FES du titre, une version revue et augmentée en contenus.
Le principe de Persona 3 Portable est assez simple : il s’agit d’un mĂ©lange d’exploration de donjons avec des phases d’action, le tout entrecoupĂ© d’aventure, de gestion de vie et… de drague. Le hĂ©ros du titre dĂ©barque dans une nouvelle ville. ArrivĂ© assez tard, il observe des Ă©vĂ©nements extraordinaires : Ă minuit, le monde « s’arrĂŞte » et se peuple d’ombres mystĂ©rieuses qui attaquent les humains. Le voilĂ dans un internat spĂ©cial. Le jour, notre hĂ©ros se rend en classe. Il y fait ses devoirs, du shopping, travaille, etc. La nuit, il part en expĂ©dition dans une Ă©norme tour afin de dĂ©couvrir ce qui ce trame derrière le mal prĂ©cĂ©demment Ă©voquĂ©.
« L’atmosphere est probablement le cĂ´tĂ© le plus passionnant de cette sĂ©rie, de mĂŞme que l’empathie presque naturelle qui se crĂ©e avec les personnages non joueurs, qui sont souvent montrĂ©s dans toute leur complexitĂ©. »
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Moins bon que sur PlayStation 2 ?
Le passage de la PlayStation 2 à la PSP ne s’est pas réalisé sans heurts. On note, par exemple, que la très belle introduction en dessin animé de la version PS2 est remplacée par quelques captures. On se demande bien pourquoi. Puis, on se rend compte que les déplacements dans la ville, lors des phases de « sociabilité », sont désormais présentés à l’aide d’images fixes. Les dialogues s’activent lorsque l’on clique sur les personnes présentes ou sur les magasins. Très honnêtement, la surprise passée, ce changement est assez heureux, même si l’ergonomie aurait pu être améliorée. Ainsi, on utilise le stick analogique pour lancer quelques dialogues ou amorcer une relation plus approfondie avec un des personnages non-joueurs. Ces derniers sont associés avec certaines entités : lune, empereur, amour, justice etc. Au fur et a mesure que les liens d’amitié augmente, les « personas » que vous créez (vos créatures combattantes) et qui sont affiliés à ces entités sont de plus en plus puissantes.
Des donjons en 3D
Les personas sont au centre du système de combat des donjons accessibles le soir. Les personnages joueurs sont liés à une entité spécifique. Le mode de combat est basé sur des éléments tels que le feu, la glace, l’éclair ou autre, qui se débloquent au fur et à mesure de l’expérience accumulée. Seul le héros principal a la possibilité de changer de persona pour ceux récupérés au cours des combats, et d’en créer de plus puissants en fusionnant ceux précédemment acquis. Vous suivez toujours ?
Un côté nomade plus marqué
Dans les donjons aussi, les changements sont importants entre les versions PS2 et PSP. Les niveaux sont plus courts, avec des téléports fréquents qui sont de deux types : ceux qui permettent de sortir du donjon et ceux qui permettent de revenir à des étages précis mais qui sont présents à intervalles de plus en plus éloignés. De temps à autres, vous ferez un passage dans la Velvet Room pour retrouver Igor et Elizabeth, deux personnages qui vous proposent de fusionner les personas ainsi qu’un certain nombre de missions annexes à réaliser dans le donjon ou dans la phase de « sociabilité » de la journée.
Tout est affaire de goût. Persona 3 Portable est indiscutablement plus facile du fait des points de sauvegarde. Altus a délibérément choisi de privilégier le côté nomade pour des parties plus courtes. Qu’on se rassure cependant, la difficulté est toujours au rendez-vous, notamment du fait des défaites « arbitraires », ce qui est le seul revers de ce type de jeu. En effet, un ennemi peut vous laminer juste parce qu’il utilise une attaque à laquelle vous êtes particulièrement sensible.
Le level design est plutĂ´t d’un bon niveau – pour de la PSP – mais sans plus. CĂ´tĂ© graphismes, nous avons particulièrement apprĂ©ciĂ© ceux des personnages et des images fixes de la ville. Un avis plus nuancĂ© par contre en ce qui concerne la sĂ©lection musicale, moins importante que sur PS2 et avec un cĂ´tĂ© techno-pop trop prononcĂ©. Dans l’ensemble, le scĂ©nario est intĂ©ressant, surtout pour son cĂ´tĂ© sombre et clairement orientĂ© adultes. Nous avons jusqu’à prĂ©sent dĂ©libĂ©rĂ©ment omis de dĂ©tailler l’atmosphère de Persona 3 Portable. C’est probablement le cĂ´tĂ© le plus passionnant de cette sĂ©rie, de mĂŞme que l’empathie presque naturelle qui se crĂ©e avec les personnages non joueurs, qui sont souvent montrĂ©s dans toute leur complexitĂ© – toute relative bien sĂ»r, cela reste un jeu vidĂ©o ! De plus, une certaine osmose s’installe entre les phases de combat ou de sociabilitĂ©, ce qui permet de casser une Ă©ventuelle rĂ©pĂ©titivitĂ© de l’action.
Persona 3 Portable a été édité en Europe par Ghostlight, uniquement en version collector. On a le droit à un mini-poster au format A3, un petit artbook cartonné de 48 pages et un ensemble de six cartes. Les croquis de Shigenori Soejima sont particulièrement intéressants et valent le coup d’œil. Passons maintenant à la mauvaise nouvelle : aucun éditeur n’a trouvé le courage de prendre sous son aile une version française du jeu. Du coup, les chiffres de vente sur notre continent sont honteux pour un jeu de cette qualité. Mais avec une communication très limitée et aucune traduction, comment s’en étonner ? Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire : passer par la case import. Une bonne nouvelle tout de même : nous avons pu nous procurer le titre en Angleterre pour moins de 30 €, ce qui est très honnête au vu des qualités du titre.
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