Le Débutant chez Casterman, ou Comment Spielberg a bâti sa légende grâce aux Dents de la mer
Avant les Oscars, les dinosaures et Indiana Jones, Steven Spielberg a lui aussi tremblé. Le Débutant raconte ce moment fragile. En 1974, le réalisateur de 27 ans commence le tournage de Jaws, devenu Les Dents de la mer en France. Pourtant, son rêve d’aventure hollywoodienne se transforme rapidement en cauchemar. Le requin mécanique fonctionne mal. La météo contrarie le planning. Les accidents, les tensions et l’hostilité locale s’accumulent. De plus, le budget dérape et le studio s’impatiente. Spielberg doute, panique et doit réinventer son film. Heureusement, la monteuse Verna Fields et l’actrice Lorraine Gary lui apportent un soutien précieux.
Damien Maric et Antoine Schiffers ne racontent donc pas seulement les coulisses d’un classique. Ils observent la naissance d’un cinéaste. Leur héros est un jeune homme parfois dépassé, têtu et créatif, qui n’abandonne jamais malgré la peur d’échouer.
Paru chez Casterman le 9 septembre 2026, Le Débutant compte 144 pages. Ce roman graphique vise un public adolescent et adulte. Il séduira les cinéphiles, bien sûr. Cependant, aucune connaissance pointue de Spielberg n’est nécessaire. Le récit intéressera aussi les lecteurs attirés par la création, les aventures humaines et les défis impossibles. Personnellement, je recommande un petit visionnage des Dents de la mer pour se rafraîchir la mémoire et encore mieux profiter de l’oeuvre !
Damien Maric et Antoine Schiffers, deux passionnés d’images
Damien Maric signe le scénario. Ce producteur et auteur a contribué à plus d’une centaine de films depuis plus de trente ans. Sa cinéphilie a déjà nourri plusieurs projets. On lui doit notamment la série Les Pionniers chez Rue de Sèvres, consacrée aux débuts de l’industrie audiovisuelle. Il a également créé Malfosse chez Ynnis, une fiction policière transmédia. Avec Le Débutant, il retrouve l’envers du décor et les risques de la création.
Antoine Schiffers assure le dessin et les couleurs. Né à Liège en 1996, il est diplômé de l’ESA Saint-Luc Liège. En 2023, son projet Katya remporte le Prix Raymond Leblanc de la jeune création. Casterman publie ensuite Katya : La guerre. Partout. Toujours. en 2025. Vous pouvez suivre son travail sur Instagram.
L’objet livre : un grand écran en noir et blanc
Avec son format de 216 × 288 mm, Le Débutant honorera votre bibliohèque d’une belle présence. Sa couverture cartonnée annonce directement la couleur. Un immense requin domine Spielberg, encore minuscule face au défi. Le titre annonce, quant à lui, le vrai sujet : l’homme avant le mythe.
À l’intérieur, Antoine Schiffers privilégie le noir, le blanc et de riches nuances de gris, un peu comme une pellicule de cinéma à l’ancienne. Les cadrages sont évidemment très cinématographiques, avec des variations de plans qui donnent du mouvement aux discussions comme aux scènes maritimes.
Comme toujours avec les romans graphiques de Casterman, j’ai été séduit par la qualité de l’objet. Un beau livre à exposer, solide, dont on a envie de prendre soin !
Place à la lecture !
Ok, ok, on connaît la suite du livre. Les Dents de la mer deviendra un triomphe. Spielberg une légende. Malgré cela, la tension fonctionne. Chaque panne semble pouvoir engloutir le projet. Chaque choix engage l’avenir d’un réalisateur encore vulnérable. Le lecteur ressent donc l’épuisement, l’angoisse et l’obstination de Spielberg. Surtout, Le Débutant parle du droit à l’erreur. Il montre que la créativité ne naît pas toujours d’un plan parfait. Elle surgit parfois d’une contrainte, d’un accident ou d’un échec provisoire. Ainsi, le requin invisible devient plus terrifiant. La faiblesse technique est compensée par le génie du cinéma.
Le récit célèbre également le travail collectif. Verna Fields, Lorraine Gary et les équipes ne restent pas de simples silhouettes autour d’un génie. Leur présence rappelle qu’un film se construit grâce à des soutiens, des discussions et des solutions partagées. Jai apprécié ce trvail d’équipe. Même si j’ai parfois eu du mal à m’y retrouver entre tous les protagonistes !
Enfin, l’album touche par son portrait d’un débutant qui refuse de couler. Cette dimension dépasse largement le cinéma. Elle parlera à quiconque a déjà douté devant un projet trop grand. C’est une belle leçon de vie, une fable à raconter aux enfants. Derrière le requin, il y a une peur universelle : ne pas être à la hauteur !
Vous aimerez lire ...
- Jeux/Jouets - [Noël 2026] Lisciani mise sur la créativité et l’apprentissage sous le sapin
- Lecture - La Maison de Barbapapa
- Jeux Vidéo - Replaced : un voyage rétro-futuriste sous tension
- Jeux/Jouets - [Noël 2026] Kidywolf met la créativité, la science et l’IA au pied du sapin
- Jeux de Plateau/de Société - Mémoire 44