Elden Ring est-il le meilleur jeu dans la série des Souls ?
Sorti en 2022 par FromSoftware et édité par Bandai Namco, Elden Ring transpose la formule Souls dans un monde ouvert massif. La question de savoir s’il s’agit du meilleur opus dépend surtout de ce que chacun attend de la série, mais certains constats s’imposent.
Ce que le jeu réussit mieux que ses prédécesseurs
– Liberté et rythme: l’exploration est l’atout numéro un. Quand un mur de difficulté se présente, on peut partir ailleurs, revenir plus fort, ou aborder un défi autrement. Les “Legacy Dungeons” conservent l’ADN Souls (level design dense, raccourcis, pièges), tandis que l’open world offre des détours utiles sans imposer de ligne droite.
– Variété des builds et des approches: Ashes of War, Invocation d’Esprits, saut dédié, contre de garde, combat à cheval et respec facile donnent une flexibilité rarement atteinte dans la série. Les joueurs peuvent réellement modeler la difficulté à leur mesure, du pur corps-à-corps aux casters en passant par les hybrides.
– Accessibilité sans renier l’exigence: la carte, les points d’intérêt visibles et la possibilité de “sur-niveler” atténuent la frustration, tout en gardant des boss qui demandent observation et apprentissage.
Là où Elden Ring montre ses limites
– Inégalités de rythme: le dernier tiers multiplie les boss agressifs et les combats multi-cibles, moins lisibles que les duels marquants des premiers Souls. Certains mini-donjons se répètent et tirent en longueur.
– Technique et ergonomie: au lancement, le jeu a connu des chutes de performances sur PC et un 60 fps instable sur consoles; la situation s’est améliorée mais n’est pas parfaite. La caméra peut trahir en espace clos, surtout contre des ennemis aériens ou volumineux. Le multijoueur, fidèle à la formule, reste plus contraignant que dans d’autres action-RPG modernes.
– Équilibrage mouvant: les mises à jour ont corrigé des abus, mais aussi déplacé la “mét a”. Certains joueurs y voient une richesse, d’autres une incertitude constante.
Comparaison avec les autres piliers de la “famille Souls”
– Dark Souls (1) demeure une référence pour son monde métroidvanesque, plus dense et intimement connecté qu’un open world.
– Bloodborne garde l’avantage en cohérence esthétique et en nervosité du combat, au prix d’une personnalisation plus restreinte.
– Sekiro brille par la précision et la lisibilité de son système, mais s’éloigne du RPG pour une expérience plus cadrée.
– Elden Ring, lui, domine en ampleur, en liberté et en plasticité des builds, au risque de diluer parfois la courbe d’apprentissage et la mémorabilité de certains donjons.
Impact et héritage
Elden Ring a raflé de nombreux prix de “Jeu de l’Année” et rassemblé un public bien plus large que les précédents Souls, sans renier l’exigence propre au studio. Le DLC Shadow of the Erdtree a renforcé le contenu de haut niveau et la courbe de difficulté, confirmant l’orientation “endgame” de l’expérience pour les vétérans.
Verdict
Pour la majorité des joueurs, Elden Ring s’impose comme l’aboutissement le plus accessible et généreux de la formule Souls: un sommet de liberté, de variété et de contenu. Pour les puristes attachés à un level design hyper ramassé, à des duels lisibles et à une direction artistique monolithique, Dark Souls (1), Bloodborne ou Sekiro gardent des atouts imbattables. En d’autres termes: oui, Elden Ring est probablement “le meilleur” pour qui cherche l’ampleur et la flexibilité; pas forcément pour qui privilégie la pureté et la densité d’un parcours plus linéaire.