Masters of Anima, le test sur Switch

10

Tout droit sorti des fourneaux du studio Français Passtech Games et de l’éditeur Focus Home Interactive, Masters of Anima débarque sur Switch. Etant à la fois fans de Pikmin et d’univers type Heroic Fantasy, autant dire que nous l’attendions de pied ferme. Le genre stratégie en temps réel étant finalement encore assez peu représenté sur ce support, ce titre a-t-il les qualités nécessaires pour devenir une nouvelle référence du genre ?

 

09
Assez rapidement, les combats prendront l’allure de véritables tables tactiques. Avec plusieurs assauts et équipes à gérer en parallèle.

L’aventure s’ouvre sur une direction artistique épurée et rondouillarde, mais suffisamment efficace pour flatter la rétine. Vous y incarnez Otto, un apprenti mage en passe d’obtenir le titre de maître de l’anima et à l’aube d’un mariage avec Ana, l’animancienne suprême du Monde Spark, rien que ça. Mais un beau matin, le vilain Zahr débarque, scindant la personnalité d’Ana en fragments répartis aux quatre coins du royaume, et menaçant ce dernier de destruction. Vous décidez donc de partir à sa recherche, combattant golems diaboliques et autres ennemis de tout poil, le tout pour sauver à la fois le Monde et votre belle. Nous vous l’accorderons, le scénario est d’un classicisme convenu. Mais d’une part, les sympathiques cut-scenes et notamment la personnalité des différents protagonistes rend tout de même l’ensemble assez attachant. Et d’autre part, surtout, tout l’intérêt de Masters of Anima est ailleurs.

Nous évoquions ainsi Pikmin en préambule, et nous aurions également pu citer Overlord par exemple. Masters of Anima fait partie de ces (trop) rares titres où le combat ne se déroule pas directement par le biais du héros, même s’il dispose aussi de certaines capacités d’attaque ou d’esquive. Mais ici, il est question d’invoquer vos sbires avec l’aide de votre réserve de mana, puis de mener bataille par le biais de leur micro-gestion. A noter que pour le genre stratégie en général, la bonne configuration des touches sur une manette et un bon fonctionnement du path finding constituent toujours des défis majeurs. Le temps de s’habituer au positionnement des contrôles dans les premiers niveaux, ils sont ici relevés avec brio.

08
Les phases d’exploration et autres puzzles apportent une variété très agréable au jeu, écartant tout ennui.

Au départ du jeu, la seule unité ainsi invocable sera le protecteur, armé d’une hache et d’un bouclier. Faisant office de trouffions de base et étant utiles pendant tout le jeu, ces soldats se verront tout de même rapidement épaulés par de nombreux congénères aux caractéristiques propres : les sentinelles spécialisées dans les attaques à distance (les archers du jeu), les catalystes qui aspirent l’énergie ennemie et peuvent créer des boucliers temporaires (les magiciens), les commandeurs plus forts que les protecteurs et permettant de relayer le cri de guerre (les généraux), et les invocateurs générant à leur tour des mini-gardiens ou pouvant créer des golems (les nécromanciens).

Au fil de l’expérience, chaque unité voit ses capacités améliorées, tout comme Otto. Le cri de guerre susnommé correspond en fait au déclenchement d’une super attaque, lors d’un assaut. Ces combats, enfin, sont en quelque sorte chronométrés : si vous mettez trop de temps à venir à bout d’un ennemi, celui-ci passe en mode « rage », lui autorisant une attaque boostée et la chute d’éclairs dévastateurs sur vos troupes.

Tout ceci vous semble probablement déjà aussi complet que complexe, et vous n’auriez pas tout à fait tort. Mais Masters of Anima est avant tout riche, les courbes d’apprentissage et de progression étant très bien dosées. Et ce n’est pas fini. 

07

Même s’ils ne sont pas vraiment plus difficiles que le reste du jeu, les affrontements avec les boss sont toujours spectaculaires.

Car on ne fait pas que combattre dans ce jeu, les phases d’exploration et de résolution de puzzle étant également de la partie, voire carrément des niveaux au level-design complètement différents (courses contre la montre au sein d’un temple qui tombe en ruine, par exemple). Masters of Anima est ainsi un jeu exigeant, dans le bon sens du terme. Présentant une difficulté rapidement présente mais rarement insurmontable, le titre saura également vous récompenser, de par le sentiment jouissif de maîtrise qu’il procure ou plus pragmatiquement par des gains d’XP à la hauteur de votre performance.

Vous l’aurez compris, c’est du tout bon. Du côté de la réalisation, la bande-son est à la fois qualitative et discrète, ce qui est parfait pour le genre. Petit détail qui peut tout de même avoir son importance : les textes du jeu sont en Français, mais les voix en Anglais. L’animation est dans l’ensemble très bonne même si parfois un peu curieuse : quelques chutes de framerate dans le début du jeu (quasiment vide), puis aucun souci sur tout le reste (alors que vers les derniers niveaux, vous pouvez être amené à contrôler une centaine d’unites).

Du côté de la durée de vie, Masters of Anima peut se parcourir en ligne droite – mais ce serait honnêtement un beau gâchis. Une exploration correcte devrait vous permettre d’ajouter cinq ou six heures au temps de parcours. A noter, enfin, qu’un patch à venir et offrant l’option d’une difficulté plus réduite a été annoncé.

 

Note
9/10

Très beau, complet, complexe, bien construit et avant tout sympathique sont autant de qualificatifs qui conviennent à Masters of Anima. Alors certes, l’expérience du jeu aboutie se paiera au prix d’une maniabilité avant tout réservée aux ambidextres du pad, ou aux plus courageux. Néanmoins nous avons ici un jeu qui, malgré son prix inférieur à 20 euros, a bien envie de venir jouer dans la cour des grands. Et comme il a tout pour ça, nous ne saurions que trop vous conseiller cette petite pépite pour sûr sous-estimée.

 

Présentation de l'auteur : Angi

  • angi50 50 ANgI- da Polom

    Né dans les Miel Pops, Ulysse 31 et les spirographes, ANgI- est un bon petit geek un poil rétro, mais pas que. Pas que car le présent a concrètement du bon vidéoludique à offrir à défaut de certitudes sur un avenir toujours incertain. Et pas que parce qu'au-delà des jeux vidéo, pas mal d'autres trucs l'intéressent tels que la culture nipponisante ou la technologie en général. Aujourd'hui, il a du mal à trouver sa place dans ce monde sans pitié où chaque comportement doit être codifié. Faux gamer devant l'éternel, ancien nerd doublé d'un otaku ou papa casual...? Ou peut-être un peu tout ça à la fois. Aujourd'hui, en matière de mobilité, la Nintendo 3DS a ses préférences. Et soyons honnêtes jusqu'au bout, l'iPad aussi, un peu.

Du même auteur : Angi

 

Mots-clés: Aventure, Stratégie, Angi, Nintendo Switch

Imprimer E-mail

You have no rights to post comments

D'autres articles

10

Steredenn: Binary Stars, le test sur Switch

juillet 16, 2018 Test - Nintendo Switch Aymerick
Dès que je l’ai vu pour la première fois en 2015 sur PC, j’ai su que je l’aimais. Mais en amitié comme dans les jeux vidéo, un amour ne s’obtient pas sans investissement ni acquis d’avance… Car Steredenn: Binary Stars est un shoot'em up exigeant. Une bonne occasion de nous y intéresser pour sa sortie sur la console Nintendo Switch.
10

Lightfall, le test sur Switch

juin 28, 2018 Test - Nintendo Switch Angi
Ces dernières années ont vu l’émergence de titres dits indépendants issus du financement participatif. L’histoire de Lightfall est également née ainsi, et elle n’est pas toute jeune puisqu’elle date de 2015. Le premier jeu de Bishop Games débarque aujourd’hui sur Switch, avec la promesse d’un gameplay dynamique et novateur. Avançons dans la…

Avez-vous lu cet article?