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28 novembre 2025 Nommés au Horror Award : KARMA et Beneath En savoir plus

Horror Award Nominees: KARMA and Beneath

Publié le 28 novembre 2025, ce focus célèbre deux prétendants marquants aux distinctions dédiées au cinéma d’horreur: KARMA et Beneath. Deux œuvres, deux sensibilités, une même ambition: repousser les limites du genre tout en ravivant ce que l’horreur a de plus efficace, l’emprise émotionnelle et sensorielle.

Pourquoi ces nominations retiennent l’attention

KARMA et Beneath témoignent d’une maturité de mise en scène et d’une maîtrise du rythme qui dépassent le simple sursaut. Ils creusent des thématiques fortes—culpabilité, redevabilité, survie, mémoire—et transforment la peur en une expérience immersive, presque physique. Le résultat se mesure à l’intensité des atmosphères et à la cohérence des choix esthétiques: une image pensée pour faire monter l’angoisse, un design sonore qui se love dans les silences et les fréquences graves, et une narration qui préfère la tension au tape-à-l’œil.

KARMA: la peur comme miroir moral

KARMA s’impose par sa dimension psychologique. Le film explore la mécanique du retour de bâton: chaque acte laisse une empreinte, et l’horreur s’installe là où le déni vacille. Le récit, volontiers fragmenté, joue sur la mémoire et l’ambiguïté des points de vue. La mise en scène affectionne les signes et les répétitions visuelles—reflets, cadrages resserrés, motifs circulaires—qui installent l’idée d’un destin inéluctable. La photographie, oscillant entre contrastes tranchés et demi-teintes, isole les personnages dans des espaces presque géométriques, tandis que le montage impose un tempo nerveux sans jamais précipiter les révélations. Le sound design, discret mais sinueux, exploite les respirations et les larsens pour faire de chaque silence une menace. KARMA questionne moins ce qui fait peur que ce qui finit par nous rattraper: une horreur intériorisée, tenace, à la fois intime et universelle.

Beneath: la claustrophobie comme territoire

Beneath privilégie l’horreur spatiale: le dessous, l’enfoui, l’englouti. Qu’il s’agisse d’un environnement souterrain ou submergé, tout y est pensé pour comprimer l’air et rétrécir l’horizon. La lumière n’éclaire que par touches; les halos découpent les volumes et laissent le hors-champ travailler l’imagination. Le film mise sur la durée des plans, la proximité des corps, le bruit des matières—eau, métal, roche—pour transformer le décor en adversaire. Plutôt que la surenchère, Beneath opte pour une progression inexorable: chaque pas en avant coûte en oxygène, en lucidité, en solidarité. La peur naît de l’environnement autant que des personnages, et la mise en scène s’emploie à faire sentir la pesanteur des lieux jusque dans le rythme des dialogues et des respirations.

Ce que ces deux films disent de l’horreur aujourd’hui

KARMA et Beneath montrent la vitalité d’un genre capable d’alterner l’introspection et la survie, la culpabilité et la topographie, la fable morale et le dispositif sensoriel. L’un explore la dette et le jugement; l’autre, l’espace comme piège. Tous deux misent sur une exigence formelle—image, son, rythme—au service d’un malaise durable.

En réunissant ces démarches, les nominations signalent une tendance: l’horreur contemporaine se nourrit autant de l’épure que de la densité, de la suggestion que de l’impact. Qu’on préfère la spirale psychique de KARMA ou l’étau physique de Beneath, l’essentiel est là: une promesse de cinéma qui serre la gorge, laisse des traces et rappelle combien la peur, bien mise en scène, est l’un des langages les plus puissants de l’écran.